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PARIS : Santé publique – 83 % des patients atteints d’une maladie rénale l’ignorent

À l’approche de la Journée nationale du rein, les laboratoires Biogroup alertent sur le sous-diagnostic massif des maladies rénales en France.

À l’occasion de la Journée nationale du rein qui se tient ce 12 mars, un constat clinique préoccupant est mis en lumière concernant l’insuffisance rénale chronique. Les données issues de la dernière campagne nationale de dépistage menée en 2025 par les laboratoires Biogroup révèlent une méconnaissance massive de cette pathologie par les personnes qui en sont atteintes. Selon les résultats communiqués, 83 % des patients présentant une altération de leur fonction rénale ignoraient totalement leur situation avant de procéder à une analyse biologique.

Une pathologie fréquente mais strictement invisible

Les maladies rénales chroniques constituent un enjeu de santé publique majeur qui évolue à bas bruit. En France, près d’une personne sur dix présente une atteinte rénale, ce qui représente environ six millions d’individus à l’échelle nationale. Ce chiffre particulièrement élevé illustre une prévalence deux fois supérieure à celle du diabète, d’après les données d’une étude de Santé publique France publiée en 2019.

La principale difficulté liée à cette pathologie réside dans son caractère totalement asymptomatique durant ses premiers stades de développement. La maladie rénale chronique s’installe de manière très progressive, sans provoquer la moindre douleur ni le moindre signe clinique évident pour le patient. Les personnes atteintes d’hypertension artérielle ou de diabète présentent un risque considérablement accru. Pourtant, même au sein de ces populations identifiées comme vulnérables, la surveillance régulière de la fonction rénale n’est pas toujours intégrée au parcours de soin habituel.

« Le rein ne fait pas mal. Il ne donne pas d’alerte précoce. Un simple dosage sanguin permet pourtant d’estimer la fonction rénale et d’en parler avec son médecin. Ce sont des gestes simples, mais déterminants », explique le Dr Nicolas Roquigny, biologiste médical et responsable des affaires publiques chez Biogroup.

Le bilan détaillé du dépistage national

Face à ce déficit de diagnostic précoce, lors de l’année 2025, 20 649 patients ont bénéficié gratuitement d’un dosage sanguin de la créatinine dans les laboratoires du réseau Biogroup à travers le territoire national. Sur cet échantillon, les biologistes ont détecté une anomalie rénale potentielle chez 1 470 personnes, permettant ainsi de les alerter et de les orienter vers une prise en charge médicale adaptée.

Cette démarche de détection n’est pas nouvelle. Initiée il y a cinq ans, l’opération a d’ores et déjà permis de tester gratuitement près de 100 000 patients depuis son lancement. Chaque année, ce dispositif met en évidence des altérations biologiques inconnues, souvent chez des individus qui s’étaient présentés pour des examens prescrits pour des motifs n’ayant aucun lien avec la sphère rénale.

« Nous voyons chaque jour des milliers de patients. Cette proximité nous donne une responsabilité : celle de mesurer, d’interpréter et d’alerter si nécessaire. La biologie médicale est un maillon discret mais essentiel du parcours de soins », poursuit le Dr Nicolas Roquigny.

Un gouffre financier et un lourd tribut humain

L’absence de symptômes perceptibles conduit à des diagnostics tardifs, avec des conséquences lourdes pour les finances publiques. Selon un rapport thématique de la Cour des comptes datant de 2020, cette pathologie représente environ 2,5 % des dépenses globales de l’Assurance maladie, alors qu’elle ne concerne que 0,15 % des assurés sociaux. Ce déséquilibre financier s’explique par le coût très élevé et la lourdeur des traitements requis lorsque la maladie atteint un stade avancé.

Le constat est tout aussi alarmant sur le plan médical. Près de 30 % des patients qui doivent débuter un protocole de dialyse découvrent l’existence de leur maladie rénale au moment précis où ils doivent entamer ce traitement de substitution, selon les données 2023 du registre de l’Agence de la biomédecine. La dialyse représente en effet l’un des traitements chroniques les plus exigeants de notre système de santé. Elle requiert une mobilisation de ressources importantes, s’inscrit dans un temps long, et altère de manière significative la qualité de vie des malades.

Un repérage effectué en amont permettrait d’adapter le suivi médical, de freiner la progression de la dégradation rénale et d’éviter l’apparition de complications invalidantes.

« La France excelle dans la prise en charge des pathologies avancées. Mais nous devons encore progresser dans la culture de prévention. Détecter plus tôt, c’est donner du temps médical », souligne le Dr Nicolas Roquigny. Ce dernier insiste sur la valeur ajoutée des professionnels de laboratoire : « Notre métier ne s’arrête pas à produire un chiffre. Nous interprétons les résultats, nous alertons si nécessaire et nous orientons vers le médecin traitant. La biologie médicale est un acteur clé du parcours de soins ».

Un maillage territorial dédié à la détection

Le réseau Biogroup, qui porte cette initiative préventive, illustre le poids de la biologie médicale en France. Fondée en Alsace en 1998, cette entreprise médicale est devenue un acteur majeur du diagnostic en Europe. Dirigé exclusivement par des professionnels de santé, le groupe rassemble aujourd’hui plus de 900 laboratoires d’analyses médicales répartis sur l’Hexagone, tout en étant implanté en Belgique, au Luxembourg, en Espagne et au Portugal. Avec un effectif mobilisant plus de 10 000 collaborateurs et 1 000 biologistes, ces structures accueillent quotidiennement plus de 100 000 patients, constituant un poste d’observation privilégié pour la prévention.