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PARIS : Sexualité – Le « queening », ou quand la femm…

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PARIS : Sexualité – Le « queening », ou quand la femme prend le pouvoir sur son plaisir

À l’approche du 8 mars, JOYclub décrypte le « queening », une pratique où la femme dirige son plaisir pour s’émanciper et combler l’écart orgasmique.

En cette année 2026, l’inégalité des sexes se niche encore dans l’intimité des chambres à coucher. C’est ce que les sociologues appellent « l’orgasm gap », ou le fossé orgasmique. Les statistiques sont têtues : selon une étude publiée en 2024 dans la revue *Sexual Medicine* portant sur près de 25 000 participants, les hommes hétérosexuels atteignent l’orgasme dans 70 à 85 % des rapports, contre seulement 46 à 58 % pour leurs partenaires féminines. Un écart de près de 30 points qui ne relève pas de la biologie, puisque les femmes homosexuelles, elles, atteignent le plaisir ultime dans 86 % des cas.

C’est dans ce contexte que JOYclub (https://www.joyclub.fr), importante communauté sexpositive européenne, met en avant une pratique qui symbolise la réappropriation du corps féminin à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes : le « queening », ou « facesitting ».

Renverser littéralement les codes établis

Le terme « queening » (faire la reine) n’est pas anodin. Il désigne une position où la femme s’assoit sur le visage de son partenaire pour être stimulée oralement. Loin d’être une simple acrobatie du Kama Sutra, cette pratique inverse la dynamique traditionnelle où l’homme est souvent perçu comme l’acteur principal et la femme comme la receveuse passive.

Ici, la femme est littéralement au-dessus. Elle décide du rythme, de l’angle, de la pression et de l’intensité. Son partenaire, allongé sur le dos, se met au service de son plaisir. Cette configuration permet non seulement une stimulation précise, souvent difficile à obtenir lorsque l’on doit guider l’autre verbalement, mais elle incarne aussi un changement de paradigme : la jouissance féminine devient le centre de l’action.

Un éventail de sensations

La pratique se décline en plusieurs variantes, allant du « facesitting tendre », où le partenaire garde les mains libres pour caresser d’autres zones et respire aisément, à des versions plus intenses où la liberté de mouvement est restreinte. Certaines adeptes préfèrent le contact de la peau, tandis que d’autres intègrent des textiles comme le jean ou la dentelle pour jouer sur les textures. Qu’il soit pratiqué face au partenaire pour maintenir un contact visuel ou dos à lui pour un abandon total, le queening répond à une quête de sensations nouvelles.

« J’ai l’impression de reprendre le contrôle sur mon désir »

Au-delà de la technique, c’est l’impact psychologique et émotionnel qui séduit. Luciole, âgée de 35 à 40 ans et en couple, livre un témoignage éclairant sur sa découverte de cette pratique, illustrant le cheminement de l’appréhension vers l’acceptation de son propre plaisir.

« C’est mon partenaire qui m’en a parlé, à l’époque on ne savait pas qu’il y avait un nom officiel à cette pratique ! Au début, j’avais peur de lui faire mal, peur d’être trop « relâchée » dans cette position et de ne pas avoir assez de contrôle sur mon corps, peur que la vue le dégoûte.

Lorsque pour la première fois j’ai osé venir m’asseoir sur sa tête, j’étais assez tendue mais très vite, le voir si excité m’a permis de me détendre et de profiter du moment et… Quel pied ! J’ai découvert de nouvelles sensations, je contrôlais mon plaisir.

Ce qui me plaît le plus ? J’ai l’impression de reprendre le contrôle sur mon désir. Ce sont des sensations bien différentes que lors d’un cunnilingus classique. Et c’est d’autant plus excitant que je sais que mon partenaire adore.

Je pense aimer mon corps un peu plus, et je me sens plus au contrôle de mon propre plaisir. Je suis plus active au lit, et hésite moins à parler de ce qui me fait du bien.

Mon conseil ? Parlez-en avec votre partenaire ! Il faut que les deux soient prêts à se lancer. Et si vous en avez envie tous les deux mais que vous avez un peu peur, allez-y progressivement !

La vie est courte, profitons ! Nous avons encore tant à apprendre sur le plaisir, surtout celui des femmes. Soyons ouverts et respectueux ».

Une parole qui se libère

Pour Eva Joy, Community Manager de la plateforme, l’émergence de ce sujet dans le débat public est un signe des temps. « Le queening, comme d’autres pratiques longtemps taboues, sort de l’ombre parce que les femmes osent en parler, l’assumer, le revendiquer », explique-t-elle.

Cette libération de la parole s’accompagne d’une nécessité de pédagogie. Pour les couples souhaitant explorer cette voie, la communication reste la clé de voûte. Il est recommandé de définir des signaux clairs (comme une tape sur la cuisse pour marquer une pause) et de procéder par étapes, en commençant par exemple par s’asseoir légèrement au-dessus du visage en gardant son poids sur les genoux.

En 2026, le droit au plaisir s’affirme plus que jamais comme une composante essentielle de l’émancipation, rappelant que l’égalité passe aussi par la liberté des corps.