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PARIS : Rémunérations – Les entreprises visent une hausse médiane de 2 % en 2026

L’Observatoire LHH prévoit un budget médian d’augmentation de 2 % pour 2026, confirmant la normalisation et le retour aux standards pré-Covid.

Après plusieurs années marquées par une forte inflation et des réajustements salariaux conséquents, l’année 2026 s’annonce sous le signe de la stabilisation. Selon l’Observatoire annuel des rémunérations dévoilé ce lundi par le cabinet de conseil LHH, les entreprises françaises prévoient un budget médian d’augmentation salariale de 2 %. Cette tendance, qui devrait se poursuivre en 2027 avec une projection à 1,9 %, marque un retour aux pratiques antérieures à la crise sanitaire, dans un environnement économique où la reprise reste prudente mais réelle.

Pour Delphine Landeroin, spécialiste des politiques de rémunération chez LHH, ce chiffre n’est pas anodin : « Le retour à un budget médian de 2 % pour 2026 marque la poursuite de la normalisation après les années de forte inflation. Les entreprises retrouvent des repères budgétaires plus stables tout en devant composer avec des attentes salariales élevées, un contexte social tendu et des exigences accrues de lisibilité des politiques de rémunération ».

Le grand retour des augmentations générales.

L’étude met en lumière une persistance des tensions sociales, anticipées par un quart des entreprises interrogées. Pour y répondre, les directions des ressources humaines continuent de privilégier les augmentations générales, une pratique qui se renforce considérablement. En 2026, 75 % des entreprises y ont recours, contre 66 % l’an dernier.

Cette stratégie vise principalement à protéger le pouvoir d’achat des catégories les plus exposées. Ainsi, 71 % des employés et ouvriers et 65 % des techniciens et agents de maîtrise sont concernés par ces mesures collectives. Cependant, les entreprises n’abandonnent pas la reconnaissance de la performance. La quasi-totalité d’entre elles maintiennent des enveloppes pour les augmentations individuelles, touchant environ la moitié des salariés. Les cadres restent les principaux bénéficiaires de ce levier, avec une augmentation individuelle médiane de 1,5 %, contre 1,1 % pour les employés.

Au-delà du salaire fixe, les employeurs activent d’autres leviers périphériques pour soutenir le pouvoir d’achat. La participation aux frais de repas bondit, concernée par 54 % des politiques de rémunération, tandis qu’un quart des entreprises révisent leurs barèmes internes ou dédient un budget spécifique aux bas salaires.

La transparence : le nouveau chantier prioritaire.

L’année 2026 marque également un tournant réglementaire majeur avec la transposition attendue en juin de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Cette échéance pousse les entreprises à accélérer leur mise en conformité et à structurer leurs grilles salariales.

L’effet est immédiat sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) : 40 % des entreprises ont prévu un budget dédié à l’égalité salariale pour 2026, soit une hausse significative par rapport aux 28 % observés en 2025. De plus, la mise en place de grilles ou de fourchettes de salaires explose, concernant désormais 20 % des organisations, soit quatre fois plus qu’il y a un an.

« La directive agit comme un véritable accélérateur, poussant les entreprises à structurer, objectiver et clarifier leurs pratiques salariales. La répartition des augmentations individuelles devient plus que jamais un levier d’ajustement utile mais sensible dans un contexte où la transparence devient non plus une option mais une obligation légale impactante », analyse Delphine Landeroin.

Vers une stabilité durable en 2027.

Malgré les incertitudes politiques et économiques, les perspectives pour 2027 s’inscrivent dans la continuité. Près de trois quarts des entreprises anticipent déjà le maintien des augmentations générales et la quasi-totalité compte reconduire les augmentations individuelles. Avec un budget prévisionnel de 1,9 %, les directions semblent vouloir préserver un équilibre entre la maîtrise de leur masse salariale et la nécessité de fidéliser les talents.

Cette enquête a été réalisée auprès de 100 entreprises représentant environ 500 000 salariés issus de tous secteurs. LHH (https://www.lhh.com/fr/fr/) est une société de conseil en ressources humaines et de développement des talents, filiale du groupe Adecco, spécialisée dans l’accompagnement des transformations et des carrières.