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PARIS : Soutien total à l’Ukraine

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PARIS : Soutien total à l’Ukraine

Laurent Mazaury, Député des Yvelines et rapporteur à l’Assemblée nationale de la proposition de résolution européenne visant à renforcer le soutien à l’Ukraine

Le 24 février 2025 a marqué le triste troisième anniversaire de l’agression brutale menée par la Russie contre l’Ukraine. Trois années de guerre, trois années de souffrances indicibles pour la population ukrainienne, trois années qui ont bouleversé l’équilibre européen et international.

Trois années qui, je l’espère, prendront bientôt fin. Alors que les appels ukrainiens à la fin de la guerre se multiplient, il est nécessaire de soutenir l’Ukraine afin qu’elle puisse aller à la table des négociations, face à la Russie, dans les meilleures conditions possibles. Souhaite-t-on du reste que l’Ukraine, qui n’exige que la paix et l’exercice normal de sa souveraineté, modifie ses exigences et donne ainsi partiellement satisfaction aux revendications inacceptables de Moscou ? Évidemment NON et ce quoi qu’en pense le « nouveau » président des États-Unis, Donald Trump.

Il nous faut mesurer l’ampleur de cette tragédie. D’abord en raison de la violence de l’invasion russe, qui s’accompagne de crimes de guerre avérés, de déportations massives, y compris d’enfants et de destructions systématiques d’infrastructures civiles. Ensuite parce que cette guerre vise à mettre fin à l’existence même d’un état souverain, l’Ukraine, et plus généralement à imposer par la force un droit de regard de la Russie sur les affaires du continent européen, en faisant peser une menace constante sur ses voisins. Ce ne sont pas seulement les frontières de l’Ukraine qui sont menacées, mais également la stabilité et la sécurité de l’Europe tout entière.

Si la résistance de l’Ukraine a déjoué les pronostics initiaux et si la mobilisation de l’Europe et des États-Unis lui ont permis de contenir l’invasion russe pendant trois ans, force est de constater qu’en ce début 2025, nous arrivons à une phase d’usure dans laquelle les ressources militaires et humaines s’épuisent de part et d’autre, même si nous ne savons pas toujours dans quelle mesure. Le point de rupture pourrait être plus proche que nous ne le pensons.

À cet élément s’ajoute l’entrée en fonction récente aux États-Unis d’une nouvelle administration et d’un président qui exprime son souhait d’une issue « diplomatique » rapide au conflit, mais qui n’a pas précisé selon quels paramètres, ou alors de la façon erratique dont il a le secret, ni par quels moyens…

Nous, Français et Européens, devons-nous assurer que l’Ukraine se trouvera dans la position la plus favorable possible si de réelles négociations, en présence de l’ensemble des acteurs, s’ouvrent prochainement. Nous savons que la Russie cherchera à imposer ses conditions et que certains états pourraient être tentés d’accepter un compromis au détriment du droit et de la justice. C’est pourquoi nous devons dès aujourd’hui renforcer notre soutien à l’Ukraine, non seulement pour l’aider à tenir, mais surtout pour lui permettre de négocier depuis une position de force.

C’est dans cet esprit que s’inscrit la proposition de résolution européenne que je porterai début mars dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Son objectif est clair : réaffirmer notre engagement indéfectible envers l’Ukraine et faire en sorte que toute négociation repose sur les principes de souveraineté, de sécurité et de justice.

Cette résolution exprime également notre volonté de voir l’Ukraine rejoindre pleinement la famille européenne. Il nous faudra pour ce faire aider l’Ukraine à vaincre ses propres démons et à travailler aussi sur les obligations d’alignement sur conditions de bases communes servant de socles au bon fonctionnement des états pour une intégration à l’Union européenne.

Il nous faut également renforcer notre défense, en France, mais aussi au niveau européen. Dans ce cadre, nous ne devons pas oublier que notre allié britannique est la deuxième puissance nucléaire de notre continent, et rappeler à tous que nous sommes deux des cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies dotés de l’arme nucléaire y siégeant.

Il n’est plus acceptable que nous soyons dépendants des États-Unis en matière de défense. Il n’est plus acceptable que nos alliés n’aient pas confiance dans les capacités européennes à les protéger sans le support de l’OTAN.

Nous devons être à la hauteur de l’histoire. Relâcher notre soutien, c’est accepter de fragiliser l’Ukraine dans d’éventuelles négociations. Accepter des compromis qui reviendraient à légitimer l’agression russe, c’est envoyer un signal dangereux aux régimes autoritaires du monde entier et à la Russie, elle-même, pour ses visées expansionnistes en Europe.

Une fois de plus nous, Français et Européens, devons faire front !

SOURCE : UDI – Spécial Salon International de l’Agriculture.