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PARIS : Printemps des services publics, réaffirmer le sens…

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PARIS : Printemps des services publics, réaffirmer le sens de l’impôt

Le collectif Nos services publics, aux côtés d’une large coalition d’associations, syndicats, ONG, a lancé ce jeudi 3 avril une grande campagne qui se tiendra d’avril à juin : le Printemps des services publics.

Les services publics sont de nouveau au cœur de l’actualité après les déclarations du Président de la République du 5 mars et plus récemment du Premier ministre. Alors que l’inquiétude autour du recul des services publics est une préoccupation très largement partagée dans notre société et qu’ils ont été massivement définancés dans les dernières années, le printemps des services publics vise à mettre les pieds dans le plat et à réaffirmer le rôle central de l’impôt dans notre fonctionnement démocratique : “les services publics, ça vaut le coût !”

Signé par plus de 600 dirigeants syndicaux, associatifs, fonctionnaires, intellectuels, artistes, citoyennes et citoyens, l’appel lançant le printemps est paru le jeudi 3 avril dans Le Monde et porte un message clair : « Face aux crises, ne choisissons pas entre les enjeux de sécurité et la reconstruction des services publics« 

D’avril à juin, des dizaines d’initiatives se tiendront sur un large champ de priorités (santé, climat, éducation, justice, précarité, genre, etc.) avec une programmation variée d’événements qui invite à la réflexion, à la mobilisation et à la fête autour des services publics.

Réaffirmer le sens de l’impôt

Il est urgent de s’opposer frontalement à ce discours irresponsable qui fustige les “dépenses” pour détruire les services publics et qui refuse la justice fiscale pour accroître la segmentation de notre société. Déjà en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamait que “Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.” Face aux menaces sur nos services publics, nous entendons agir et mobiliser ensemble pour réaffirmer le sens de l’impôt et des cotisations sociales comme contribution commune. Ils constituent non seulement un outil de justice sociale, mais également une nécessité pour permettre de construire des services publics qui répondent aux besoins de la population : apprendre, être en bonne santé, avoir accès à une eau de qualité, à un logement décent, au sport et à la culture, protéger l’environnement, développer les énergies renouvelables et des transports en commun, vivre en sécurité, garantir une justice égalitaire, une recherche et des médias indépendants, assurer des services sociaux et de proximité pour toutes et tous, et bien d’autres encore.

Bien que balayées par l’exécutif, un large éventail de propositions existent pour concilier, sans les opposer, les priorités sociale, environnementale et géopolitique : accroissement de la progressivité de l’impôt, lutte contre l’optimisation fiscale, baisse des exonérations et allégements de cotisations sociales, réorientation des financements publics vers les services publics et à but non lucratif, taxation du patrimoine des plus fortunés et des bénéfices des entreprises, sortie des dépenses environnementales des normes européennes de déficit, suppression des niches fiscales inutiles, etc. Aucune urgence ne justifie d’abîmer un peu plus des services publics déjà mis à mal. Nos services publics valent bien plus que leur seul coût financier : ils constituent un projet politique de liberté, d’égalité et de solidarité puissamment porteur de sens. La sortie de la dernière guerre mondiale a permis de renforcer ce modèle social et d’en faire un pilier pour la cohésion de notre société. Éviter la prochaine ne saurait conduire à le sacrifier.

SOURCE : Printemps des services publics.