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PARIS : Sergio FICARA : « Protéger un ERP, c’est protéger la mémoire de l’entreprise »
Face à la multiplication des cyberattaques ciblant les logiciels de gestion intégrés, Sergio Ficara d’Eureka Solutions décrypte les vulnérabilités de ces « cœurs numériques » et livre les clés d’une stratégie de défense indispensable pour la survie des PME.
Considéré comme la colonne vertébrale de l’organisation, l’ERP (*Enterprise Resource Planning*) centralise la comptabilité, la production, la gestion commerciale et les ressources humaines. Si cette concentration des données optimise la performance, elle constitue également un point de fragilité critique. Pour Sergio Ficara, expert chez Eureka Solutions, le constat est clair : « Un système ERP compromis, c’est potentiellement toute la chaîne de valeur qui vacille : production, logistique, facturation, gestion client ».
Une cible privilégiée pour les hackers.
La transformation numérique a paradoxalement accru les risques. Autrefois isolés, les ERP modernes sont désormais interconnectés via des API à une multitude d’outils externes, du CRM aux plateformes e-commerce. « Chaque interface représente un point potentiel de vulnérabilité », prévient Sergio Ficara. Cette surface d’exposition élargie attire des groupes criminels organisés, qui déploient des ransomwares spécifiquement conçus pour paralyser ces systèmes vitaux.
L’objectif des attaquants est simple : franchir la « porte du coffre-fort numérique » pour chiffrer les données ou exercer un chantage. Les conséquences financières et opérationnelles peuvent être désastreuses, allant de l’arrêt complet de l’activité à une perte durable de crédibilité auprès des partenaires.
L’erreur humaine et les droits d’accès en cause.
Contrairement aux idées reçues, les failles ne sont pas uniquement logicielles. Elles résultent souvent d’une gestion approximative des accès. « La première erreur réside dans une gestion trop large des autorisations », note l’expert. Par facilité, des utilisateurs disposent parfois de droits étendus inutiles à leur fonction, violant le principe de sécurité élémentaire du « moindre privilège ».
L’absence de segmentation du réseau constitue une autre faiblesse majeure. Si l’ERP est connecté au reste du réseau sans cloisonnement, une simple intrusion sur un poste utilisateur peut permettre au pirate d’atteindre les serveurs critiques. De même, le manque de surveillance des journaux d’activité (logs) laisse passer inaperçus des comportements anormaux, comme des connexions à des horaires atypiques.
Surveillance, sauvegarde et mises à jour.
Pour Eureka Solutions, la sécurisation de l’ERP ne doit pas être une option technique mais une démarche globale de gestion du risque. Cela commence par une hygiène informatique rigoureuse : suppression immédiate des comptes inactifs et généralisation de l’authentification multifactorielle (MFA).
La résilience passe aussi par la capacité à restaurer les données. « Une copie quotidienne, stockée sur un support isolé et testé régulièrement, garantit la possibilité de restaurer rapidement le système en cas d’incident », insiste Sergio Ficara. Trop d’entreprises réalisent encore trop tard que leurs sauvegardes sont corrompues ou incomplètes.
Enfin, la maintenance logicielle est impérative. Reporter l’installation des correctifs de sécurité revient à laisser une porte ouverte connue des attaquants. « La cybersécurité d’un ERP repose sur la lucidité et la constance », conclut l’expert. Dans un environnement où la donnée est reine, la protection de l’outil de gestion devient un impératif de compétitivité et de confiance.

