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ROUEN : Philippe PLATEL : « Cette édition tribute sera 100%…

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ROUEN : Philippe PLATEL : « Cette édition tribute sera 100% contemporaine »

Le festival Normandie Impressionniste célèbre les 100 ans de la mort de Monet avec une édition 2026 dédiée exclusivement à l’art contemporain.

Le festival Normandie Impressionniste, fort du succès record de son édition 2024 qui avait attiré deux millions de visiteurs, revient du 29 mai au 27 septembre 2026 pour un événement exceptionnel. Pour la première fois de son histoire, le festival propose une programmation entièrement tournée vers l’art contemporain afin de célébrer le centenaire de la disparition de Claude Monet, figure tutélaire du mouvement, décédé à Giverny en 1926. Intitulée « Un possible jardin », cette 6ème édition explorera la thématique du jardin comme espace de création, de résistance et de réflexion sur notre monde.

Le parcours s’étendra sur toute la Normandie, de Rouen au Havre en passant par Caen, Vernon et Honfleur, avec 73 projets répartis dans 43 communes. Le public pourra découvrir 31 expositions, 12 spectacles vivants et de nombreuses installations, dont 35 événements gratuits, témoignant de la vitalité de l’héritage impressionniste.

Un hommage tourné vers l’avenir

Plutôt qu’une rétrospective historique, cette édition se veut un « tribute » vibrant, un hommage rendu par les créateurs d’aujourd’hui au maître qui a projeté l’art dans la modernité. Philippe Platel, directeur général et artistique du festival, assume ce parti pris résolument moderne. « J’ai souhaité donner la parole aux artistes d’aujourd’hui, confrontés aux mêmes troubles qu’il y a plus de 100 ans. Cette édition tribute sera 100% contemporaine car il y a tant à dire et tant à faire ressentir avec les outils artistiques de notre temps. Nous avons la chance d’avoir une adhésion de certains des plus grands artistes d’aujourd’hui pour délivrer ce message humaniste à un moment où il est rare », explique Philippe Platel.

Ce choix vise également à poursuivre l’effort de démocratisation culturelle, l’impressionnisme agissant comme une passerelle vers des formes d’art plus contemporaines. En 2024, le festival avait attiré 70 % de primo-visiteurs, dont 500 000 issus du milieu rural, un succès que les organisateurs espèrent renouveler.

Une scène internationale prestigieuse

La programmation 2026 réunit des figures majeures de la scène artistique internationale et française. Un accent particulier est mis sur l’Asie, en écho à l’influence profonde de l’art japonais sur l’œuvre de Monet. L’artiste dissident chinois Ai Weiwei présentera pour la première fois en France ses monumentales *Water Lilies*, une réinterprétation des Nymphéas composée de 650 000 briques LEGO®, exposée au MuMa du Havre.

La pionnière de l’art environnemental, la Japonaise Fujiko Nakaya, âgée de 92 ans, créera une sculpture de brouillard inédite dans le Jardin des Personnalités à Honfleur, là même où le jeune Monet apprit à peindre le ciel. Sa compatriote Mika Ninagawa succédera à Bob Wilson pour le spectacle son et lumière « Cathédrale de Lumière » sur la façade de la cathédrale de Rouen, en s’inspirant de la collection d’estampes de Giverny. Enfin, l’artiste chinois Cai Guo-Qiang, maître des explosions, exposera des peintures à la poudre à canon inspirées du jardin de Monet. Des artistes comme Sarah Moon, le studio DRIFT, Céleste Boursier-Mougenot ou encore Lionel Sabatté complètent cette affiche d’exception.

Le jardin, un acte de résistance

Le thème « Un possible jardin » fait écho au refuge que fut Giverny pour Monet, notamment durant la Première Guerre mondiale. Son ami Georges Clemenceau disait alors : « Monet dans son jardin, c’est lui qui est en première ligne ». Un siècle plus tard, face aux crises contemporaines, cultiver son jardin redevient un acte politique et poétique, une manière de « rester avec le trouble », selon les mots de la philosophe Donna Haraway cités dans la présentation du festival.

Les œuvres dialogueront avec le patrimoine et la nature normande. Des installations prendront place au cœur de parcs et jardins, dans l’espace public ou dans des lieux réhabilités pour l’occasion, comme l’église Sainte-Croix-des-Pelletiers à Rouen. Le festival se veut ainsi une extension symbolique du jardin de Giverny, invitant le public à une déambulation artistique et contemplative sur les terres qui ont vu naître l’un des mouvements picturaux les plus populaires au monde.