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PARIS : Santé publique – L’inclusion sportive face au tabou des maladies de peau

Face au constat alarmant de l’auto-exclusion de près de 20 millions de Français, la Fédération Française Sports pour Tous, la Fédération Française de la Peau et la biotech Incyte lancent ce mardi un partenariat national inédit pour adapter les structures sportives aux pathologies visibles.

C’est un problème de santé publique qui dépasse largement le cadre des gymnases. En France, une personne sur trois vit avec une maladie de peau (eczéma, psoriasis, vitiligo, etc.). Pour cette part immense de la population, l’accès au sport ne se heurte pas uniquement à des limites physiques, mais à une barrière sociétale invisible et pourtant infranchissable : le regard des autres. Ce mardi 3 février 2026, trois acteurs majeurs officialisent une alliance stratégique pour transformer l’approche du « sport-santé » et faire de l’inclusion dermatologique une priorité.

Le coût social de l’exclusion

L’enjeu dépasse la simple pratique amateur. Il s’agit de lutter contre un isolement social qui pèse sur la santé mentale des patients et, par extension, sur le système de santé. La peur des vestiaires, la crainte des remarques désobligeantes ou la méconnaissance des douleurs liées à la transpiration poussent des millions d’individus à renoncer à toute activité physique.

« Pour beaucoup de personnes atteintes de maladies de peau, le sport n’est pas seulement un effort physique : c’est une épreuve « globale », à la fois sociale et médicale », analyse Stéphanie Merhand, présidente de la Fédération Française de la Peau (https://www.francepeau.com/).

Cette stigmatisation entraîne un cercle vicieux : l’absence d’activité physique aggrave souvent les comorbidités et le mal-être psychologique. « Le regard des autres, la stigmatisation, ou la méconnaissance de leurs contraintes peuvent générer du stress, favoriser l’isolement », ajoute Mme Merhand.

Adapter l’offre sportive : un défi structurel

Pour répondre à cette problématique, le partenariat propose une approche systémique. Il ne s’agit plus de demander au patient de s’adapter, mais de modifier l’environnement d’accueil. Cette démarche s’apparente à une mise à niveau des compétences au sein des clubs sportifs, transformant l’inclusion en standard de qualité.

Le dispositif repose sur la formation des éducateurs sportifs, souvent démunis face à ces pathologies, et sur la création d’un réseau de « Clubs volontaires ». « Intégrer un réseau de santé nous permet de répondre à cet engagement et d’asseoir notre expertise en matière de sport santé bien-être auprès des publics les plus vulnérables », souligne Betty Charlier, présidente de la Fédération Française Sports pour Tous (www.sportspourtous.org).

L’engagement du secteur privé dans la santé globale

La présence d’Incyte (https://incyte.fr/), société biopharmaceutique internationale spécialisée notamment en dermatologie, dans ce trio souligne une évolution de la responsabilité des entreprises de santé. Au-delà du traitement médicamenteux, l’industrie s’implique désormais dans le parcours de vie global du patient.

« La santé ne se limite pas au traitement. Elle se joue aussi dans la capacité de chacun à participer pleinement à la vie sociale, à se sentir à sa place et à rester en mouvement », précise Aurélie Lescarret, Directrice générale adjointe d’Incyte France.

Ce programme national, qui vise également à sensibiliser le grand public pour déconstruire les préjugés, s’inscrit comme un levier concret de cohésion sociale, rappelant que l’accessibilité des territoires se joue aussi dans les mentalités.