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PARIS : Solal BOTBOL : « Supprimer le crédit d’impôt pour les bornes de recharge est un non-sens »
Le PDG de Beev, Solal Botbol, alerte sur l’incohérence du plan d’électrification qui, en supprimant le crédit d’impôt, freine la recharge à domicile.
Alors que le gouvernement a présenté le 23 avril 2026 un plan d’électrification en 22 mesures, renforcé par des annonces présidentielles le 26 mai, une voix s’élève pour dénoncer ce qui apparaît comme une incohérence majeure. Dans une tribune, Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev, déplore la suppression depuis le 1er janvier 2026 du crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge à domicile. Pour le dirigeant de cette entreprise spécialisée dans l’accompagnement au passage à l’électrique, et récemment intégrée à la sélection Impact 40/120, cette décision fragilise toute la stratégie nationale de transition vers la mobilité électrique.
Un signal contradictoire pour les automobilistes
Le paradoxe soulevé par Solal Botbol est simple : d’un côté, l’État encourage l’acquisition de véhicules propres, notamment avec la relance annoncée du leasing social pour 50 000 voitures électriques destinées aux ménages modestes ; de l’autre, il supprime une aide cruciale pour la recharge.
« Ce choix envoie un signal difficilement compréhensible : d’un côté, on incite les Français à acquérir une voiture électrique via des offres accessibles et des primes, et de l’autre, on leur enlève une aide indispensable pour pouvoir recharger sereinement et économiquement à leur domicile », souligne Solal Botbol.
Selon lui, la transition ne se joue pas seulement à l’achat, mais surtout dans l’usage quotidien.
La recharge à domicile, pilier de l’écosystème électrique
L’argument central de cette analyse repose sur les habitudes des conducteurs de véhicules électriques. Entre 80 et 90 % des recharges s’effectuent à domicile ou sur le lieu de travail, faisant de l’infrastructure privée le véritable socle de l’expérience utilisateur.
« Sans recharge à domicile, le véhicule électrique perd ce qui fait sa force : un usage simple, économique et prévisible. Il devient dépendant de bornes publiques plus coûteuses, parfois saturées, et souvent inadaptées aux contraintes du quotidien », prévient le PDG de Beev.
Il pointe les files d’attente de plus en plus fréquentes aux bornes publiques en ville ou sur les autoroutes lors des grands départs, comme l’ont illustré les weekends de mai, créant une nouvelle source de frustration pour les usagers.
Une vision partielle privilégiant les longs trajets
Le plan gouvernemental, notamment sa mesure 14, prévoit un déploiement massif de bornes sur le réseau autoroutier, visant à passer de 4 500 à 22 000 points de charge d’ici 2035. Si cet effort est jugé nécessaire, il traduit une vision partielle qui privilégie les usages exceptionnels au détriment de la réalité du quotidien. En effet, 90 % des trajets en France ne dépassent pas 50 kilomètres. L’expert établit un parallèle avec les aides pour l’amélioration énergétique des logements, comme les pompes à chaleur, qui ciblent directement le domicile pour réduire les factures.
Il s’interroge : « Pourquoi cette logique ne s’applique-t-elle pas à la recharge électrique ? ».
Un outil efficace et peu coûteux abandonné
Entre 2021 et 2025, le crédit d’impôt a prouvé son efficacité. D’un montant de 500 €, il couvrait jusqu’à 75 % des dépenses et a bénéficié à près de 50 000 foyers par an. Son coût annuel pour l’État, 23 millions d’euros, est jugé dérisoire face aux 60 milliards d’euros que coûte chaque année la dépendance de la France aux énergies fossiles. Victime des négociations tendues du Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026, le dispositif a été supprimé le 31 décembre 2025 sans être remplacé par une alternative aussi lisible et incitative.
L’enjeu des copropriétés et de la filière industrielle
Au-delà des particuliers, la suppression de l’aide a un impact sur toute une filière économique française, des fabricants de bornes aux installateurs certifiés IRVE. Ralentir l’équipement des domiciles, c’est freiner une chaîne de valeur créatrice d’emplois locaux non délocalisables.
Solal Botbol insiste également sur un enjeu structurel majeur : les copropriétés. Près de la moitié des Français vivant en logement collectif, l’accès à une borne de recharge y reste un parcours complexe. Sans une incitation financière forte et une simplification des procédures, la mobilité électrique risquerait de devenir l’apanage des propriétaires de maisons individuelles.
En conclusion, le dirigeant appelle à un réajustement urgent de la politique publique.
« Relancer demain un crédit d’impôt pour les bornes de recharge à domicile ne sera donc pas un ajustement marginal. Ce sera un choix structurant. […] L’électrification ne se décrète pas. Elle s’organise. Et elle commence là où vivent les Français », conclut-il.
À propos de Beev
Fondée en 2019 par Solal Botbol et Chanez Djoudi, Beev se positionne comme un guichet unique de l’électrification, accompagnant professionnels, entreprises et particuliers dans leur transition vers le véhicule électrique.
La société combine une plateforme en ligne et une assistance d’experts pour proposer une offre intégrée : leasing de plus de 250 modèles de véhicules, installation de bornes de recharge par un réseau de 350 techniciens certifiés, et gestion de flottes. Beev a déjà accompagné plus de 5 000 clients, dont de grands comptes comme Danone, Veolia, Carrefour ou Tesla.
Depuis sa création, Beev a réalisé plusieurs levées de fonds et est le seul acteur de son secteur à détenir le label Greentech Innovation du Ministère de la Transition Écologique ainsi que la certification B Corp.
Pour plus d’informations :
via Presse Agence.


