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PARIS : Immobilier d’entreprise – La recharge électrique, nouveau point de tension entre bailleurs et locataires
Face à l’essor des flottes électriques, le manque de bornes de recharge en entreprise intensifie les négociations entre locataires et bailleurs.
La transition vers la mobilité électrique s’accélère dans le monde professionnel, mais se heurte à un obstacle de taille : le sous-équipement des parkings d’entreprise en bornes de recharge. Alors que les ventes de véhicules électriques aux entreprises ont bondi de 12 % au premier trimestre 2026, représentant près de 30 % des immatriculations selon le baromètre Arval de mai 2026, les infrastructures ne suivent pas. Cette situation crée des tensions croissantes entre les entreprises locataires, soumises à des obligations légales de verdissement de leur flotte, et leurs bailleurs.
Un décalage croissant entre les flottes et les infrastructures
Le constat est sans appel : la part des bornes de recharge installées par les entreprises ne représente qu’environ 5 % du parc total en France, d’après les chiffres de l’Avere et du Ministère de la Transition Écologique. Ce chiffre est d’autant plus préoccupant que la loi impose, depuis le 1er janvier 2025, aux parkings de plus de 20 places de disposer d’au moins un point de charge. Une obligation légale qui, dans les faits, reste très partiellement appliquée, particulièrement dans les immeubles de bureaux anciens.
Les entreprises se retrouvent ainsi dans une situation paradoxale, comme l’explique Flore Jacquin, spécialiste de l’immobilier locatif d’entreprise au sein de Nerium, une filiale du groupe Spartes.
« Les entreprises se trouvent prises entre deux contraintes. Elles doivent verdir leur flotte, mais aussi trouver des solutions de charge. Faute de mieux, certaines doivent recourir à des bornes de recharge publiques, ou encore demander à leurs salariés de recharger les véhicules depuis leur domicile… Ce qui implique des surcoûts et des difficultés d’organisation considérables », souligne-t-elle.
Le problème ne fera que s’amplifier avec le durcissement de la législation. Dès 2027, les entreprises n’ayant pas suffisamment électrifié leur flotte s’exposeront à des sanctions financières alourdies.
Le casse-tête juridique et financier du « qui paie ? »
La question centrale qui freine le déploiement des infrastructures est celle du financement. Le cadre juridique actuel manque de clarté quant à la répartition des coûts entre le propriétaire des murs (bailleur), l’entreprise (locataire) et parfois le syndic de copropriété. Selon la date de construction de l’immeuble, la nature des places de stationnement (privatives ou communes) et les clauses spécifiques du bail commercial, la responsabilité de l’installation et des travaux peut varier considérablement, créant une inertie préjudiciable.
Pour sortir de l’impasse, un nombre croissant d’entreprises prennent les devants en auditant leurs baux pour clarifier leurs droits et obligations.
La négociation, une solution pragmatique avant l’échéance de 2027
Lorsque le bailleur n’a pas l’obligation formelle de financer les travaux, les locataires peuvent invoquer leur « droit à la prise ». Ce dispositif, encore peu connu, leur permet d’installer des bornes à leurs propres frais. Cependant, la solution peut s’avérer coûteuse, notamment dans les bâtiments construits avant 2020 qui ne disposent pas de la puissance électrique suffisante pour supporter de telles installations.
Une fois leur position juridique éclaircie, les entreprises engagent le dialogue avec leur bailleur, soit pour exiger l’application de ses obligations, soit pour négocier un partage des frais. Les propriétaires se montrent de plus en plus réceptifs, conscients que des bureaux sans solution de recharge perdront rapidement de leur attractivité sur le marché locatif. De plus, leurs propres contraintes réglementaires vont se renforcer : dès 2027, ils devront proposer une borne pour dix places de parking.
« C’est pourquoi nous parvenons, le plus souvent, à des accords. En général, après négociations, nous définissons un calendrier d’installation de bornes, et intégrons dans le bail commercial une clause précisant les objectifs RSE des deux parties », affirme Flore Jacquin.
L’urgence est désormais de mise. Avec l’échéance de 2027 qui se profile, l’inaction pourrait coûter cher, tant aux entreprises qui peineront à respecter leurs quotas qu’aux bailleurs dont les actifs immobiliers se déprécieront.
À propos de Spartes
Depuis sa création en 2012, Spartes s’impose comme un acteur incontournable de la performance opérationnelle et économique des entreprises.
L’approche hybride unique de Spartes combine conseil, externalisation et solutions SaaS. Cette démarche innovante permet d’aider les entreprises à mieux maîtriser leurs coûts, qu’ils soient sociaux, fiscaux, assurantiels ou immobiliers. Spartes accompagne également ses clients face aux nouveaux défis réglementaires, tels que le reporting extra-financier ou la transparence salariale.
Spartes regroupe aujourd’hui quatre filiales, quatre logiciels et plus de 150 collaborateurs. Plus de 2 500 entreprises lui font confiance.
via Presse Agence.


