Passer au contenu principal

PARIS : Victor CABRERA : « L’IA génère des contacts m…

Partager :

PARIS : Victor CABRERA : « L’IA génère des contacts mais ne conclut pas la vente »

Malgré l’essor de l’IA dans la prospection, les ventes stagnent, un paradoxe que l’expert Victor Cabrera analyse comme la faillite du volume face à la confiance.

L’équation semblait parfaite : plus d’intelligence artificielle, plus d’automatisation, plus de contacts qualifiés, et donc, des ventes en hausse. Pourtant, depuis deux ans, la réalité du terrain contredit cette logique. Malgré des outils toujours plus performants, de nombreuses entreprises voient leur chiffre d’affaires stagner. Un décalage alarmant que Victor Cabrera, fondateur de l’organisme Technique de Vente Édition, analyse comme une mutation profonde du métier de commercial, à la croisée de la pression inflationniste et de la révolution technologique.

Le piège du volume dans un contexte économique tendu

Le principal mirage est celui du volume. Les équipes commerciales équipées d’outils d’IA génèrent en moyenne 20 à 30 % de contacts supplémentaires. Cependant, cette abondance de « leads » se heurte à un mur : la rationalité accrue des acheteurs. Dans un contexte inflationniste où chaque dépense est scrutée, les cycles de décision s’allongent et se complexifient. Selon les données de l’INSEE et de la Banque de France, la faiblesse du chiffre d’affaires reste la première cause de défaillance des TPE et PME.

Ce phénomène est confirmé par une étude du MIT State of AI in Business, qui révèle que 95 % des projets d’IA générative déployés en entreprise ne produisent aucun impact financier mesurable. En France, le constat est encore plus net : seules 10 % des entreprises utiliseraient réellement l’IA de façon opérationnelle, et à peine 17 % déclarent un impact significatif sur leur rentabilité. « Aujourd’hui, l’IA est un outil puissant pour accélérer la prospection, mais elle ne sait ni créer de la confiance, ni diagnostiquer une situation complexe, ni déclencher une décision dans un contexte inflationniste », analyse Victor Cabrera. La technologie produit des opportunités, mais peine à les convertir en valeur économique.

Le vendeur générique, une espèce en voie de disparition

L’intelligence artificielle a pris en charge une part considérable des tâches répétitives : présentation de produits, comparaison d’offres, relances automatisées. On estime qu’entre 60 et 70 % des missions commerciales sont désormais automatisables. Cette évolution rend vulnérables les profils qui se contentent de dérouler un argumentaire standardisé, car un algorithme peut désormais le faire mieux et plus vite. Le vendeur n’est plus attendu comme un simple fournisseur d’informations, d’autant que 70 % des décisions d’achat B2B seraient prises avant même le premier contact.

Face à cette réalité, la menace de la substitution devient concrète. « L’intelligence artificielle ne va pas remplacer les vendeurs. Elle va remplacer ceux qui n’apportent aucune valeur. Les vendeurs génériques sont déjà en sursis », tranche Victor Cabrera. Le métier ne disparaît pas, mais se recompose autour de compétences à plus haute valeur ajoutée, que la machine ne maîtrise pas.

L’intelligence situationnelle, la nouvelle frontière humaine

À mesure que l’automatisation s’étend, une compétence clé émerge comme le facteur différenciant : l’intelligence commerciale situationnelle. Elle se définit par la capacité à décrypter un contexte, à lire les signaux faibles, à poser des questions pertinentes et à adapter son approche aux enjeux humains et financiers spécifiques de chaque client. Là où l’IA excelle dans les scénarios prévisibles, elle échoue à interpréter l’incertitude, les non-dits ou la dimension émotionnelle d’une décision.

« 63 % des commerciaux estiment que l’IA est indispensable pour rester compétitif, mais seulement 17 % en perçoivent un impact réel sur leurs résultats. Cela montre que la technologie n’est pas une réponse en soi, mais un levier à combiner avec des compétences humaines », souligne Victor Cabrera. La vente redevient un acte de diagnostic et de conseil, centré sur la sécurisation d’une décision complexe.

Former à la vente à l’ère de l’IA

C’est pour répondre à cette transformation que s’inscrit le projet de Technique de Vente Édition (https://www.technique-de-vente.com), organisme de formation certifié QUALIOPI. Fondée par Victor Cabrera, un expert passé par de grands groupes comme SNCF et Heineken, la structure vise à doter les forces de vente des compétences humaines devenues stratégiques. L’approche combine la formation aux fondamentaux de la vente avec des outils innovants, comme des simulateurs d’entretiens basés sur une IA paramétrable ou des tests avancés pour le recrutement commercial.

Cette démarche, qui allie technologie et savoir-faire humain, a été récemment récompensée par le prix « Best Sales Training & Coaching Provider 2026 – France », décerné par le magazine Corporate Vision. Pour Victor Cabrera, l’avenir appartient aux vendeurs capables de transformer l’information brute fournie par l’IA en une véritable relation de confiance, seule capable de déclencher l’acte d’achat dans un monde économique incertain.