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PARIS : Présidentielle 2027 – Une enquête confirme l’hégémonie du Rassemblement National
Une enquête Ipsos BVA–CESI pour Le Parisien place les candidats du RN en tête des intentions de vote pour 2027, loin devant un paysage politique éclaté.
À moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, une nouvelle enquête d’opinion vient éclairer le rapport de force politique actuel. L’étude, réalisée par l’institut Ipsos BVA en partenariat avec l’école d’ingénieurs CESI pour le quotidien *Le Parisien*, a testé huit hypothèses de candidatures. Les résultats, publiés ce jour, dessinent un paysage politique marqué par une avance considérable des candidats du Rassemblement national, tandis que les autres blocs apparaissent fragmentés et en quête d’une incarnation claire.
Une domination sans partage du Rassemblement National
Le constat principal de cette étude est sans appel : le Rassemblement National (RN) occupe une position hégémonique, quel que soit le scénario envisagé. Que le candidat soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, le parti d’extrême droite atteint des niveaux rarement observés dans une enquête d’intentions de vote à ce stade du calendrier électoral. Leurs scores oscillent entre 31 % et 36 %, confirmant un ancrage électoral profond et une capacité à mobiliser un socle très large d’électeurs.
Fait notable, dans les configurations où les deux figures du parti sont directement comparées, Jordan Bardella se révèle légèrement plus performant que Marine Le Pen. Ce résultat suggère que la dynamique engrangée lors des élections européennes de 2024 et sa forte présence médiatique continuent de produire des effets positifs sur son image et son potentiel électoral.
Édouard Philippe en pôle position au centre, Gabriel Attal en embuscade
Derrière ce bloc dominant, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe s’impose comme la figure la mieux placée pour rassembler un électorat modéré. Le maire du Havre recueille entre 13 % et 14,5 % des intentions de vote lorsque l’actuel Premier ministre Gabriel Attal est également candidat. Son score grimpe de manière significative, entre 17,5 % et 19 %, dans l’hypothèse où ce dernier se retirerait de la course. Ces chiffres confirment son statut de personnalité centrale au sein d’un espace politique centriste encore en pleine structuration.
Gabriel Attal, pour sa part, affiche des scores plus modestes, se situant entre 8,5 % et 9,5 % en présence d’Édouard Philippe. Cependant, en l’absence de son rival, il parvient à capter une part importante de cet électorat, atteignant alors 14,5 % à 17,5 %. Ces variations mettent en lumière la concurrence directe entre les deux hommes et la difficulté pour la majorité présidentielle actuelle de désigner un leader incontesté pour la succession d’Emmanuel Macron.
Une gauche plurielle mais fragmentée
À gauche, le paysage demeure éclaté entre plusieurs personnalités. Raphaël Glucksmann, fort de son résultat aux européennes, confirme sa dynamique en obtenant entre 11 % et 14 % des intentions de vote. L’ancien président de la République François Hollande, également testé dans certains scénarios, est crédité d’un score plus modeste, oscillant entre 7 % et 8 %.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon fait preuve d’une remarquable stabilité. Le leader de La France Insoumise recueille entre 13 % et 13,5 %, démontrant la solidité de son socle militant malgré les tensions et les recompositions qui traversent son camp politique.
La droite traditionnelle et les écologistes en quête d’espace
Du côté de la droite républicaine, le sénateur Bruno Retailleau obtient entre 7,5 % et 10 %, des scores qui illustrent la difficulté persistante du parti Les Républicains à retrouver une dynamique à l’échelle nationale. Enfin, parmi les autres candidatures testées, seule l’écologiste Marine Tondelier parvient à franchir la barre symbolique des 5 %, mais uniquement dans des scénarios très spécifiques, notamment en présence de François Hollande et avec une seule candidature issue du bloc central (Philippe ou Attal).
Au-delà des chiffres, cette enquête souligne une recomposition profonde du paysage politique français. Le RN apparaît aujourd’hui comme la force la plus structurée et la plus audible pour une part importante de l’électorat. À l’inverse, le centre, la gauche et la droite semblent encore en quête de clarté stratégique et d’un leadership capable de s’imposer. Si ces équilibres sont susceptibles d’évoluer à l’approche de 2027, l’étude d’Ipsos BVA–CESI dresse le portrait d’un rapport de force solidement installé.
Bernard BERTUCCO VAN DAMME via Presse Agence.


