Skip to main content

SAINT TROPEZ : C’est le moment d’installer de…

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
13 Mar 2024

Partager :

SAINT TROPEZ : C’est le moment d’installer des nichoirs pour protéger nos amis les oiseaux

Enfant, j’adorais regarder Vincent, l’un de mes trois frères aînés, lorsqu’il fabriquait ses nichoirs.

Il avait établi son atelier de construction dans le garage entre la Triumph de mon père et la 2 CV de ma mère. Il découpait soigneusement ses planches de contreplaqué, calculait la taille exacte du trou, pas trop gros, ni trop petit, afin que les oisillons ne soient pas gênés par la lumière et que les parents puissent rentrer et sortir facilement tout en se sentant en sécurité, puis il posait le perchoir, c’était tout un art.

Il installait ensuite ses nichoirs dans les arbres autour de notre maison et aussi dans ceux du champ d’à côté, un champ immense et abandonné qui nous servait de campagne en ville, rempli d’orties que nous nous amusions à traverser sans respirer afin de ne pas ressentir les démangeaisons causées par cette plante urticante bonne pour la santé, mais ce n’était pas encore la mode de la boire en jus ou en soupe, seul Vincent savait cela.

Vincent n’avait que 10 ans mais il savait déjà beaucoup concernant les animaux et la nature. Vincent était un savant. Comme Jean Rostand qui, un soir, suite à une conférence, était venu dîner chez mes parents. Quand il a vu l’écosystème que Vincent avait recréé dans sa chambre, qu’il était censé partager avec moi mais dont il m’avait virée pour pouvoir y installer des aquariums et des terrariums à la place de mon lit qui avait terminé dans la salle à manger (c’est peut-être pour cette raison que je n’ai jamais eu la notion du territoire, je ne me sens à ma place que là où je suis heureuse, que là où l’on m’aime, mon seul territoire, c’est l’amour, la gentillesse, la douceur, l’intelligence, la pensée et aussi bien sûr l’humour, et si je ne me sens pas à ma place, si je ne me sens pas aimée, je m’en vais, je fuis, sans faire de bruit, certaines personnes se battent pour garder leur territoire, considérant même parfois l’autre comme un territoire, pas moi, j’estime que personne n’appartient à personne, et puis, je déteste la guerre, la violence, si l’on m’agresse, et cela m’est, hélas, déjà arrivée, il n’y a encore pas si longtemps, il y a trois ans par une femme jalouse, je n’ai pas répondu, je me suis laissée agresser, je n’ai même pas porté plainte, je ne veux pas devenir idiote et violente à cause de femmes idiotes et violentes et certainement malheureuses, si elles étaient heureuses, elles me foutraient la paix, donc voilà, je ne réponds jamais à la violence, je fuis, et je retrouve mon harmonie dans ma jolie maison remplie de livres et de tableaux, c’est d’ailleurs pour cela que j’écris, pour construire et tapisser mon nid de mes mots, mes mots et mes livres sont ma protection), mais bon, revenons à Vincent.

Quand l’éminent biologiste Jean Rostand, savant de grenouilles, a découvert l’écosystème qui représentait toute la chaîne alimentaire allant de la mouche jusqu’à une couleuvre en passant par les salamandres et les tritons, que Vincent, savant de salamandres, c’était son batracien préféré, avait réussi à recréer à la place de ce qui aurait dû être mon territoire de petite fille, il avait souri à mon père en le félicitant d’avoir épousé ma mère. En effet, la grande phrase de savant de Rostand, et pas que de grenouilles, était de dire : « Tout ce que nous pouvons pour nos enfants, c’est de bien choisir leur mère. ». Et mon père ne s’était pas trompé en choisissant ma maman qui m’a tout appris sur les animaux et la nature et l’amour. Elle était l’amie de tous les animaux, où qu’elle soit, ceux-ci accouraient pour venir la saluer et lui dire bonjour. Si, véridique, même une fois, au Mexique, elle a fait pipi sur un serpent orange, très mortel, et bien, ce serpent corail a dansé et a ri sous le jet d’urine de ma maman considérant, sans doute, que c’était une aubaine qu’une dame de France lui offre une douche bienvenue sous ces chaleurs tropicales, puis il est parti sans même penser à la piquer, non, il lui a seulement montré ses belles couleurs mouillées afin qu’elle garde un joli souvenir de leur rencontre. Maintenant que le printemps arrive, c’est le moment de faire comme Vincent et d’installer des nichoirs dans vos jardins, sur vos balcons, et aussi de déposer des graines un peu partout, surtout en ville, pour nourrir les oiseaux. En effet, les sites de nidification naturels comme les trous dans les arbres ou sous les toits, se faisant de plus en plus rares, le nichoir constitue une aide précieuse pour que les oiseaux nicheurs puissent se reproduire en toute tranquillité. Et pour ceux qui ont un potager cultivé bien sûr en agriculture biologique, sans pesticides, ni produits chimiques, sachez que les oiseaux sont des excellents assistants, un couple de mésanges, par exemple, peut vous débarrasser, en une année, de cinquante kilos de nuisibles ou de ravageurs.

Et puis avec les nouvelles lois énergétiques qui obligent les propriétaires à refaire leur toiture afin qu’elles ne soient pas des “passoires thermiques”, pensez à mettre des nichoirs également sous vos toits, notamment pour les hirondelles et les martinets qui raffolent de nicher dans les interstices des toitures. En effet, maintenant que de nombreux travaux ont été effectués pour boucher tous ces trous, ils n’ont plus ces espaces qui leur étaient fort utiles. Surtout que le martinet est un super copain, l’été, à lui seul, il est capable de manger 2000 moustiques en une journée.

Sylvie Bourgeois Harel

Voici le lien pour regarder la vidéo de ma petite Marcelline l’aubergine qui reçoit de bons conseils pour installer des nichoirs.

https://youtu.be/r2J2-8wr5v8?si=77vUzrckoEP4XlUt