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PARIS : Une nouvelle enquête révèle une crise écologique dans la pêche au calmar dans l’Atlantique Sud-Ouest
Une nouvelle enquête révèle des violations des droits humains et une crise écologique dans la pêche au calmar dans l’Atlantique Sud-Ouest.
Des centaines de navires hauturiers pillent les populations de calmars dans l’Atlantique Sud-Ouest, conduisant cette espèce clé vers l’extinction et exposant les travailleurs à des abus horribles, selon une nouvelle enquête et un film de l’Environmental Justice Foundation (EJF).
Chaque année, lorsque les calmars argentins migrent hors des eaux argentines, des flottes de navires industriels de pêche à la dandinette descendent en haute mer, juste au-delà de la frontière nationale, dans une zone connue sous le nom de Mile 201. La flotte est si vaste que ses lumières sont visibles depuis l’espace. Les recherches de l’EJF révèlent qu’entre 2019 et 2024, les heures de pêche des navires chinois dans la région ont augmenté de 85 %, alors même que les débarquements montraient des signes alarmants de déclin.
Le calmar à nageoires courtes argentin est un pilier de l’écosystème et de l’économie du sud-ouest de l’Atlantique. Étant l’une des rares espèces occupant une position intermédiaire dans la chaîne alimentaire régionale, il nourrit les dauphins, les phoques, les baleines, les oiseaux marins et les poissons à forte valeur commerciale tels que le merlu et le thon, tout en générant des centaines de millions de dollars de revenus pour l’Argentine.
Cependant, en l’absence quasi totale de réglementation, l’exploitation de cette pêcherie est presque totalement incontrôlée, ce qui met en péril l’ensemble de l’écosystème. Elle représente 12,2 % des prises mondiales de calmars en 2023, et la pression exercée par la pêche en haute mer non réglementée est plus de quatre fois supérieure à celle exercée dans les eaux argentines adjacentes qui sont elles réglementées.
« Si nous n’agissons pas de toute urgence, nous courons à la catastrophe », a déclaré Steve Trent, PDG et fondateur de l’Environmental Justice Foundation. « La surpêche et le dérèglement climatique exercent une pression énorme sur cette espèce clé, tandis que les responsables, principalement chinois, commettent des violations choquantes des droits humains en toute impunité. Un effondrement pourrait survenir très rapidement, entraînant des répercussions en cascade sur la vie marine. Les gouvernements doivent agir dès maintenant pour réglementer et rendre transparente et responsable cette pêche devenue anarchique ».
L’enquête de l’EJF fait état de nombreuses violations des droits humains à bord des navires de pêche au calmar. Des entretiens menés auprès d’équipages indonésiens et philippins ont révélé des cas de violence, d’intimidation, d’heures de travail excessives et de retenues sur salaire. Près des deux tiers des navires de pêche au calmar chinois sont impliqués dans des décès ou des agressions physiques à bord. Les équipages ont également signalé des pratiques illégales et cruelles à l’encontre d’espèces sauvages vulnérables, notamment la collecte des ailerons de requins et l’abattage délibéré de mammifères marins tels que les otaries à fourrure d’Amérique du Sud.
L’absence de contrôle signifie que ces produits issus d’abus pourraient entrer sur les principaux marchés, notamment ceux de l’UE, de l’Amérique du Nord et du Royaume-Uni. EJF appelle à une collaboration régionale et internationale urgente afin :
- D’établir des limites de capture et un suivi scientifique pour le calmar dans l’Atlantique Sud-Ouest.
- De mettre fin au recours au travail forcé et de garantir la traçabilité totale des chaînes d’approvisionnement en produits de la mer.
- De renforcer les contrôles portuaires et d’interdire les importations liées à des pratiques de pêche illégales ou abusives.
« Les calmars sont essentiels à la santé des océans et aux populations qui dépendent de la mer pour leur alimentation et leurs moyens de subsistance », a ajouté Trent. « Les gouvernements doivent travailler ensemble pour les protéger, sous peine de provoquer une catastrophe dont les répercussions s’étendraient bien au-delà de ces eaux. Avant tout, ils doivent approuver et mettre en œuvre la Charte mondiale pour la transparence dans le secteur de la pêche, un ensemble de mesures peu coûteuses ou gratuites que tout gouvernement peut prendre pour favoriser le développement d’une pêche légale, éthique et durable ».
À propos d’EJF
Notre travail en faveur de la justice environnementale vise à protéger le climat mondial, les océans, les forêts, les zones humides et la faune sauvage, ainsi qu’à défendre le droit fondamental à un environnement naturel sûr, en reconnaissant que tous les autres droits en dépendent. EJF œuvre à l’échelle internationale pour informer les décideurs politiques et promouvoir des réformes systémiques et durables afin de protéger notre environnement et de défendre les droits humains. Nous enquêtons et dénonçons les abus, et soutenons les défenseurs de l’environnement, les peuples autochtones, les communautés et les journalistes indépendants qui sont en première ligne face à l’injustice environnementale. Nos campagnes visent à garantir un avenir pacifique, équitable et durable. Nos enquêteurs, chercheurs, cinéastes et militants travaillent avec des partenaires locaux et des défenseurs de l’environnement à travers le monde. Pour plus d’informations ou pour organiser un entretien avec l’un des membres de notre équipe, veuillez contacter media@ejfoundation.org.


