Passer au contenu principal

PARIS : Sport – Le Marathon de Paris, une première ré…

Partager :

PARIS : Sport – Le Marathon de Paris, une première réussie sans plastique à usage unique

Après le succès de son premier marathon sans plastique à usage unique, Paris s’affirme comme un modèle pour un événementiel sportif durable.

Le Marathon de Paris, qui s’est tenu ce dimanche 12 avril 2026, a marqué une étape décisive dans la lutte contre la pollution plastique. Pour la toute première fois, l’événement sportif majeur a banni les plastiques à usage unique, démontrant qu’une organisation à grande échelle est possible sans générer des montagnes de déchets. Les 60 000 coureurs ont été invités à apporter leur propre contenant réutilisable, tandis que 700 bénévoles assuraient leur hydratation sur 13 points de ravitaillement stratégiquement répartis le long du parcours.

Un exemple pour le sport mondial

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à transformer le secteur de l’événementiel sportif, l’un des plus grands producteurs de déchets. Selon l’ADEME, une manifestation de 5 000 participants génère en moyenne 2,5 tonnes de déchets. Le succès du marathon parisien fait écho à l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, qui avaient déjà affiché une réduction de 70 % des plastiques à usage unique par rapport à l’édition de Londres en 2012. Pour accompagner ce mouvement, l’association No Plastic In My Sea propose un « Guide sur le Sport Zéro Plastique » à destination des organisateurs, clubs et collectivités, afin de pérenniser ces nouvelles pratiques responsables. Les solutions sont concrètes : installation de fontaines à eau, promotion de la gourde et mise en place de systèmes de consigne pour les gobelets réutilisables.

Plastique et santé : un enjeu de santé publique

Au-delà de l’impact environnemental, la mobilisation contre le plastique est également motivée par des préoccupations sanitaires croissantes. Début avril, lors d’une conférence à l’Assemblée nationale, l’association a rappelé les risques liés à l’exposition aux micro-plastiques et aux additifs chimiques, particulièrement pour les générations futures. Des études scientifiques récentes, publiées notamment dans la prestigieuse revue *The Lancet*, établissent des liens alarmants entre l’exposition aux phtalates (utilisés pour assouplir les plastiques) et une augmentation des naissances prématurées, des troubles du développement et des maladies chroniques. La contamination, qui commence dès le stade fœtal, est une réalité documentée, les microplastiques ayant été retrouvés dans le placenta, le sang et de nombreux organes humains.

La bataille contre le lobby de la plasturgie

Le chemin vers un monde sans plastique est cependant semé d’embûches, comme l’illustre une récente bataille juridique. Le Conseil d’État, saisi par le lobby Plastalliance, a annulé un décret qui définissait les types de contenants plastiques à interdire dans les cantines scolaires. L’association No Plastic In My Sea dénonce une « campagne de désinformation », soulignant que l’annulation ne porte que sur un vice de forme (un défaut de notification à la Commission européenne) et non sur le fond de l’interdiction, qui reste en vigueur. Le gouvernement est désormais appelé à sécuriser juridiquement les définitions pour contrer de nouveaux recours. « Le lobby Plastalliance fanfaronne avec cette annulation qui révèle encore une fois son plus grand mépris de la santé des jeunes enfants, exposés à des plastiques chauffés qui relarguent additifs toxiques et microplastiques », dénonce Muriel Papin, Déléguée Générale de No Plastic In My Sea.

Mobilisation citoyenne et solutions alternatives

Face à ces résistances, la mobilisation de tous les acteurs est encouragée. L’association lance son grand rendez-vous annuel, le « No Plastic Challenge », qui se déroulera en juin. Cet événement vise à accompagner entreprises, collectivités et établissements scolaires dans la réduction de leur empreinte plastique grâce à des outils gratuits, des conseils et des ressources pédagogiques. Les inscriptions sont ouvertes pour les entreprises et les écoles souhaitant transformer leurs pratiques de manière concrète et positive. Parallèlement, des initiatives innovantes émergent, à l’image du collectif Muve, créé par quatre start-up françaises pour promouvoir les produits sans eau (à diluer ou en format solide), réduisant ainsi drastiquement les emballages plastiques et l’empreinte carbone liée au transport.

L’association poursuit sa mobilisation avec plusieurs rendez-vous à venir, notamment une table ronde sur l’économie circulaire ce jeudi 16 avril aux Canaux à Paris, et un événement sur le thème « Une hydratation sans plastique : comment et pourquoi ? » prévu le 17 juin à l’Académie du Climat.