PARIS : Dr Ryne SHERMAN : « Le principal risque est la pert…
Partager :

PARIS : Dr Ryne SHERMAN : « Le principal risque est la perte progressive d’initiative »
Hogan Assessments analyse le phénomène des « zombies de l’IA », ces salariés qui s’appuient massivement sur la technologie au détriment de l’autonomie.
L’intelligence artificielle s’est durablement installée dans l’environnement professionnel, devenant un outil quotidien pour la rédaction d’e-mails, la préparation de présentations ou la résolution de problèmes. Cependant, cette omniprésence fait émerger un nouveau profil de collaborateur : le « zombie de l’IA ». Selon une analyse de Hogan Assessments, leader international de l’évaluation de la personnalité, ce phénomène désigne les employés qui développent une dépendance excessive à ces technologies, soulevant des questions majeures sur l’avenir des compétences et de la performance en entreprise.
D’après le Microsoft Work Trend Index (https://www.microsoft.com/en-us/worklab/work-trend-index/will-ai-fix-work), plus de 75 % des salariés occupant des postes intellectuels ont déjà recours à des outils d’IA, un chiffre qui témoigne de la rapidité de cette transformation.
Une dépendance aux multiples facettes
Le recours massif à l’intelligence artificielle modifie en profondeur les méthodes de travail. En privilégiant des solutions immédiates et automatisées, de nombreux salariés délèguent des tâches qui sollicitaient auparavant leurs capacités d’analyse, de créativité ou de prise de décision. Si la productivité semble augmentée en surface, le risque sous-jacent est une érosion des compétences cognitives fondamentales. « Lorsqu’elle est utilisée au mieux, l’IA amplifie le potentiel humain. Lorsqu’elle est mal utilisée, elle peut le remplacer », explique le Dr Ryne Sherman, Directeur des Affaires Scientifiques chez Hogan Assessments et coanimateur du podcast The Science of Personality Podcast (https://www.hoganassessments.com/podcast/). « Le principal risque réside moins dans l’automatisation que dans la perte progressive d’initiative ».
Cette inquiétude est corroborée par une étude du World Economic Forum (https://www.weforum.org/), selon laquelle 60 % des employeurs dans le monde considèrent déjà le manque de pensée critique comme une lacune majeure au sein de leurs équipes.
Certains profils plus exposés que d’autres
Tous les individus ne réagissent pas de la même manière face à l’IA. Hogan Assessments a identifié plusieurs traits de personnalité pouvant favoriser une dépendance accrue. Une faible curiosité, une prudence excessive, un manque de confiance en son propre jugement ou un fort besoin de conformisme sont autant de caractéristiques qui peuvent inciter un salarié à s’appuyer systématiquement sur des solutions générées par l’IA.
« Pris isolément, ces traits ne sont pas problématiques. Mais combinés et amplifiés par une IA omniprésente, ils peuvent favoriser une dépendance à l’automatisation au détriment de la réflexion », souligne le Dr Ryne Sherman. Cette évolution intervient alors que, d’après Adecco (https://www.adeccogroup.com/future-of-work/latest-insights/the-global-workforce-of-the-future-2023/), près de trois quarts des salariés estiment que l’IA a déjà transformé ou transformera en profondeur leur métier.
Le rôle crucial du management
Face à cette nouvelle dynamique, le leadership joue un rôle déterminant. Les dirigeants et les managers ont la responsabilité de fixer un cadre pour que l’IA reste un outil au service de l’humain. Certaines organisations ont déjà commencé à réagir en valorisant la pensée critique, en encourageant l’expérimentation et en instaurant une culture où l’erreur est perçue comme une opportunité d’apprentissage. L’objectif est d’intégrer l’IA comme un assistant à la décision et non comme un substitut au jugement humain.
« L’IA doit agir comme un copilote, et non comme un pilote automatique », rappelle le Dr Ryne Sherman. « Lorsque la rapidité prime sur la réflexion, le risque est de voir les équipes se désengager. À l’inverse, valoriser le jugement, la curiosité et le droit à l’erreur permet de renforcer la performance ».
Une transformation à replacer dans l’histoire
Les craintes suscitées par l’intelligence artificielle ne sont pas inédites et font écho à celles qui ont accompagné d’autres révolutions technologiques comme l’imprimerie ou Internet. À chaque fois, les compétences attendues ont évolué, et les humains se sont adaptés pour créer de nouvelles formes de travail. L’enjeu majeur n’est donc pas la technologie elle-même, mais la manière dont elle est pilotée et intégrée dans les organisations.
« L’avenir du travail ne consiste pas à choisir entre humains et IA. Il s’agit de garantir que les humains restent pleinement engagés dans le processus. Dans un environnement façonné par l’IA, la capacité à questionner, interpréter et décider devient centrale », conclut le Dr Ryne Sherman.
Hogan Assessments (https://www.hoganassessments.com) est un leader mondial spécialisé dans l’évaluation de la personnalité à des fins professionnelles. Ses outils, fondés sur des décennies de recherche scientifique, sont utilisés par plus de 75 % des entreprises du classement Fortune 500 pour optimiser le recrutement, développer les talents et améliorer la performance organisationnelle.


