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PARIS : Polluants éternels – Une étude de Surfrider révèle la contamination généralisée des eaux de baignade aux PFAS
Surfrider Foundation Europe dévoile une étude inédite révélant une contamination généralisée aux PFAS, ou polluants éternels, des eaux de baignade.
L’alerte est sans précédent : les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), plus connues sous le nom de « polluants éternels », sont omniprésentes dans les eaux de baignade et de loisirs en France. C’est la conclusion alarmante d’une étude d’envergure publiée ce 3 juillet 2026 par Surfrider Foundation Europe, en partenariat avec le laboratoire Eurofins. Les analyses menées sur 107 sites à travers le territoire révèlent qu’aucun n’est épargné par cette contamination chimique diffuse, soulevant de sérieuses questions de santé publique.

Une méthodologie participative d’envergure
Face au manque de données sur la présence des PFAS dans les eaux récréatives, l’ONG a initié une vaste opération de science participative. Entre juin et juillet 2025, 80 bénévoles, formés aux techniques d’échantillonnage selon un protocole normé, ont réalisé des prélèvements sur 107 sites : 80 sur le littoral et 27 en eaux douces (lacs et rivières). Ces lieux ont été choisis pour leur fréquentation régulière par les baigneurs et les pratiquants d’activités nautiques.
Le laboratoire partenaire Eurofins a ensuite recherché et quantifié la présence de 58 PFAS différents dans chaque échantillon. Au total, plus de 6 200 résultats ont été générés et interprétés par Surfrider Europe, constituant une base de données inédite.
Un « mauvais état chimique » sur de nombreux sites
Pour évaluer la contamination, Surfrider s’est appuyé sur les normes de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) européenne, qui fixent une valeur maximale pour le PFOS, l’un des PFAS les mieux connus et réglementés. Les résultats sont préoccupants : 78 % des sites en eaux douces et 44 % des sites littoraux testés dépassent les seuils autorisés. Selon les standards européens, ces zones pourraient donc être classées en « mauvais état chimique ».
L’étude met également en lumière une pollution complexe et hétérogène. Au total, 23 PFAS différents ont été quantifiés sur l’ensemble des sites. Le TFA (acide trifluoroacétique), récemment classé « toxique pour la reproduction » par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), a été identifié dans 100 % des échantillons, souvent à des concentrations inattendues.
Aucun site de baignade épargné
En utilisant un guide d’évaluation des risques développé en 2024 par l’Institut National néerlandais de la Santé Publique et de l’Environnement (RIVM), l’étude confirme qu’aucun lieu analysé n’est exempt de PFAS. Si un cadre similaire à celui des Pays-Bas était appliqué en France, un des sites testés dépasserait même les recommandations sanitaires pour la baignade. Ces polluants, y compris des substances interdites depuis des années comme le PFOS et le PFOA, persistent durablement dans l’environnement et contaminent largement le milieu marin, un écosystème jusqu’ici trop peu étudié.
Un appel urgent à une réglementation plus stricte
Face à l’ampleur de la contamination, Surfrider Foundation Europe juge le cadre réglementaire actuel insuffisant et appelle la Commission Européenne à agir sans délai sur trois fronts :
- Adopter une restriction universelle des PFAS pour stopper la pollution à la source.
- Renforcer la surveillance de la qualité des masses d’eau, identifier les sources de pollution et appliquer rigoureusement le principe du pollueur-payeur.
- Établir des protocoles de surveillance et des normes européennes harmonisées pour les PFAS dans les eaux de baignade.
L’étude complète et les résultats détaillés sont accessibles dans le dossier de presse publié par l’ONG (https://www.surfrider.fr/wp-content/uploads/2026/07/Rapport-PFAS_Surfrider-Juin2026.pdf).
À propos de Surfrider Foundation Europe
Fondée il y a plus de 35 ans, Surfrider Foundation Europe est une organisation non gouvernementale dédiée à la protection de l’océan et du littoral.
L’association mène des actions de sensibilisation, de mobilisation citoyenne via ses 48 antennes bénévoles en Europe, et de lobbying auprès des institutions grâce à son expertise scientifique. Ses priorités incluent la lutte contre la pollution plastique, la préservation de la qualité de l’eau et l’adaptation des littoraux au changement climatique.
Pour en savoir plus sur les missions de l’ONG, consultez son site internet (https://surfrider.fr/) ou sa vidéo de présentation (https://www.youtube.com/watch?v=YHNw8O_rXpw&t=44s).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
