PARIS : Solal BOTBOL : « La réforme CEE va réorienter les a…
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PARIS : Solal BOTBOL : « La réforme CEE va réorienter les aides vers les utilitaires lourds et européens »
Dès le 1er juin 2026, la prime CEE pour les utilitaires électriques favorisera les modèles assemblés en Europe et les plus lourds, selon l’analyse de Beev.
Le 1er juin 2026 marquera un tournant majeur pour le marché des véhicules utilitaires électriques en France. Une réforme en profondeur du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), principale aide à l’acquisition pour les professionnels, entrera en vigueur jusqu’au 20 juin 2029. L’objectif affiché par le gouvernement est double : inciter les entreprises et collectivités à acquérir des véhicules « Made in Europe » face à la concurrence chinoise, et accélérer le remplacement des utilitaires les plus lourds, et donc les plus polluants.
Avec des aides pouvant atteindre près de 10 000 €, cette nouvelle réglementation va contraindre les gestionnaires de flotte à réévaluer le coût total de possession (TCO) de leurs futures acquisitions. Ils devront notamment s’assurer que les modèles convoités figurent sur la liste officielle que publiera l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) à compter du 1er juin. Solal Botbol, cofondateur et PDG de la startup française Beev, spécialiste de l’électrification des flottes, décrypte les enjeux de cette réforme cruciale.
Un système d’aide profondément remanié
Pour bien comprendre la portée du changement, il faut rappeler la nature du dispositif actuel. « En France, beaucoup l’ignorent encore, mais le bonus écologique a disparu depuis le 1er juillet 2025, remplacé par deux dispositifs reposant sur les Certificats d’Économies d’Énergie : la prime CEE pour les personnes morales, dont entreprises, collectivités et loueurs », explique Solal Botbol. Ce modèle, fondé sur le principe du pollueur-payeur, oblige les fournisseurs d’énergie à financer la transition écologique.
Cependant, le système actuel présentait une faille majeure. « Le projet de réforme répond à une limite majeure du système actuel : son manque de différenciation. Jusqu’ici, le montant des aides était peu ou prou identique, qu’il s’agisse d’une petite fourgonnette urbaine ou d’un utilitaire très lourd, malgré des écarts de prix pouvant dépasser 25 000 € », souligne le PDG de Beev. Pour corriger cette distorsion, le gouvernement introduit deux évolutions majeures : un critère de fabrication privilégiant l’Europe et un calcul des aides basé sur le poids du véhicule.
Le ‘Made in Europe’ comme condition principale
La nouvelle réglementation instaure un filtre géographique strict pour l’obtention des aides maximales. « Il suit une règle simple mais structurante : pour bénéficier des bonifications maximales, les véhicules utilitaires électriques devront être assemblés dans l’Espace Économique Européen (EEE), un périmètre qui regroupe les 27 États membres de l’Union européenne ainsi que la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein », détaille Solal Botbol.
Cette exigence vise à soutenir l’industrie continentale face à l’offensive des constructeurs, notamment chinois. Les modèles produits hors de l’EEE resteront commercialisables, mais avec des aides réduites qui pénaliseront fortement leur compétitivité. L’Ademe publiera et mettra à jour mensuellement une liste des véhicules éligibles, qui deviendra un document de référence pour tous les acheteurs professionnels.
Le poids, nouveau critère de calcul progressif
L’autre pilier de la réforme est l’introduction d’une prime progressive, directement liée à la masse du véhicule. « Le critère de poids introduit dans la réforme des CEE marque un changement majeur. Désormais, elle repose sur une logique de progressivité avec un bonus qui sera directement lié à la masse en ordre de marche du véhicule », précise Solal Botbol.
Concrètement, trois paliers sont établis :
– Jusqu’à 1,55 tonne : le montant de l’aide est multiplié par 3.
– Entre 1,55 et 2 tonnes : le multiplicateur passe à 5.
– Au-delà de 2 tonnes : le multiplicateur atteint 7.
Sur la base des valorisations actuelles, cela se traduit par une prime CEE maximale d’environ 2 800 € pour les plus petits utilitaires, 5 000 € pour les modèles intermédiaires, et près de 9 700 € pour les plus lourds. Ce mécanisme rend ainsi l’électrification des fourgons les plus imposants beaucoup plus attractive économiquement.
Quelles implications pour les professionnels ?
Cette réforme impose aux artisans, TPE et grandes flottes d’adapter leur stratégie d’acquisition. « Premièrement, il devient essentiel pour eux d’anticiper leurs achats en vérifiant en amont l’éligibilité des modèles. Deuxièmement, le poids du véhicule s’impose désormais comme un paramètre central, à intégrer dans le calcul du TCO », conclut Solal Botbol. Les professionnels devront suivre attentivement les mises à jour de la liste de l’Ademe pour sécuriser leurs investissements et s’assurer de l’éligibilité des véhicules dès la phase de devis.
À propos de Beev
Fondée en 2020 par Solal Botbol et Chanez Djoudi, Beev est une plateforme qui accompagne les professionnels et les entreprises dans leur passage au véhicule électrique. Elle propose une offre intégrée comprenant le leasing de véhicules, l’installation de bornes de recharge certifiées IRVE et la gestion de flottes. Beev a déjà accompagné plus de 5 000 clients, dont de grands comptes comme Danone, Veolia, Carrefour ou Accor. L’entreprise, qui a réalisé un volume d’affaires de 20 millions d’euros en 2025, est labellisée Greentech Innovation et certifiée B Corp. Plus d’informations sont disponibles sur son site : https://www.beev.co/.


