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PARIS : Sarah ZITOUNI : « Apprendre à dire merci est un act…

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PARIS : Sarah ZITOUNI : « Apprendre à dire merci est un acte de leadership »

Sarah Zitouni, experte en carrières féminines, analyse ce réflexe de modestie qui pénalise les femmes et livre des clés pour s’en affranchir.

« Je n’ai fait que mon travail », « Ce n’est pas grand-chose », « J’ai juste eu de la chance ». Ces phrases, souvent perçues comme des marques de modestie, cachent en réalité un mécanisme profond qui freine la progression professionnelle de nombreuses femmes : la difficulté à reconnaître et à accepter leur propre valeur. Pour Sarah Zitouni, fondatrice de PowHER Ta Carrière, ce phénomène n’est pas anecdotique mais le symptôme d’un conditionnement social aux conséquences durables.

Ancienne plus jeune directrice de la stratégie dans l’industrie automobile chez Volvo, Sarah Zitouni a elle-même déjoué les pronostics. Issue d’un milieu populaire, elle a gravi les échelons d’un secteur traditionnellement masculin en décodant les règles implicites du pouvoir. Aujourd’hui, elle met son expertise au service des femmes pour transformer leur ambition en un levier de performance. « On apprend très tôt aux femmes à être compétentes mais discrètes, performantes mais modestes. Résultat : lorsqu’elles reçoivent une reconnaissance, elles cherchent souvent à la justifier, à la partager ou à la minimiser au lieu de l’accepter pleinement », analyse-t-elle.

Le coût invisible de la modestie

Ce réflexe d’auto-minimisation se manifeste au quotidien par des comportements qui, bien que semblant anodins, sapent la confiance et la crédibilité. Attribuer une réussite à la chance plutôt qu’aux compétences, détourner un compliment vers l’ensemble de l’équipe sans s’approprier sa part, ou encore répondre par une formule dépréciative face à des félicitations sont autant de signaux négatifs envoyés à sa hiérarchie et à soi-même.

Ces habitudes nourrissent le syndrome de l’imposteur, fragilisent l’estime de soi et, plus concrètement, limitent la capacité à négocier une augmentation, à briguer une promotion ou à accepter de nouvelles responsabilités. En refusant de s’approprier leurs succès, les femmes entravent involontairement leur propre visibilité et leur valorisation au sein de l’entreprise.

Accepter un compliment, un exercice de leadership

Selon Sarah Zitouni, apprendre à recevoir la reconnaissance est un véritable acte de leadership, une compétence qui se travaille. Elle propose des reformulations simples mais puissantes pour remplacer les réflexes d’auto-sabotage.

Ainsi, lorsqu’un manager félicite une performance, au lieu de répondre « Je n’ai fait que mon travail », elle suggère un simple et assuré « Je te remercie de ta remarque ». De même, face à des félicitations, remplacer le classique « Merci, mais ce n’est pas grand-chose » par « Merci, c’était vraiment important pour moi de réussir ! » change radicalement la perception. Enfin, à un collègue faisant un retour positif, il est préférable de dire « Merci de prendre le temps de me dire ce que tu penses de mon travail » plutôt que de minimiser par un « Oh tu exagères, j’ai eu de la chance ! ».

« Reconnaître son mérite ne signifie pas être arrogante. Cela signifie simplement accepter la réalité de son travail et de ses compétences », insiste la fondatrice de PowHER Ta Carrière.

Un enjeu stratégique pour la carrière

À travers sa plateforme, Sarah Zitouni accompagne des milliers de femmes à déconstruire ces mécanismes pour reprendre le contrôle de leur trajectoire professionnelle. L’enjeu est de taille, car derrière un simple mot se cache toute une posture face à la réussite. Apprendre à dire « merci » sans justification ni excuse est souvent la première étape pour construire une confiance solide et obtenir une juste reconnaissance de sa contribution.

« Personne ne vous fait un compliment au travail par hasard. Lorsque vous le refusez ou le minimisez, vous envoyez un message aux autres mais aussi à vous-même : que votre réussite ne compte pas vraiment. Apprendre à dire simplement « merci » est souvent le premier pas vers une plus grande confiance et une meilleure valorisation de son travail », conclut Sarah Zitouni. Un changement de paradigme essentiel pour l’égalité professionnelle.

via Press Agence.