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PARIS : Taxe plaisance 2027 – La filière nautique se…

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PARIS : Taxe plaisance 2027 – La filière nautique se mobilise contre une réforme jugée « injuste et dangereuse »

La filière nautique lance un appel national contre la future taxe plaisance, dénonçant un projet qui menace l’économie du secteur et la plaisance familiale.

La grogne monte dans le monde du nautisme. En seulement trois semaines, une pétition en ligne a recueilli plus de 10 000 signatures contre la réforme de la taxe sur les bateaux de plaisance (TAEMUP), dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2027. À l’initiative de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance (CNP), cette mobilisation, lancée le 28 mai dernier à Saint-Malo, vise à obtenir la réécriture d’un texte jugé inéquitable, complexe et potentiellement dévastateur pour toute une filière économique.

La CNP, qui fédère l’ensemble des acteurs du secteur, des constructeurs aux usagers, appelle les 6 330 entreprises, les 473 ports de plaisance et les quatre millions de plaisanciers réguliers à se joindre au mouvement via la plateforme plaisancejuste.fr.

Une réforme jugée déconnectée des réalités

Selon la Confédération, le projet a été élaboré « sur la base de considérations théoriques déconnectées des réalités et des pratiques », sans concertation approfondie avec les professionnels et les pratiquants. Les acteurs du nautisme déplorent une approche technocratique qui ignore les enjeux économiques, sociaux et territoriaux d’un secteur particulièrement vital pour des régions comme l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ils demandent que le dialogue soit rouvert afin de prendre en compte la réalité du terrain, que ce soit sur les littoraux ou sur les eaux intérieures.

La plaisance populaire et l’emploi menacés

L’un des principaux points de friction est l’impact de la réforme sur la plaisance dite « populaire ». La CNP alerte sur le fait que des dizaines de milliers de propriétaires de petites unités, jusqu’ici exonérés, pourraient se voir imposer une taxe annuelle pouvant dépasser 500 euros. Sont concernés les bateaux de promenade familiale, les petites embarcations de pêche de loisir ou les voiliers côtiers, qui constituent le cœur d’une pratique accessible et partagée.

« La plaisance n’est pas un privilège. Elle constitue un loisir familial, un lien aux territoires et une pratique de proximité », insiste l’organisation.

Au-delà des usagers, ce sont des milliers d’emplois qui seraient menacés. En renchérissant le coût de possession d’un bateau, la réforme risquerait de freiner les achats et de peser sur l’entretien, fragilisant ainsi l’activité des chantiers navals, des vendeurs, des équipementiers et de l’ensemble des services nautiques.

Un appel à la concertation pour une transition juste

Si la CNP ne s’oppose pas au principe d’une fiscalité environnementale, elle juge le dispositif actuel inefficace. La réforme prétend encourager des motorisations alternatives, mais les solutions électriques ne sont, selon elle, ni toujours disponibles, ni adaptées ou économiquement accessibles pour la majorité des plaisanciers.

L’organisation appelle donc les pouvoirs publics et les parlementaires à revoir en profondeur le texte pour qu’il préserve la plaisance populaire, qu’il soit simple et équitable, et qu’il accompagne réellement la transition écologique du secteur.

« Cette réforme est profondément injuste parce qu’elle frappe d’abord la plaisance du quotidien : les bateaux familiaux, la petite pêche de loisir, les pratiques populaires qui font vivre nos ports et nos territoires. Elle est aussi le symbole d’une absence d’écoute du terrain. Nous ne refusons pas une réforme. Nous demandons une réforme juste, lisible, concertée et réellement utile à la transition environnementale de notre secteur. Avant 2027, il est encore temps de réécrire la taxe plaisance », précise Yves Lyon-Caen, Président de la CNP.

À propos de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance

Créée en 2015, la Confédération du Nautisme et de la Plaisance (CNP) rassemble l’ensemble des familles représentatives du secteur : industries et services nautiques, fédérations sportives, ports de plaisance, ainsi que des associations et fédérations d’usagers.

Reconnue comme l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, son rôle est de promouvoir et de défendre les apports économiques, sociaux et culturels du nautisme, tout en accompagnant la transition environnementale et en œuvrant à la préservation des milieux marins, fluviaux et lacustres.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).