PARIS : Qualité de l’eau – La pollution agricol…
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PARIS : Qualité de l’eau – La pollution agricole à l’origine de fermetures massives de captages
La contamination des ressources en eau par les nitrates et pesticides a entraîné la fermeture de près de 15 000 captages en 45 ans.
La qualité de l’eau potable en France est sous une pression croissante. Selon des données récentes, les pollutions d’origine agricole, principalement les nitrates et les pesticides, sont devenues une cause majeure de dégradation des ressources hydriques, conduisant à des fermetures massives de points de prélèvement et à des coûts de traitement de plus en plus élevés.
Un patrimoine de captages en péril
Le bilan est sans équivoque : entre 1980 et 2025, pas moins de 14 640 captages destinés à la consommation humaine ont été fermés sur le territoire français. Si plusieurs motifs expliquent ces abandons (rationalisation des réseaux, vétusté), la dégradation de la qualité de l’eau reste la première cause, représentant près d’un tiers des cas.
Plus précisément, parmi ces fermetures liées à la qualité, 41,6 % sont directement imputables à des teneurs excessives en nitrates et/ou en pesticides. Ces substances, issues des pratiques agricoles, s’infiltrent dans les sols et contaminent les nappes phréatiques et les cours d’eau, qui constituent la source principale de notre eau de consommation. Le constat est alarmant : les pesticides ont été détectés dans 97 % des stations de surveillance de l’eau, et leur concentration dépassait les normes sanitaires dans près de 20 % d’entre elles.
Une contamination diffuse mais persistante
Les données du Bilan environnemental de la France, publié par le Service de la Donnée et des Études Statistiques (SDES), confirment cette tendance. Malgré les politiques publiques menées, les teneurs en nitrates dans les eaux de surface restent globalement stables et élevées depuis les années 2000, particulièrement dans la moitié nord de la France. Les eaux souterraines suivent une évolution similaire, avec une concentration moyenne nationale qui se maintient au-dessus des valeurs guides recommandées.
Les principaux responsables de ces dépassements de normes sont souvent des substances interdites depuis plusieurs années, comme l’atrazine, ou leurs métabolites, ce qui témoigne de leur forte persistance dans l’environnement. Face à cette situation, les associations France Nature Environnement (Fne) et l’Aclc ont décidé d’assigner l’État en justice pour manquement à son devoir de protection de la ressource en eau.
Prévenir plutôt que guérir : une solution plus économique
La dépollution des eaux contaminées représente des coûts exorbitants pour la collectivité. Or, une alternative existe et s’avère économiquement plus viable : la prévention. Selon les associations environnementales, protéger les aires de captage en soutenant une transition vers l’agriculture biologique serait une solution deux à trois fois moins chère que les traitements curatifs. Cette approche vise à agir à la source du problème plutôt que d’en gérer les conséquences.
Une crise environnementale aux multiples facettes
La dégradation de la qualité de l’eau s’inscrit dans un contexte de pressions environnementales plus larges. Le littoral français est également menacé : dans le Var, par exemple, 19 communes sont concernées par l’érosion côtière et doivent adapter leur urbanisme dans le cadre du projet européen Life Adapto+.
La biodiversité montre aussi des signes d’épuisement. Le dernier baromètre de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) révèle un déclin de 18,2 % des populations d’oiseaux communs en 25 ans. Parallèlement, de nouvelles menaces apparaissent, comme la cochenille tortue du pin, une espèce invasive venue d’Amérique du Nord qui provoque le dépérissement des pins maritimes et parasols, emblématiques des paysages méditerranéens. Ces différents signaux confirment l’urgence d’une action concertée pour la préservation des écosystèmes.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

