PARIS : Yann JEHANNO : « Le marché offre un terrain de négo…
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PARIS : Yann JEHANNO : « Le marché offre un terrain de négociation plus équilibré »
Le réseau Laforêt révèle un marché immobilier en redressement prudent au T1 2026, avec des prix stables mais des délais de vente allongés.
Le marché immobilier français confirme au premier trimestre 2026 la reprise amorcée en 2025, mais sur un rythme plus mesuré, teinté d’une forte prudence de la part des acquéreurs. Selon le dernier billet de tendances du réseau Laforêt, si la demande et l’offre se rééquilibrent, le contexte économique et géopolitique pèse sur la confiance des ménages. L’allongement des délais de vente et la généralisation des négociations deviennent les nouveaux marqueurs d’un marché qui cherche son point d’équilibre.
Un redressement sous le signe de la prudence
Après le fort rebond de 2025 (+18 %), la demande immobilière continue de progresser au premier trimestre 2026, mais plus modestement, avec une hausse de 4 % au niveau national. Cette dynamique reste positive malgré un contexte d’incertitudes liées à la hausse du coût de l’énergie, aux tensions sur les approvisionnements et à la période électorale, traditionnellement propice à l’attentisme. La progression est tirée par Paris (+6 %) et l’Île-de-France (+4 %), tandis que les régions (+3 %) ont été plus affectées par les épisodes climatiques exceptionnels du début d’année.
Face à cette demande, l’offre de biens à vendre s’est nettement étoffée, avec une accélération de +9 % en trois mois sur le territoire national. Cette hausse est particulièrement visible à Paris (+11 %) et en régions (+9 %), signe que les vendeurs, après une période d’attente, ont intégré le retour des acquéreurs et l’accessibilité des financements pour concrétiser leurs propres projets.
Des transactions qui ralentissent et des acquéreurs plus exigeants
Malgré ce rééquilibrage apparent entre l’offre et la demande, le volume des compromis de vente peine à suivre, n’enregistrant qu’une légère hausse de 2 % au niveau national. Les acquéreurs prennent désormais davantage de temps avant de s’engager. Ce ralentissement des prises de décision est également influencé par une légère remontée des taux d’intérêt, passés de 3,05 % à l’été 2025 à 3,25 % début 2026. Ce facteur pèse sur les profils les plus contraints, comme en témoigne le léger recul de la part des primo-accédants dans les transactions (34 % contre 35 % fin 2025). Les secundo-accédants renforcent leur position (49 %), tandis que les investisseurs restent stables (17 %).
La négociation devient la règle
L’allongement des délais de vente est l’un des signaux les plus forts de ce début d’année. Il faut désormais en moyenne 103 jours pour vendre un bien en France, soit 5 jours de plus qu’à la fin de l’année 2025. Cette tendance est visible sur tout le territoire : 82 jours à Paris (+3 jours), 106 en Île-de-France (+8 jours) et 107 en régions (+7 jours).
Conséquence directe de cette prudence, les marges de négociation repartent significativement à la hausse. Elles atteignent 5,1 % en moyenne nationale, contre 4,5 % au trimestre précédent. Aujourd’hui, huit transactions sur dix font l’objet d’une négociation, une pratique qui se généralise. Les écarts de prix entre l’affichage et la vente s’élèvent à 3,4 % à Paris, 5,1 % en Île-de-France et 5,4 % en régions. Les logements énergivores (classés F ou G) subissent des décotes encore plus importantes, les acquéreurs intégrant le coût des travaux de rénovation dans leur offre.
Des prix stabilisés avec de fortes disparités
Dans ce contexte, les prix de l’immobilier se stabilisent, avec une évolution modérée de +0,5 % au niveau national. Paris affiche une légère hausse de +0,7 %, portant le prix moyen à 9 707 €/m². À l’inverse, l’Île-de-France connaît un léger recul de 0,4 % (3 965 €/m²). Les régions, quant à elles, progressent de 0,9 % (2 494 €/m²). Les situations locales demeurent très contrastées : des villes comme Bordeaux (+1,3 %) ou Lille (+1,1 %) continuent de progresser, tandis que d’autres, comme Marseille (-0,7 %) ou Strasbourg (-1,2 %), cherchent encore leur équilibre.
Pour Yann Jehanno, Président du réseau Laforêt, ce nouveau paysage est celui d’un retour à la raison. « Le marché immobilier confirme son redressement. Les fondamentaux sont là : des acquéreurs motivés, des vendeurs présents, des taux encore contenus. Mais le contexte global pèse sur la confiance : hausse du coût de la vie, incertitudes économiques et géopolitiques. Les Français avancent, mais avec prudence. Chaque projet est analysé, chaque décision pesée. Le marché offre aujourd’hui un terrain de négociation plus équilibré, où les acquéreurs prennent leur temps et les vendeurs se mettent au diapason », analyse-t-il.

