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PARIS : Réseaux sociaux – Les ados partagés face au projet d’interdiction avant 15 ans

Une étude de Pixpay révèle que les ados sont partagés sur l’interdiction des réseaux sociaux, pointant un manque de règles parentales.

Alors que le débat sur la protection des mineurs en ligne s’intensifie, les premiers concernés livrent une opinion plus nuancée qu’il n’y paraît. Suite au lancement par le gouvernement, le 26 janvier dernier, d’un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la fintech Pixpay a sondé sa communauté d’adolescents. L’enquête, menée le 30 janvier 2026 auprès de 840 jeunes de 8 à 18 ans, dresse le portrait d’une génération consciente des enjeux mais attachée à son autonomie numérique.

Le projet de loi, qui devrait entrer en vigueur à la rentrée 2026, prévoit une interdiction formelle et des mécanismes de vérification d’âge sur les plateformes. Cette initiative, largement médiatisée, est connue de la quasi-totalité des adolescents interrogés (89,8 %).

Des opinions nuancées face à la loi

Loin d’un rejet unanime, les jeunes apparaissent divisés : si une majorité (59,3 %) s’oppose à l’interdiction, une part significative de 40,7 % y est favorable. Les opposants craignent principalement qu’une telle mesure ne vienne freiner leur sociabilité et limiter leur accès à l’information. Ils estiment qu’une interdiction stricte pénaliserait ceux qui ont déjà acquis une certaine maturité dans leurs usages.

Interrogés sur l’âge qu’ils jugent idéal pour une première inscription, les adolescents montrent une capacité de réflexion notable. Plus d’un quart d’entre eux (26,6 %) s’aligne sur la proposition gouvernementale, jugeant un seuil à 15 ans ou plus tout à fait légitime. Toutefois, la majorité plébiscite un accès plus précoce, dès 13 ou 14 ans, marquant un décalage avec le cadre légal envisagé.

Une pratique intensive et multifonctionnelle

L’étude confirme l’intégration profonde des réseaux sociaux dans le quotidien des jeunes. Un tiers des répondants (33,6 %) y consacre plus de quatre heures par jour, et plus de deux tiers (67,2 %) y passent au moins deux heures quotidiennes.

Si le divertissement (88,7 %) et le contact avec les amis (82 %) restent les motivations premières, les plateformes remplissent d’autres fonctions essentielles. S’informer (59,5 %) et suivre des créateurs de contenu ou influenceurs (41,7 %) sont des usages bien installés, démontrant que les réseaux sociaux sont devenus des canaux d’information et de découverte à part entière pour cette génération.

Un encadrement parental souvent absent

Le projet de loi mise en partie sur la responsabilité des familles pour faire appliquer la mesure. Or, l’enquête de Pixpay révèle un décalage important avec la réalité des foyers : 69,4 % des adolescents déclarent ne faire l’objet d’aucune règle parentale spécifique concernant l’usage des écrans. Ce chiffre interroge sur l’accompagnement des jeunes et explique en partie les temps de connexion très élevés.

« Les adolescents ne demandent pas moins de règles, mais des règles plus adaptées à leur réalité. Cette étude montre surtout que beaucoup de familles manquent aujourd’hui de repères et d’outils pour accompagner les usages numériques, comme c’est le cas pour l’éducation financière. Chez Pixpay, nous pensons que l’autonomie des adolescents se construit dans un cadre clair, progressif et rassurant, à la fois pour les jeunes et pour leurs parents », analyse Caroline Ménager, co-fondatrice de Pixpay.

La fintech Pixpay (https://www.pixpay.fr/) propose des cartes de paiement pour les 8-18 ans, conçues comme un outil d’éducation financière. Associée à GoHenry et au groupe américain Acorns, l’entreprise fait partie d’un ensemble comptant plus de 6 millions d’utilisateurs en Europe et aux États-Unis.