PARIS : UDI – Le profond malaise des hospitaliers
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PARIS : UDI – Le profond malaise des hospitaliers
Gilles Chalvet, praticien hospitalier, chef de service, spécialisé en Médecine interne et Président de la Fédération UDI des Alpes-de-Haute-Provence.
Palpables et exprimées au quotidien comme un état d’épuisement, de frustrations multiples, les causes de ce malaise ne sont pas univoques.
Le manque de moyens, les conditions de travail en mode dégradé participent à un sentiment de ne plus assurer une prise en charge de qualité de nos patients.
Les surcharges horaires et parfois le rappel sur des jours de repos participent à une certaine exaspération.
Ces conditions de travail ne sont pas compensées par une revalorisation significative des salaires post-Ségur.
Pourtant, notre système de santé depuis les années 60 jusque dans les années 2000 était considéré comme le meilleur au monde. Le classement en 2024 nous relègue désormais autour de la 20e place !
Comment expliquer ce déclassement ?
Il est certainement à rechercher dans les arbitrages politiques sur un système de soins onéreux, mais pilier de la santé publique.
La “tarification à l’activité” lancée en 2004 est sans doute le premier pavé dans la mare. La loi Hôpital Santé Territoire en 2009, vertueuse pourtant sur le papier, puis celle des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en 2016 actant le regroupement des centres hospitaliers, ont en fait alourdi le millefeuille administratif.
Une administration devenant, de fait, disproportionnée dans la représentation professionnelle de l’hôpital public (40% d’administratifs à l’AP-HP). La fermeture d’environ 150 000 lits d’hôpitaux en 40 ans, avec parallèlement un numerus clausus inadapté aux besoins de renouvellement du personnel médical, concourt à la désorganisation du système.
La crise Covid a révélé les failles de ce système et les a encore agrandies.
Dernier point brûlant en date est le report de la création d’une mutuelle (complémentaire santé) en 2027 pour les hospitaliers, créant un sentiment d’injustice par rapport aux autres agents de la fonction publique qui en bénéficient déjà.
Alors, quel avenir pour notre système de soins ?
Les défis qui se présentent à nous sont majeurs, mais nous ne manquons pas d’atouts. Nos facultés de Médecine et nos écoles de soignants en général sont excellentes.
Revalorisons le soin et les soignants.
Formons davantage de médecins qui, avec le champ immense des nouvelles technologies, sauront redonner à nos hospitaliers la place qu’ils méritent.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.

