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PARIS : Sapiendo – Quelle retraite pour nos sportifs ?

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PARIS : Sapiendo – Quelle retraite pour nos sportifs ?

À l’approche des Jeux Olympiques d’été de 2024, la fintech Sapiendo, spécialiste du conseil retraite, fait le point sur la retraite des quelques 5 473¹ sportifs de haut niveau français et propose un cas pratique.

Le saviez-vous ? Un sportif de haut niveau (SHN) est reconnu comme tel lorsqu’il est inscrit sur les listes ministérielles « Élite », « Senior », « Reconversion » ou « Relève / Jeunes ». Son nom est proposé par les fédérations professionnelles et validé par le ministère des Sports².

Valérie Batigne, dirigeante de Sapiendo souligne, « Atteindre le niveau de sportif de haut niveau exige des sacrifices, y compris pour les droits de retraite, surtout dans les sports non-professionnels particulièrement mis en avant aux Jeux Olympiques. La durée des carrières sportives varie selon les disciplines et après, les athlètes entament une seconde carrière, qui diffère grandement d’un individu à l’autre. Préparer sa retraite peut s’avérer un véritable casse-tête pour nombre d’entre eux ».

Sportifs de haut niveau « stars » : des carrières dorées mais des retraites très souvent complexes

Parlons d’abord des stars : les membres des équipes de France masculines de football et de handball, les coureurs du Tour de France, les judokas et nageurs olympiques titrés… Ces athlètes de haut niveau, souvent professionnels, cotisent et acquièrent des trimestres pour leur retraite comme les salariés classiques.
Après leur carrière sportive, ils parviennent généralement à se reconvertir facilement grâce à leur notoriété.
Cependant, la complexité de leur parcours, combinant divers statuts et employeurs, peut rendre la gestion de la retraite délicate, d’où l’importance d’une préparation minutieuse avec des professionnels du sujet.

Le saviez-vous ? La reconversion professionnelle n’est pas simple pour tous. Même quand on a fait une carrière de footballeur professionnel, sport le plus médiatisé au monde, les choses peuvent ne pas être faciles. Un rapport du principal syndicat des footballeurs en Angleterre, Xpro, estime que jusqu’à 40 % des joueurs sont ruinés cinq ans après la fin de leur carrière sportive !

Sportifs de haut niveau « amateurs » et/ou moins sous les feux de la rampe

Toutefois, rares sont les sportifs de haut niveau qui jouissent d’une notoriété internationale, surtout lorsqu’ils s’illustrent dans un sport peu médiatisé, ceux-ci ne vivent pas de leur sport et se trouvent souvent sous le seuil de pauvreté. Ainsi, 4 sportifs de haut niveau sur 10 gagnent moins de 500 € par mois⁵ tout compris. Pour eux, la préparation de la retraite peut rapidement devenir un vrai défi car leurs revenus ne leur permettent pas toujours de valider les sacro-saints 4 trimestres par an.

Pour répondre à ce constat, l’État français a mis en place en 2012 un dispositif spécial qui leur attribue des trimestres « gratuits » (non-cotisés) jusqu’à 4 trimestres par an, et avec une limite portée à 32 trimestres (soit 8 ans) par la réforme de 2023. Auparavant, la limite était de seulement 16 trimestres. Il faut pour cela remplir les conditions suivantes :

Être inscrit(e) sur la liste ministérielle des sportifs de haut niveau,
Être âgé(e) d’au moins 20 ans,
Justifier de ressources inférieures à 75 % du PASS (34 776 € en 2024), tous revenus confondus,
Ne pas avoir déjà cotisé 4 trimestres au régime de retraite de base.
Cette dernière condition suppose que si un sportif gagne plus de 600 fois le SMIC horaire annuellement, (6.990 € brut), incluant le sponsoring, il valide ses 4 trimestres de retraite sans aide supplémentaire.

Seuls environ 500 sportifs, soit moins de 10% des SHN, profitent de ce dispositif chaque année.

Le saviez-vous ? À l’occasion des Jeux Olympiques de Paris, des primes seront accordées aux médaillés : 80 000 € pour l’or, 40 000 € pour l’argent et 20 000 € pour le bronze. Des primes qui seraient « assimilées à des salaires » et imposées au titre de l’impôt sur le revenu⁴.
On peut alors se demander si ces primes feraient également l’objet de cotisations sociales, et notamment retraite ?

Notons que ce dispositif n’est pas rétroactif. Ainsi, les anciennes générations de sportifs (avant 2012) peuvent avoir intérêt à racheter des trimestres pour atteindre leur âge de taux plein plus rapidement et avoir ainsi une retraite calculée sans décote.

Les sportifs de haut niveau peuvent obtenir des trimestres de retraite mais pas de points complémentaires, ce qui est limitatif. Travailler en parallèle, en utilisant des dispositifs comme la convention d’insertion professionnelle (CIP) et les aides de l’État, est conseillé pour sécuriser à la fois les trimestres et les points de retraite complémentaire.

Simulation retraite avec et sans bénéfice des trimestres gratuits SHN

Prenons l’exemple de Raphaël, champion multimédaillé de tir à l’arc. Né le 1er janvier 1994, il demande à rejoindre la liste ministérielle des SHN en 2012, à ses 18 ans. Il devra attendre ses 20 ans, soit 2014, pour bénéficier du dispositif spécial d’acquisition de trimestres gratuits.

De ses 20 à ses 23 ans, il poursuit ses études en parallèle de sa pratique sportive. Ne travaillant pas, il va pouvoir bénéficier des 4 trimestres gratuits/an, car il n’a aucune rémunération.
De ses 24 à ses 29 ans, il rejoint une entreprise en tant que chargé de marketing. Pour que son activité sportive soit compatible avec son nouveau métier, il est à temps partiel. Il va ainsi valider ses 4 trimestres retraite par an et n’est plus éligible au dispositif spécial SHN parce qu’il gagne plus de 75% du PASS.
À ses 30 ans, qui marquent la fin de sa carrière sportive, il devient coach sportif salarié et cotise normalement pour sa retraite
À quel âge Raphaël partira-t-il à la retraite, et avec quelle pension ?

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