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PARIS : Véronique BOUGARDIER : « Ne plus attendre la retraite pour acheter sa résidence secondaire »

Face aux incertitudes économiques et à l’allongement de la vie active, de nouvelles stratégies patrimoniales émergent pour acquérir un bien plaisir.

À l’approche des traditionnels ponts de mai, période propice aux escapades et aux projections personnelles, de nombreux Français se prennent à rêver d’une maison au soleil ou d’une résidence secondaire où s’évader. Longtemps perçu comme l’aboutissement d’une carrière, un projet à concrétiser une fois la retraite venue, ce schéma est en pleine mutation. Entre l’allongement de la durée de travail, les doutes grandissants sur le niveau des futures pensions et une inflation immobilière persistante, l’attentisme n’est plus une stratégie viable pour une part croissante de la population.

Ce changement de paradigme est analysé par Véronique Bougardier, dirigeante du cabinet Bougardier, spécialisé depuis plus de cinquante ans dans le financement et l’optimisation patrimoniale. Selon elle, il est désormais possible, et souvent judicieux, d’anticiper cet achat plaisir sans pour autant mettre en péril son équilibre financier.

La fin d’un modèle traditionnel

Le modèle consistant à épargner toute une vie pour s’offrir une résidence secondaire après 65 ans semble de moins en moins adapté aux réalités économiques et sociales actuelles. « Le report constant de l’âge de départ à la retraite et l’incertitude sur les revenus futurs poussent les actifs à reconsidérer leur calendrier de vie », explique Véronique Bougardier. Attendre pourrait signifier ne jamais réaliser son projet, ou le faire à un âge où l’on en profite moins pleinement.

De plus, la pression immobilière dans les zones attractives, notamment sur le littoral ou à la campagne, ne faiblit pas. Reporter son achat de dix ou quinze ans, c’est prendre le risque de voir les prix devenir inaccessibles et de devoir renoncer à ses aspirations ou faire des compromis importants sur la localisation ou la qualité du bien.

Activer son patrimoine existant : des outils méconnus

Pour ceux qui souhaitent franchir le pas sans disposer d’une épargne conséquente immédiatement disponible, des solutions existent. L’idée maîtresse, selon la spécialiste, est « d’activer son patrimoine existant ». Beaucoup de propriétaires, notamment ceux qui ont déjà remboursé une part significative de leur résidence principale, disposent d’un capital « dormant » qu’il est possible de mobiliser.

Des outils financiers stratégiques, encore peu connus du grand public, permettent de le faire. Il peut s’agir de prêts de trésorerie hypothécaires ou de rachats de crédits incluant une nouvelle enveloppe pour un projet d’acquisition. Ces montages permettent d’obtenir les liquidités nécessaires à l’achat d’un second bien en utilisant la valeur déjà acquise du premier, sans avoir à puiser dans son épargne de précaution ni à supporter des mensualités additionnelles écrasantes.

Un arbitrage stratégique entre résidence principale et projet plaisir

La décision d’investir ne se résume plus à un choix binaire entre la résidence principale et un projet secondaire. Il s’agit désormais d’un arbitrage patrimonial global. « L’acquisition d’une résidence secondaire n’est plus seulement une dépense, mais peut aussi constituer un investissement pertinent », souligne Véronique Bougardier. Ce bien peut en effet être mis en location saisonnière, générant des revenus complémentaires qui participent au financement de l’emprunt et des charges.

Cette double casquette « plaisir et rendement » change la nature de la décision. L’analyse ne porte plus uniquement sur le coût, mais sur un calcul global incluant les perspectives de valorisation du bien et les revenus locatifs potentiels, transformant une envie en une véritable stratégie patrimoniale.

Des profils variés, une anticipation partagée

Contrairement à une idée reçue, ces stratégies ne sont pas réservées à une élite fortunée. Les profils intéressés par une acquisition anticipée sont variés. Il s’agit souvent de cadres ou de dirigeants dans la seconde partie de leur carrière, de professions libérales ou d’entrepreneurs ayant constitué un premier patrimoine immobilier.

Ces ménages, souvent propriétaires de leur résidence principale, ont la capacité de mobiliser leur actif pour réaliser un projet de vie sans attendre le grand soir de la retraite. L’enjeu est de bénéficier plus tôt et plus longtemps d’un lieu de ressourcement, tout en réalisant une opération patrimoniale intelligente pour préparer l’avenir. L’accompagnement par des experts en financement devient alors essentiel pour structurer l’opération la plus adaptée à chaque situation personnelle.