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PARIS : « Trump, la honte américaine ? » – Sondage IF…

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PARIS : « Trump, la honte américaine ? » – Sondage IFOP

Les 100 premiers jours de Donald Trump : une présidence controversée et divisée.

Alors que Donald Trump célèbre ses 100 premiers jours à la Maison-Blanche, une enquête de l’Ifop, réalisée pour le site NYC.eu, révèle une image contrastée de son administration, marquée par des sentiments de honte, de remords et une polarisation accrue au sein de la société américaine et entre les États-Unis et la France.

Les 100 premiers jours de Donald Trump : une source de honte pour la majorité des Américains

Selon l’enquête, 56% des Américains éprouvent actuellement de la honte envers le locataire de la Maison-Blanche. Ce sentiment est particulièrement marqué chez les jeunes de moins de 25 ans (60%) et les personnes noires (69%). Même parmi ses électeurs, une minorité significative partage cette honte : près d’un quart des sympathisants républicains (23%) se disent honteux de leur président. Cette honte s’étend également à l’identité nationale. 38% des Américains déclarent avoir honte d’être américains, un sentiment particulièrement présent chez les jeunes (51%) et les diplômés d’un deuxième cycle du supérieur (42%). Plus surprenant, ce sentiment touche aussi des citoyens généralement plus marqués à droite, comme ceux se disant « très patriotes » (34%).

Par ailleurs, 24% des électeurs de Trump regrettent aujourd’hui leur vote en faveur du magnat de l’immobilier lors de l’élection présidentielle de novembre 2024. Ce regret est particulièrement élevé chez les électeurs trumpistes de moins de 35 ans (33%), les hispaniques (34%) et les noirs (38%).

Un président américain à son plus bas niveau de popularité depuis son retour au pouvoir

Seuls 44% des électeurs américains approuvent la façon dont Donald Trump gère ses fonctions de président, un taux d’approbation historiquement bas depuis son entrée en fonction. Cette désapprobation est particulièrement forte chez les femmes (55%), les foyers modestes (63% dans ceux gagnant moins de 25 000 $/an) et les minorités ethniques comme les personnes noires (69%). En trois mois, la cote d’approbation de l’administration Trump a chuté de 6 points dans l’ensemble de l’électorat. Cette baisse est significative chez les électeurs de sexe masculin (-9 points), les personnes noires (-9 points) et les indépendants politiques (-9 points).

Une administration Trump à rebours de son opinion publique sur les questions internationales

Le rapprochement avec la Russie, initié par Donald Trump sur le dossier ukrainien, est largement rejeté par les Américains. 66% d’entre eux souhaitent continuer à soutenir l’Ukraine contre la Russie, révélant un net décalage entre l’opinion publique et la rhétorique trumpienne, qui prône un arrêt prochain de l’aide états-unienne à Kyiv. Ce soutien à l’Ukraine transcende les clivages partisans : 57% des Républicains et 84% des Démocrates y sont favorables. En France, bien que le soutien à l’Ukraine soit majoritaire (60%), l’opposition à cette aide est marquée à l’extrême droite, où 53% des électeurs ne souhaitent pas continuer à soutenir Kyiv.

Par ailleurs, la hausse des droits de douane annoncée par Donald Trump divise l’opinion. 49% des Américains désapprouvent cette mesure, contre 45% qui l’approuvent. Cette opposition est particulièrement forte chez les Démocrates (76%), les femmes (54%) et les foyers modestes (54%).

Sur les questions de genre, d’immigration ou d’environnement, la politique trumpiste en phase avec ses administrés

Les positions « antiwoke » de Donald Trump sur les questions d’identité de genre sont soutenues par une majorité d’Américains. 62% approuvent l’interdiction de l’accès aux sports féminins pour les transgenres, et 57% soutiennent la révision de la définition légale des sexes, n’acceptant que deux catégories. Sur le plan environnemental, 54% des Américains approuvent la promotion de l’exploitation pétrolière, bien que d’autres mesures, comme le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, soient largement rejetées (30% d’approbation).

En matière d’immigration, 56% des Américains soutiennent l’expulsion des immigrants illégaux, mais la remise en question du droit du sol pour les enfants d’immigrants non-citoyens est minoritaire (35%). De même, l’abolition des programmes d’Équité, Diversité et Inclusion (DEI) ne recueille que 39% d’approbation, principalement chez les hommes (48%), les Blancs (43%) et les seniors (71%).

Des sociétés américaine et française divisées

Pour François Kraus, directeur du Pôle Politique & Actualités de l’Ifop, cette enquête révèle des sociétés profondément divisées. Aux États-Unis, les clivages partisans sont particulièrement marqués, tandis qu’en France, les fractures sont moins prononcées. L’administration Trump met en œuvre un programme idéologique clivant, massivement rejeté en France, mais qui trouve un écho chez environ quatre Américains sur dix en raison d’une polarisation extrême.

Des perspectives incertaines pour l’administration Trump

Cette enquête met en lumière des divisions profondes et des attentes contradictoires au sein de la société américaine. Le soutien à l’Ukraine, bien que transcendant les clivages partisans, pourrait devenir un point de tension pour l’administration Trump, confrontée à une opinion publique divisée mais partiellement unie sur certains enjeux internationaux. Dans ce contexte, la polarisation politique et les fractures socio-démographiques continueront probablement de façonner les débats et les décisions à venir, laissant entrevoir des défis majeurs pour l’unité nationale et les relations internationales.

Étude Ifop pour NYC.eu réalisée par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon national représentatif de 1 225 Américains âgés de 18 ans et plus (8-10 avril 2025) et d’un échantillon national représentatif de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus (9-10 avril 2025).

Plus d’informations : https://nyc.eu/press/100-jours-de-donald-trump/