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PARIS : Sarah KNAFO : « Je suis l’adversaire numéro 1 du bilan Hidalgo »

Sarah Knafo riposte aux critiques d’Emmanuel Grégoire en ciblant sévèrement la gestion financière et l’endettement actuel de la capitale.

La campagne pour la Mairie de Paris prend une tournure résolument offensive en ce début d’année 2026. Alors que la candidate Sarah Knafo a récemment diffusé une vidéo intitulée « Le Casse du siècle », dénonçant le bilan de l’actuelle municipalité et « 25 ans de socialisme », la réaction ne s’est pas fait attendre du côté du Parti Socialiste. Emmanuel Grégoire, candidat PS, a vivement critiqué cette production sur les réseaux sociaux. Une attaque à laquelle Sarah Knafo a souhaité répondre point par point ce lundi 16 février, déplorant au passage l’impossibilité de répondre directement à son adversaire qui, selon elle, « bloque toujours [ses] commentaires ».

Une bataille de fond sur la solvabilité de la ville

Au cœur de cette passe d’armes numérique figure la notation financière de la ville de Paris par l’agence Standard & Poor’s (S&P). Emmanuel Grégoire met en avant cette notation comme un gage de bonne gestion, une interprétation que Sarah Knafo conteste radicalement. Pour la candidate, brandir cette note « comme un trophée » relève « soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi ».

Elle développe une argumentation technique distinguant la solvabilité de la gestion réelle. « S&P évalue la solvabilité de long terme, pas la bonne gestion », précise-t-elle.

D’après son analyse, la capacité théorique de Paris à rembourser ses 10 milliards d’euros de dette — un montant qu’elle affirme avoir doublé depuis 2014 — repose sur deux leviers drastiques : la liquidation du patrimoine municipal, estimé à 47 milliards, ou l’augmentation de la pression fiscale.

Sarah Knafo interpelle directement l’ancien adjoint au budget : « Vous ne comptez pas vendre le patrimoine municipal pour rembourser la dette, n’est-ce pas ? Alors peut-être comptez-vous encore faire les poches des Parisiens ? ». Elle rappelle à ce titre la hausse significative de 52% de la taxe foncière survenue sous la précédente mandature.

Le coût réel de la dette pour les contribuables

Au-delà de la notation, la candidate insiste sur le poids quotidien de cet endettement pour les finances locales. Elle souligne qu’être solvable n’annule pas le coût du service de la dette, qui s’élève désormais à « 500 millions d’euros annuels ».

« Ce sont les agences qui paient les 500 millions d’euros annuels du coût de la dette ? Non, ce sont les Parisiens », martèle Sarah Knafo.

Elle rejette l’idée que la solvabilité soit une justification pour creuser davantage le déficit, estimant que ce sont in fine les contribuables parisiens qui subissent les conséquences de ces choix budgétaires à travers l’explosion de la taxe foncière.

La controverse de la note « A+ »

Sur le plan purement financier, Sarah Knafo accuse Emmanuel Grégoire de véhiculer des contrevérités concernant la note attribuée à la capitale.

Alors que le candidat socialiste affirme que Paris détient « la meilleure note possible », supérieure à celle du pays, sa rivale oppose une règle fondamentale de la finance publique : le plafond souverain.

« Aucune collectivité française ne peut être notée au-dessus de l’État. C’est une règle de base », rappelle-t-elle.

Elle précise que Paris est actuellement notée « A+ », une note dégradée par S&P en octobre dernier, s’alignant strictement sur celle de la France. Pour la candidate, « se féliciter d’une note plafonnée par la situation nationale elle-même catastrophique » constitue un « terrible aveu d’ignorance » de la part d’un candidat briguant la mairie.

Les alertes de la Chambre Régionale des Comptes

Pour étayer son propos et sortir de la communication politique, Sarah Knafo s’appuie sur les rapports de la Chambre Régionale des Comptes (CRC), qu’elle considère comme le véritable baromètre de la santé financière de la ville.

Elle dresse un tableau sombre de la situation comptable : une dette multipliée par deux depuis 2014 atteignant la barre des 10 milliards, des intérêts annuels en augmentation de 40 millions d’euros depuis 2019, et des dépenses de fonctionnement qui ont bondi de 13% depuis 2021.

« Qui peut regarder ces chiffres et parler de bonne gestion, à part un mauvais gestionnaire qui cherche à se dédouaner ? », interroge-t-elle.

Un duel politique qui s’intensifie

En conclusion de cette réponse publique, Sarah Knafo réaffirme sa position d’opposante frontale. « Votre objectif est de communiquer […] sur une note de Standard & Poor’s. Le mien est de rendre leur argent aux Parisiens », déclare-t-elle, qualifiant Emmanuel Grégoire de « défenseur n°1 » du bilan d’Anne Hidalgo.

La candidate, qui appelle ses soutiens à partager sa réponse sur les réseaux sociaux, conclut sur une note sévère quant aux compétences budgétaires de son adversaire : « Notre argent fut définitivement mal utilisé. Vivement que vous quittiez la Mairie ! ». Une déclaration qui laisse présager une campagne particulièrement âpre sur les questions économiques dans les semaines à venir.