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PARIS : Repenser l’agroalimentaire, le design pour …

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Floriane Dumont
20 Mar 2024

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PARIS : Repenser l’agroalimentaire, le design pour encourager des systèmes alimentaires locaux et durables

Dans un monde où la population explose et où les conséquences de l’agriculture industrielle se font sentir de plus en plus, repenser nos habitudes alimentaires est devenu une urgence.

L’agroalimentaire est au cœur de cette révolution, et le design émerge comme un puissant allié pour rendre nos systèmes alimentaires plus durables et locaux.

L’agriculture intensive, avec ses pesticides et sa monoculture à outrance, met en péril la biodiversité, appauvrit les sols, nuit à notre santé, bref, un véritable désastre. Face à cette situation, des alternatives émergent : agriculture urbaine, marchés locaux, coopératives agricoles. Des solutions qui remettent le producteur et le consommateur en contact direct.

C’est là que le design entre en jeu et non, il ne s’agit pas que d’esthétique ! Le design en tant qu’approche méthodologique repense toute la chaîne alimentaire, du champ à l’assiette. Cela passe par la conception de systèmes alimentaires durables permettant de renforcer le tissu social et favoriser la durabilité environnementale.

Voici quelques exemples de domaines d’application du design pour faire bouger nos systèmes alimentaires et les rendre plus durables et locaux :

Redynamiser les filières agricoles locales : le design peut être utilisé pour redynamiser des territoires et des filières agricoles peu exploitées en créant des innovations produit. Par exemple, le projet Arsène, présenté au concours « Ecotrophélia » 2023 propose une alternative au café à base de lupin. Cette légumineuse locale, actuellement majoritairement produite pour le bétail, permet de régénérer les sols et, nécessite beaucoup moins d’eau pour sa production que le café. Gros plus: une fois torréfié, le lupin a un goût très proche du café.

Impliquer le consommateur dans son alimentation : dans les zones urbaines, le design peut être utilisé pour intégrer des espaces agricoles dans les villes. Le projet « Amsterdam’s De Ceuvel » aux Pays-Bas a transformé un ancien terrain industriel en un éco-quartier durable, comprenant des jardins potagers communautaires et des serres urbaines. Le design a permis de maximiser l’utilisation de l’espace tout en favorisant de nouvelles pratiques alimentaires et l’émergence de lien social pour les habitant.e.s.

Développement de solutions de distribution locale  : le design peut également être utilisé pour développer des solutions de distribution locales efficaces. Le projet « La Ruche Qui Dit Oui » en France utilise une plateforme en ligne et des points de collecte locaux pour mettre en relation les producteur.ice.s loca.le.s avec les consommateur.ice.s. Le design de l’interface et des points de collecte contribue à rendre le processus de commande et de collecte convivial et efficace.

 Encourager une consommation circulaire : enfin, le design peut être utilisé pour créer de nouveaux comportements et encourager une consommation circulaire. L’application « Too Good To Go », indispensable à l’écologiste en herbe, propose un service permettant aux consommateur.ice.s d’acheter des produits alimentaires excédentaires à prix réduit auprès de commerçants locaux. Le design de l’application et du processus de récupération des aliments contribue à rendre le gaspillage alimentaire plus visible et à encourager les comportements d’achat responsables.

En résumé, le design n’est pas qu’une question de style, c’est un outil d’innovation essentiel pour réinventer nos habitudes alimentaires et construire un avenir plus sain et plus juste pour tou.te.s.

En mélangeant créativité et innovation d’usage, nous pouvons repenser la manière dont on mange, dont on produit et dont on partage la nourriture.

En bref, le design alimentaire, c’est une arme pour une société plus saine, plus durable et plus équitable.

SOURCE : Pour nourrir demain