PARIS : Yann BALY : « La coopération judiciaire avec Alger…
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PARIS : Yann BALY : « La coopération judiciaire avec Alger ne doit pas menacer les opposants politiques »
Yann Baly, président de Chrétienté-Solidarité, alerte sur les risques pour les réfugiés politiques algériens après la visite de Gérald Darmanin.
Au lendemain du déplacement du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, à Alger, l’association Chrétienté-Solidarité exprime, par la voix de son président Yann Baly, sa « plus grande inquiétude » quant à la relance de la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie. Dans un communiqué publié ce mardi, elle craint que cet accord ne serve à menacer les opposants au régime algérien réfugiés sur le sol français, en particulier les militants kabyles.

Une relance de la coopération judiciaire
Gérald Darmanin s’est rendu à Alger ce lundi 18 mai 2026 « à la demande du Président de la République française, Emmanuel Macron », comme l’a précisé le ministre de la Justice sur ses réseaux sociaux. Il y a rencontré son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, ainsi que le président Abdelmadjid Tebboune. Accompagné de hauts magistrats des deux pays, le Garde des Sceaux a annoncé vouloir « relancer notre coopération judiciaire qui était à l’arrêt depuis presque deux ans ».
Selon les communications officielles, les discussions ont porté sur la lutte contre la criminalité organisée, notamment la « DZ Mafia », que le communiqué de Chrétienté-Solidarité qualifie de « largement instrumentalisée par Alger », ainsi que sur la délinquance financière.
Des « dossiers individuels comme celui de notre compatriote Christophe Gleizes » ont également été évoqués.
Inquiétudes pour les opposants politiques
Pour Yann Baly, ce rapprochement doit être observé avec la plus grande méfiance. Critiquant un « niveau de servilité de l’État et des pouvoirs publics français à l’égard du régime d’Alger », il exprime sa crainte que cette coopération ne dépasse le cadre de la criminalité de droit commun.
« Nous espérons qu’en aucun cas, ces discussions n’ont porté ou ne porterons sur la question des opposants au pouvoir algérien, réfugiés en France ou bénéficiant de l’asile politique dans notre pays », déclare-t-il dans le communiqué.
L’association s’alarme de voir la France collaborer sur le plan judiciaire avec ce qu’elle qualifie de « régime totalitaire algérien » et s’interroge sur les garanties obtenues pour la protection des droits humains et des libertés fondamentales.
Un appel à la vigilance pour les militants kabyles
La préoccupation de Chrétienté-Solidarité se focalise particulièrement sur le sort des militants kabyles.
Le communiqué les décrit comme des « amis », des « militants de la liberté et pour l’autodétermination de leur nation ». L’association rappelle que nombre d’entre eux font l’objet de condamnations très lourdes en Algérie, incluant la peine de mort ou des peines de prison sévères, pour ce qu’elle qualifie d’« action pacifique ».
Face à ce qu’elle perçoit comme une menace potentielle, l’organisation lance un appel clair : « Chrétienté-Solidarité appelle à la plus grande vigilance concernant cette question. À la moindre menace pesant sur les patriotes kabyles réfugiés en France, nous appellerons à une mobilisation massive afin de les soutenir, eux et leurs proches ».
Le communiqué complet de l’association est disponible en ligne (https://chretientesolidarite.fr/cooperation-judiciaire-avec-alger-la-plus-grande-vigilance-simpose/).
via Press Agence.

