Passer au contenu principal

PARIS : UDI – À qui le tour ?

Partager :

PARIS : UDI – À qui le tour ?

Marc Gaudet, Président du Conseil départemental du Loiret et agriculteur toujours actif !

C’est ce que vivent les agriculteurs en ce moment. Toutes les filières auront été touchées les unes après les autres en quelques décennies. Pour parler d’un secteur que je connais bien, les « grandes cultures », comme on dit parfois, la période est très violente !

En effet, depuis maintenant trois saisons, la situation se détériore sans aucune perspective positive. Bien au contraire, les vents contraires ne cessent de se renforcer. En tant que céréalier, producteur de betteraves sucrières et de colza, je n’imaginais pas qu’un jour un tel cataclysme puisse mettre en péril un grand nombre d’exploitations de Beauce ou de régions très productives de notre pays.

Les mauvais rendements de 2024 conjugués à une chute des cours des céréales plongent les exploitations dans des déficits conséquents. Aucune remontée des cours ne s’est produite en 2025, maintenant ainsi les fermes céréalières dans de grandes difficultés !

L’année 2026 n’offre guère de perspectives encourageantes, car les coups de chaleur d’avril et de fin mai font craindre la chute de rendements. La hausse des carburants et des engrais azotés vient aussi impacter les trésoreries déjà exsangues… Une réduction drastique de la consommation de carburants dans les techniques d’exploitation signifierait moins de travail du sol, donc plus d’utilisation de produits phytosanitaires. Dans ces conditions les exploitations bio qui misent sur un travail du sol plus fréquent se trouveraient encore plus pénalisées.

Dans le domaine de la culture de betteraves sucrières, jadis fleuron des exploitations de « grandes cultures », l’interdiction persistante de l’acétamipride (ou néonicotinoïdes) oblige les producteurs à réaliser de nombreux traitements insecticides aériens ! (quatre à six passages à envisager) Où est la vraie toxicité ? Le plus injuste dans cette histoire est bien que les Allemands poursuivent l’utilisation du traitement de l’enrobage de la graine alors qu’il est interdit en France. Et… réaliser un traitement, c’est du carburant supplémentaire à mettre dans les tracteurs. Est-ce que notre pays est en mesure d’interdire la consommation de sucre allemand produit avec de l’acétamipride ?

Il faut arrêter la surtransposition française des directives européennes !

Arrêtez de charger la barque des agriculteurs français, car elle coule ! Stop aux grands discours théoriques et place à l’action pragmatique !

Si le gouvernement veut sauver l’agriculture, nos campagnes et nos territoires, il doit agir vite ! Nous ne tiendrons pas une année de plus…

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.