ROME : Les revendications des syndicats et de l’indus…
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ROME : Les revendications des syndicats et de l’industrie italienne envers l’Europe
Le 23 avril, l’Assemblée nationale des délégués des secteurs industriels de la CGIL – le principal syndicat italien – s’est tenue à Rome, se concentrant sur l’avenir du système de production du pays dans un contexte de ralentissement économique, de transitions industrielles en cours et de tensions internationales croissantes.
Le moment central a été la discussion entre Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL, et le président de Confindustria, Emanuele Orsini, représentant la principale association italienne des entreprises manufacturières et de services. Le débat a mis en lumière une évaluation commune de la nature critique du contexte actuel, bien que les priorités soient partagées sur les solutions.
L’énergie est de nouveau devenue le problème le plus urgent pour le système industriel. Les coûts en Italie restent supérieurs à la moyenne européenne, impactant directement la compétitivité des entreprises manufacturières – en particulier dans les secteurs énergivores. Les deux parties ont souligné l’urgence de mesures structurelles qui ne peuvent plus être retardées.
Au niveau macroéconomique et européen, Maurizio Landini a identifié la suspension du Pacte de stabilité comme une priorité, plaidant pour la nécessité de libérer des ressources pour l’investissement public dans l’industrie, l’innovation et l’emploi. Cette position s’inscrit dans une critique plus large du manque d’une politique industrielle nationale cohérente, considérée comme l’un des facteurs affaiblissant le système de production italien.
La discussion a également abordé le rôle de l’Union européenne, qui – selon le débat – doit renforcer les instruments communs pour soutenir la transition industrielle, en commençant par l’énergie, les technologies et les chaînes d’approvisionnement stratégiques, dans un contexte de concurrence mondiale de plus en plus intense.
Un autre point soulevé par Maurizio Landini et Emanuele Orsini concerne la nécessité pour l’Europe de s’orienter vers la création d’une nouvelle dette commune, qui reste actuellement inférieure à celle des États-Unis. La solidité de l’euro face au dollar place en fait les entreprises européennes dans une position désavantageuse, encore plus grande que les tarifs.
Le débat a également abordé le rôle de l’industrie chinoise et ce qui a été qualifié de concurrence déloyale envers les entreprises européennes. Ici aussi, l’ Europe est appelée à agir afin de protéger la capacité productive du continent.
Un autre enjeu clé était l’ investissement. La capacité de l’Italie à attirer des capitaux et à renforcer ses chaînes de production a été identifiée comme essentielle pour prévenir un déclin industriel progressif. Dans ce contexte, la nécessité d’ une coordination plus étroite entre les politiques nationales et européennes est clairement apparue.
La discussion a présenté un scénario de grande préoccupation concernant la trajectoire de l’économie italienne, avec le risque – mis en avant lors du débat – d’une période de stagnation si des mesures publiques et industrielles adéquates ne sont pas mises en œuvre rapidement.


