PARIS : Santé des dirigeants – Le baromètre 2025 révè…
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PARIS : Santé des dirigeants – Le baromètre 2025 révèle une dégradation préoccupante
Une étude de la Fondation MMA et Bpifrance Le Lab révèle une nette baisse de la santé physique et mentale des patrons de PME et ETI.
La santé des dirigeants d’entreprise français se fragilise. C’est le constat alarmant dressé par la 11ème édition du baromètre sur la santé physique et mentale des dirigeants de TPE, PME et ETI, une étude menée par la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab. Réalisée en mai 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1 515 chefs d’entreprise, l’enquête met en lumière une érosion significative du bien-être des décideurs, un an après des chiffres déjà jugés préoccupants.
Une santé mentale et physique en berne
Si une majorité de dirigeants (85 %) se déclare encore en « bon état de santé » général, ce chiffre marque une baisse notable de 5 points par rapport à 2024. La véritable chute concerne cependant le bien-être psychologique. Seuls 68 % des répondants estiment être en « bonne forme psychologique », soit une dégringolade de 8 points en une seule année. L’anxiété et le stress semblent s’installer durablement au sommet des entreprises.
Cette dégradation se traduit par une augmentation spectaculaire des troubles physiques et psychologiques. En 2025, 82 % des dirigeants déclarent souffrir de douleurs ou de troubles, un bond de 11 points par rapport à l’année précédente. Un dirigeant sur cinq seulement (18 %) se dit exempt de tout mal.
Explosion des troubles chroniques et renoncement aux soins
Dans le détail, le trio de tête des maux les plus cités illustre parfaitement la pression subie : le mal de dos (52 %), les troubles anxieux (stress, angoisse) (48 %) et les troubles du sommeil (48 %) sont désormais le lot de près d’un dirigeant sur deux. Tous ces indicateurs affichent une hausse constante depuis plusieurs années, témoignant d’une tendance de fond inquiétante.
Face à cette situation, l’accès aux soins devient paradoxalement un problème. Le baromètre révèle qu’une part importante des dirigeants néglige sa santé. Près des deux tiers (60 %) n’admettent consulter un médecin qu’en cas de problème avéré, délaissant toute approche préventive. Plus grave encore, un dirigeant sur trois (33 %) avoue avoir renoncé au moins une fois à une consultation médicale au cours des 12 derniers mois. Les raisons invoquées sont un symptôme direct de la charge de travail : le manque de temps (68 %) et la nécessité de privilégier l’activité professionnelle (34 %).
Des consommations à risque comme exutoire
L’étude met également en lumière une hausse des comportements à risque, potentiellement utilisés comme exutoires. Plus d’un dirigeant sur deux (54 %) consomme de l’alcool, et un sur cinq (21 %) du tabac. Si la consommation d’alcool est majoritairement hebdomadaire (65 %), près d’un consommateur sur cinq (18 %) déclare boire plus de 8 verres par semaine, un seuil considéré à risque. Certains secteurs comme la construction (65 % de consommateurs d’alcool) et l’hôtellerie-restauration apparaissent particulièrement touchés.
Ces chiffres alarmants corroborent les analyses de terrain d’acteurs de l’accompagnement. Olivier de Fougeroux, Directeur Général de Finaxim, un groupe spécialisé dans les ressources humaines à temps partagé, constate une hausse des demandes de soutien de la part de ces dirigeants. « Ils cherchent de plus en plus des compétences opérationnelles mais aussi des partenaires de confiance capables de les épauler dans la durée », analyse-t-il. Face à une charge mentale et décisionnelle toujours plus lourde, le recours à un regard extérieur devient pour beaucoup une nécessité, non seulement pour la performance de l’entreprise, mais aussi pour la préservation de leur propre santé.


