Passer au contenu principal

PARIS : Sylvie GAMET : « L’immatériel redessine la hi…

Partager :

PARIS : Sylvie GAMET : « L’immatériel redessine la hiérarchie des entreprises »

Le cabinet Finantis Value révèle comment les actifs invisibles, tels que les marques ou logiciels, deviennent le principal levier de la valeur.

La valeur d’une entreprise ne se lit plus seulement dans ses bilans comptables traditionnels. Une mutation profonde est à l’œuvre, déplaçant le centre de gravité économique des actifs matériels visibles, comme les usines ou les stocks, vers un capital immatériel longtemps ignoré : marques, logiciels, bases de données, savoir-faire ou secrets d’affaires. Selon le cabinet d’expertise Finantis Value, qui a valorisé plus de 750 millions d’euros d’actifs de ce type depuis sa création en 2017, cette nouvelle grammaire financière explique désormais les écarts de valorisation considérables observés lors des cessions ou levées de fonds.

« La comptabilité classique ne permet plus d’expliquer les écarts observés lors des transactions contemporaines », souligne Sylvie Gamet, CEO de Finantis Value et seule femme en France à détenir la certification internationale CVA (Certified Valuation Analyst). Pour le cabinet, la capacité d’une organisation à générer des flux futurs repose aujourd’hui sur des ressources invisibles, à condition qu’elles soient juridiquement sécurisées, économiquement exploitables et sources d’un avantage concurrentiel durable.

La marque, un actif conditionné à son exploitation

Une marque qui dort ne vaut presque rien ; une marque activement exploitée peut valoir des millions. L’analyse de Finantis Value dans le secteur agroalimentaire est éloquente : un portefeuille de marques de pommes biologiques, soutenu par une exploitation commerciale et une protection internationale, a été valorisé à 2,99 millions d’euros. À l’opposé, un portefeuille de marques non exploitées par une autre société ne représentait qu’une valeur résiduelle de 2 931 euros.

Cette logique s’applique également au patrimoine historique. Dans l’artisanat de luxe, un savoir-faire en tissage remontant au 15ème siècle a permis de soutenir une valorisation de groupe estimée entre 6,69 et 9,03 millions d’euros. L’histoire et la rareté deviennent des actifs, mais seulement si elles sont activées économiquement. « La valorisation d’une marque n’apparaît pas recevable au regard des faits et réalisations connus si elle est déconnectée de son exploitation réelle », rappellent les experts du cabinet.

Du matériel au logiciel : la migration de l’intelligence économique

Dans les secteurs technologiques et industriels, la valeur a clairement migré du matériel vers le logiciel. Alors que les actifs physiques engendrent des coûts proportionnels à la production, l’immatériel offre une scalabilité quasi infinie. Un système de cobotique (robotique collaborative) capable de mémoriser et reproduire des gestes complexes a ainsi été valorisé à 13,3 millions d’euros. La valeur ne réside plus dans le robot lui-même, mais dans l’intelligence logicielle qui le pilote.

Dans des industries de pointe comme l’aérospatial, les analyses de contribution montrent que la licence logicielle peut représenter de 43 % à 50 % de la valeur totale générée par un produit final. Le hardware devient un simple support, tandis que l’algorithme concentre l’essentiel du potentiel économique.

Données et savoir-faire, le capital caché des organisations

L’accumulation de données qualifiées est également devenue un actif stratégique majeur. Dans le domaine biopharmaceutique, une base de données issue d’études cliniques multicentriques a été estimée à une valeur d’entrée en négociation pouvant atteindre 9,2 millions d’euros.

De même, un savoir-faire humain, une fois documenté et transformé en processus reproductible et auditable, acquiert une valeur financière propre. À titre d’exemple, une expertise avancée en cybersécurité pour le secteur bancaire a été valorisée entre 184 000 et 219 000 euros, et un processus de diagnostic original dans le domaine de la formation a été estimé à 155 700 euros.

Une nouvelle grammaire de la valeur

Fondé en 2017, le cabinet Finantis Value (https://www.finantisvalue.com/valorisation-financiere-actifs-immateriels/) s’est spécialisé dans l’évaluation de ces actifs qui structurent désormais la trajectoire des entreprises performantes. Devenu une entité indépendante en septembre 2025 et fort d’une équipe renforcée en ce début d’année 2026, il accompagne les dirigeants dans l’identification et la monétisation de ce capital invisible. Pour chaque décideur, la question centrale demeure : quelle est la valeur encore cachée de son organisation, celle qui déterminera sa compétitivité future ?