RIS-ORANGIS : Stéphane RAFFALLI : « Pour une politique du b…
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RIS-ORANGIS : Stéphane RAFFALLI : « Pour une politique du besoin et non une politique de l’offre »
À Ris-Orangis (Essonne), le maire Stéphane Raffalli critique vivement le plan logement du gouvernement, y voyant une continuité et non la rupture annoncée.
Suite à l’annonce par le Premier ministre d’un plan de relance pour le logement le 23 janvier dernier, Stéphane Raffalli, maire de Ris-Orangis et vice-président de la Communauté d’agglomération Grand Paris Sud en charge de l’aménagement, a exprimé une vive déception. Dans une réaction datée du 27 janvier 2026, l’élu dénonce un « plan radical de continuité » qui, selon lui, perpétue les erreurs des vingt dernières années au lieu de répondre aux véritables enjeux territoriaux et sociaux.
Une continuité au service de l’industrie du BTP
Pour Stéphane Raffalli, le plan gouvernemental ne constitue en rien une rupture. Il le perçoit comme la poursuite d’« une politique de l’offre, en soutien à l’industrie du BTP, plutôt qu’une politique du besoin, capable de répondre à celui des populations d’accéder à un logement abordable ». Selon lui, cette approche est à l’origine même de la crise actuelle, ou plus précisément de la « crise du logement abordable », née du moment où l’État a commencé à confondre sa politique du logement avec une politique industrielle.
L’élu estime que ce système est aujourd’hui « grippé ». Face aux exigences de la transition écologique, aux besoins croissants en services publics et à la nécessité de réduire les inégalités territoriales, particulièrement en Île-de-France, la simple production de logements ne peut plus être la seule réponse. Il rejette l’idée qu’il suffirait de multiplier les normes ou de prôner une « simplification » qu’il juge « totalement illusoire » pour résoudre des problèmes systémiques profonds.
Les collectivités locales, grandes oubliées du pacte
Le maire de Ris-Orangis s’insurge contre la place réservée aux collectivités locales dans le dispositif annoncé. « Elles n’ont pas droit au chapitre lorsqu’il s’agit de définir des objectifs dont elles devront pourtant gérer les conséquences », déplore-t-il. Il accuse le gouvernement de considérer les maires comme de simples « opérateurs techniques », sommés d’atteindre des objectifs fixés par l’État « quoi qu’il en coûte », y compris si cela doit dégrader la cohésion de leur territoire.
Il décrit une réalité de terrain où les élus locaux sont ensuite laissés seuls pour « colmater les pressions inévitables d’une production irraisonnée de logements » sur les services publics essentiels comme la santé, l’éducation, les transports ou la sécurité. Ces infrastructures, souvent non dimensionnées pour accueillir de nouveaux habitants, deviennent des points de tension. Stéphane Raffalli dénonce ainsi le « mépris technocrate de la réalité locale, celle de la ville vécue », qui laisse les maires gérer les tensions sociales générées par cette vision purement quantitative.
Quatre piliers pour une politique du logement responsable
En contrepoint, Stéphane Raffalli propose une doctrine innovante, une « politique du logement responsable » qui pourrait, selon lui, devenir le « fer de lance d’une nouvelle vision de l’action locale ». Cette approche s’articule autour de quatre axes majeurs :
- Mener une politique du besoin : Il s’agit de définir les objectifs de construction non pas par une « déclinaison comptable » nationale, mais en les ajustant aux réalités locales (sociologie, démographie, fragilité du tissu social) pour éviter une production « quoi qu’il en coûte ».
- Adopter une vision d’aménagiste : Le logement doit être considéré comme un des rouages de la fabrique urbaine, et non son unique finalité, afin de garantir les grands équilibres et la qualité de vie à long terme.
- Piloter par une gouvernance innovante : L’élu prône une « alliance des puissances publiques », où la négociation et l’adaptation permanente entre l’État et les collectivités remplaceraient la planification verticale et rigide issue d’un modèle de décentralisation jugé « à bout de souffle ».
- Réduire les inégalités territoriales : Cela passe par une véritable stratégie foncière à long terme, maîtrisée par les pouvoirs publics, pour endiguer la ségrégation et promouvoir la sobriété foncière.
Cette vision a déjà été concrétisée localement avec le vote à l’unanimité, le 16 décembre 2025, du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de Grand Paris Sud, le premier adopté depuis l’adoption du nouveau schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF-E).