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PARIS : Terra Nova – Les nouveaux visages de l&rsqu…

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Floriane Dumont
2 Mar 2024

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PARIS : Terra Nova – Les nouveaux visages de l’agriculture

Les agriculteurs sont aujourd’hui moins nombreux et plus âgés qu’en 2010.

D’ici à 2026, pas moins de 50% des exploitations vont voir leur chef d’exploitation passer la main. Pour éviter un phénomène de concentration et d’agrandissement des exploitations, il faut redonner de l’attractivité au métier et cibler un public nouveau. Mais la question du renouvellement des générations d’agriculteurs ne peut se réduire à celle du déclin démographique. Elle induit nécessairement une réflexion plus prospective sur l’agriculture et nécessite d’anticiper ses évolutions. Les pouvoirs publics disposent de leviers importants pour orienter les choix d‘installation et accompagner celles et ceux qui souhaitent développer un projet agricole plus vertueux et plus durable et saisir ainsi l’opportunité offerte par le renouvellement générationnel d’accélérer la transition écologique.

Depuis les années 1950, l’agriculture française s’est profondément transformée. Avec la promulgation des lois d’orientation 1960–1962, l’Etat a lancé un processus de modernisation qui s’appuyait notamment sur la mécanisation des outils de production et le développement d’exploitations de taille moyenne (entre 30 et 50 hectares), au détriment des très petites et grandes surfaces[1]. L’objectif était de permettre aux agriculteurs de produire suffisamment pour dégager un revenu équivalent au reste de la population active, tout en garantissant aux consommateurs des prix alimentaires accessibles. Grâce à la mécanisation et à la division du travail, aux engrais de synthèse et aux produits phytosanitaires et vétérinaires, la production agricole a plus que doublé. En parallèle, la mondialisation des échanges a induit un mouvement de spécialisation des exploitations agricoles, qui étaient jusqu’alors très diversifiées. À l’échelle européenne, la Politique Agricole Commune (PAC) est entrée en vigueur le 30 juillet 1962. La mise en œuvre de prix minimum garantis pour certains secteurs a permis de développer la production et de stabiliser les marchés, notamment pour les grandes cultures et la production laitière. Elle a aussi conduit à des surplus dans les années 1980, qui n’ont pu être écoulés que grâce aux restitutions aux exportations.

Cette intensification de la production, encouragée par les pouvoirs publics, a entrainé de spectaculaires gains de productivité mais a conduit en même temps à l’érosion continue du nombre de fermes et d’agriculteurs. En 1970, il y avait en métropole quatre fois plus de fermes (1 587 600) qu’aujourd’hui (390 000). Depuis, leur nombre continue de décroitre. Chaque année depuis 2015, environ 20 000 chefs d’exploitation cessent leur activité tandis que 14 000 nouveaux s’installent. Même si l’on observe un léger rebond depuis 2021, le départ à la retraite de nombreux agriculteurs, dans les années à venir, risque d’accentuer ce déséquilibre. 43% des exploitants aujourd’hui âgés de 55 ans et plus pourront faire valoir leur droit à la retraite en 2033 : plus de deux sur cinq !

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