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ABIDJAN : Santé publique – Un soutien majeur de la BAD pour sécuriser les systèmes sanitaires d’Afrique australe
Le Fonds africain de développement octroie 9,57 millions de dollars à la SADC pour renforcer la réponse aux urgences sanitaires dans la région.
C’est une décision stratégique pour la sécurité sanitaire du continent africain. Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement, réuni à Abidjan (Côte d’Ivoire), a approuvé ce mardi 3 mars 2026 un financement significatif destiné aux pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Ce don de 9,57 millions de dollars américains vise à déployer le « Projet de systèmes de santé résilients pour la préparation aux situations d’urgence ».
Cet appui financier, issu du guichet de prêts à taux concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (https://www.AfDB.org), a pour objectif premier de combler les lacunes structurelles des dispositifs de santé dans cette zone géographique vaste et complexe.
Une réponse aux vulnérabilités chroniques
La région de l’Afrique australe fait face à des défis sanitaires multiples qui nécessitent une approche coordonnée. Les systèmes de santé locaux sont régulièrement mis à l’épreuve par des crises récurrentes. Kennedy Mbekeani, directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, dresse un constat lucide de la situation sur le terrain.
« Cette opération vise à remédier à la fragilité persistante des systèmes de santé de la SADC, caractérisés par une vulnérabilité aux débordements zoonotiques et aux épidémies de choléra, des taux élevés de malnutrition et des ressources humaines limitées, ainsi qu’une faible préparation aux situations d’urgence », a indiqué Kennedy Mbekeani.
Pour l’institution financière, il s’agit d’appliquer une « théorie du changement » où la montée en compétence du personnel devient le levier principal pour prévenir, détecter et répondre aux crises, qu’elles soient d’ordre épidémique, nutritionnel ou climatique.
Modernisation des infrastructures et laboratoires
Le projet finance concrètement la rénovation et l’équipement de laboratoires de diagnostic, ainsi que des structures de surveillance des eaux usées et de l’environnement dans six pays bénéficiaires. L’ambition est de créer un maillage territorial performant capable d’identifier les menaces avant qu’elles ne deviennent incontrôlables.
Parmi les initiatives phares, le projet prévoit la modernisation de l’Instituto Nacional de Saúde au Mozambique. L’objectif est de transformer cet établissement en un laboratoire régional de référence. Le Lesotho bénéficiera quant à lui d’un soutien spécifique pour sa banque de sang nationale.
La coopération transfrontalière est également au cœur du dispositif avec la mise en place d’un cadre régional pour des laboratoires modèles. Une unité mobile transfrontalière sera notamment déployée sur deux points stratégiques situés à la frontière entre le Mozambique et le Zimbabwe, zones névralgiques pour le contrôle des flux de populations et des potentiels vecteurs de maladies.
Formation et approche « Une seule santé »
Au-delà des murs et du matériel, le financement met l’accent sur le capital humain. Le projet intègre le renforcement des capacités de 449 professionnels, incluant des agents de laboratoire, des agents de santé communautaires et des formateurs. Une attention particulière est portée à l’inclusion, puisque ce contingent comprendra 269 femmes.
Les modules pédagogiques s’appuieront sur des approches adaptées intégrant les questions de genre, les défis liés au changement climatique et l’approche globale « Une seule santé » (One Health), qui lie la santé humaine, animale et environnementale.
Le volet nutritionnel n’est pas en reste. Environ 35 coordinateurs nutritionnels, dont 21 femmes, issus d’établissements spécialisés, suivront une formation certifiante sur la gestion de la nutrition en situation d’urgence. À terme, l’élaboration de programmes de formation révisés devrait profiter à environ 240 étudiants chaque année. Cette dynamique vise à constituer un vivier régional durable d’experts qualifiés, capables d’intervenir rapidement lors de crises humanitaires.

