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PARIS : Salon de l’agriculture – Transformer la laine…

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PARIS : Salon de l’agriculture – Transformer la laine en or blanc en région Sud

Longtemps considérée comme un déchet coûteux pour les éleveurs, la laine de nos brebis devient le fer de lance d’une nouvelle économie circulaire structurée par la Région Sud.

Ce mardi 24 février, l’effervescence était palpable porte de Versailles. Pour l’inauguration du stand régional au Salon International de l’Agriculture, Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a affiché une ambition claire : ne plus subir, mais bâtir. Accompagné de Bénédicte MARTIN, Vice-Présidente en charge de l’Agriculture et de la ruralité, et de François de CANSON, Vice-Président au développement économique, l’exécutif régional a mis en lumière une ressource oubliée qui entame sa renaissance : la laine.

Aux côtés de Jean-Louis MASSON, Président du Département du Var, qui connaît bien ces enjeux ruraux, la délégation a rappelé que l’agriculture du Sud n’est pas seulement une carte postale, mais un levier économique puissant.

La fin du « déchet » laine

Le constat posé par les élus est sans appel. Alors que le pastoralisme représente 29 % du territoire régional avec plus de 870 000 hectares d’alpages et de parcours, la tonte des 605 000 ovins de la région était devenue une charge financière lourde pour les exploitations. La laine, ce matériau noble, était « trop longtemps considéré comme un déchet », faute de filière locale pour la traiter.

En cette année 2026, décrétée « Année du pastoralisme », la donne change. La Région Sud a décidé de transformer cette contrainte en opportunité. Il ne s’agit plus de brûler ou d’enfouir, mais de valoriser. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de soutien à l’élevage, activité essentielle à l’entretien de nos paysages et à la prévention des incendies.

42 projets pour une filière d’avenir

Loin des effets d’annonce, cette renaissance s’appuie sur une analyse de terrain rigoureuse lancée dès 2025. Une étude d’envergure menée auprès de 73 acteurs du territoire a permis de dresser un état des lieux précis des capacités régionales. Le résultat est prometteur : 42 projets d’entreprises ont été identifiés, prêts à s’engager dans le développement textile régional ou l’isolation.

L’objectif affiché par Bénédicte MARTIN et les services régionaux est de « recréer de la valeur locale ». Cela passe par une reconstruction méthodique de tous les maillons manquants de la chaîne. Il faut désormais « organiser la collecte, structurer le tri et le lavage » directement sur le territoire, pour éviter que la matière brute ne parte à bas coût à l’autre bout du monde avant de nous revenir sous forme de pulls hors de prix.

Un enjeu industriel et artisanal

Cette initiative vise à soutenir concrètement l’emploi industriel et artisanal dans nos vallées. En connectant l’agriculture à l’industrie textile, la Région parie sur le « Made in Sud ». C’est tout le sens de la présence conjointe de François de CANSON sur ce dossier : lier l’attractivité économique aux savoir-faire du terroir.

Entre les Rencontres du Mérinos d’Arles et le renouveau des ateliers de transformation, la laine s’intègre désormais pleinement dans les dispositifs de valorisation comme le label « 100 % Valeurs du Sud ». Alors que la transhumance est célébrée au patrimoine de l’UNESCO, la laine prouve qu’elle est bien plus qu’une tradition : elle est une matière d’avenir pour l’économie du Var et de la Provence.