PARIS : Société – Emmaüs France anticipe l’impa…
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PARIS : Société – Emmaüs France anticipe l’impact d’un gouvernement d’extrême droite via un journal-fiction
À l’approche des échéances électorales, Emmaüs France publie un journal d’anticipation pour alerter sur les conséquences concrètes de l’extrême droite au pouvoir.
Face au risque d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir, Emmaüs France a décidé de frapper les esprits. Le mouvement de solidarité a dévoilé ce jour une publication inédite, « Le journal de dans un an », une fiction dystopique décrivant la France de juin 2027 sous un gouvernement appliquant un programme d’extrême droite. Cette initiative, qualifiée d’« alerte » et d’« appel à la vigilance », fait suite à une motion historique votée lors de l’Assemblée Générale de l’association le 12 juin dernier, engageant le mouvement à documenter et dénoncer par anticipation les menaces pesant sur les libertés et les plus démunis.
Une dystopie fondée sur des propositions réelles
Le document, bien que fictif, n’est pas le fruit du hasard. Emmaüs France précise que chaque article est une extrapolation de prises de position et de propositions bien réelles formulées par l’extrême droite. L’objectif est de rendre tangible une menace perçue comme abstraite. « Ce journal est une fiction. Mais ce qu’il décrit est la mise en application concrète du projet que l’extrême droite dessine pour la France », explique l’organisation.
Le journal fictif dépeint un tour de vis sécuritaire avec le rétablissement des peines plancher et l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, créant une « poudrière » dans un système carcéral déjà en surpopulation (90 000 détenus pour 63 000 places). Il imagine également la privatisation de l’audiovisuel public, des coupes budgétaires drastiques pour la culture jugée « subversive » et un arrêt des projets d’énergies renouvelables.
Des conséquences économiques et sociales directes
Le journal met particulièrement en lumière l’impact des mesures sur les populations les plus vulnérables et sur l’économie. La mise en place de la « priorité nationale » exclurait les étrangers des aides sociales et des logements sociaux, menaçant de jeter « des milliers de familles à la rue ».
Une autre mesure phare, le plan « zéro sans-papiers », y est décrite à travers une vaste opération de contrôle dans des centres d’hébergement d’urgence, conduisant 800 personnes en rétention.
« Ces pratiques sont révoltantes et inhumaines. Nous avons le devoir d’accueillir dignement ! », y réagit le Président d’Emmaüs France.
Le journal-fiction souligne la forte opposition de syndicats patronaux, qui rappellent que des pans entiers de l’économie (bâtiment, restauration, aide à la personne) dépendent de la main-d’œuvre étrangère. « Ils veulent priver les Français d’ouvriers, de cuisiniers, d’éboueurs, de nounous et paralyser le pays entier ? », s’insurge un porte-parole patronal dans la publication.
Le tissu associatif et l’État de droit menacés
Enfin, la campagne d’Emmaüs France alerte sur les risques systémiques pour la société civile. Un article de la publication révèle un projet de décret conditionnant les subventions publiques à un « engagement de neutralité absolue », perçu comme un « chantage à la subvention » visant à museler les organisations de défense des droits.
Le journal relate aussi une attaque contre un centre d’accueil pour demandeurs d’asile par des militants identitaires, illustrant une libération de la violence.
« Ce qui est le plus glaçant, c’est leur sentiment d’impunité. […] Ils criaient qu’ils faisaient le boulot, que maintenant, la loi était de leur côté », y témoigne une travailleuse sociale.
En rendant ces scénarios concrets, Emmaüs France, par la voix de son président Bruno Morel et de son délégué général Tarek Daher, espère provoquer une prise de conscience. Comme le conclut le document : « Ce journal n’existe pas encore. Il ne tient qu’à nous qu’il n’existe jamais ».
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
