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PARIS : Politique – À un an de la présidentielle, les…

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PARIS : Politique – À un an de la présidentielle, les Français dressent un bilan sévère du Parlement

Une étude révèle la défiance des Français envers la majorité relative, un regain de confiance pour le Sénat et le plébiscite du local.

À un an de la fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron, le regard des Français sur l’action parlementaire est particulièrement critique. C’est le principal enseignement de la 9ème vague de l’Observatoire Parlement, une étude barométrique menée par Toluna Harris Interactive pour le cabinet de conseil Séance Publique et l’École des Hautes Études Internationales et Politiques (HEIP). Dévoilée le 4 juin dernier, l’enquête dresse un bilan sans concession de quatre années de majorité relative, marquées par une instabilité politique chronique.

Le paradoxe de la majorité relative : de l’espoir au blocage

Le changement de perception est radical. Alors qu’en 2022, 71 % des Français voyaient dans l’absence de majorité absolue une opportunité de dialogue et de compromis, ils sont aujourd’hui 52 % à la considérer comme une source de blocage. Le jugement porté sur l’Assemblée nationale est sévère : 66 % des sondés estiment qu’elle a échoué dans sa mission de voter les lois, et 61 % dans son rôle de contrôle du gouvernement.

Cette analyse se nourrit d’une relecture a posteriori des crises politiques majeures. Bien qu’ils aient majoritairement soutenu la censure du gouvernement Barnier et le départ de François Bayrou au moment des faits, 54 % des Français jugent désormais que ces événements ont surtout « déstabilisé le système politique ». En cas de nouvelles élections législatives, la volonté de cohabitation est majoritaire (55 %), tandis que seuls 14 % souhaitent un retour à une majorité absolue pour le camp présidentiel.

Un regain de confiance pour le Sénat et l’échelon local

Dans ce paysage de défiance, certaines institutions tirent leur épingle du jeu. Le Sénat connaît un net regain de popularité, avec un taux de confiance atteignant 49 %, soit une progression de 7 points depuis octobre 2025. La chambre haute est perçue comme un contre-pouvoir efficace, capable de limiter l’influence de l’Assemblée nationale (65 %) et d’améliorer les textes de loi (64 %). Cette perception se traduira lors des prochaines élections sénatoriales : 59 % des Français ne souhaitent pas que le parti présidentiel y obtienne la majorité en septembre prochain.

La confiance dans le local se confirme et se renforce. Les collectivités territoriales restent, pour 61 % des Français, l’échelon jugé le plus capable de « changer la vie » des citoyens, loin devant les autres institutions nationales.

Commissions d’enquête : entre utilité reconnue et soupçon d’instrumentalisation

Très médiatisées, les commissions d’enquête parlementaire bénéficient d’une image ambivalente. Une large majorité de citoyens (67 %) reconnaît leur utilité pour proposer des recommandations et révéler des dysfonctionnements publics. Elles sont également considérées comme un outil de contrôle essentiel du gouvernement (62 %).

Cependant, cette légitimité est tempérée par un fort scepticisme. Près de six Français sur dix (58 %) estiment qu’elles servent avant tout la communication personnelle des élus qui y siègent, suggérant que leur impact médiatique dépasse de loin leur influence réelle sur l’opinion publique et la décision politique.

Paysage des partis : le Rassemblement National en position de force

L’étude révèle une satisfaction en hausse pour la plupart des groupes parlementaires par rapport à l’automne 2025, mais aucun ne recueille l’approbation d’une majorité. Le Rassemblement National (RN) consolide sa position de leader avec 43 % d’opinions positives. Il est également perçu comme la formation incarnant le mieux l’opposition au gouvernement (40 %), loin devant La France Insoumise (26 %).

Dans le même temps, le socle de la majorité présidentielle montre des signes de fragilité. Seuls 51 % de ses sympathisants souhaitent désormais que leurs élus votent systématiquement les textes du gouvernement, signe d’une volonté croissante de prise de distance ou de vote « au cas par cas ».

L’enquête a été réalisée en ligne par Toluna-Harris Interactive du 12 au 15 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

À propos de Séance Publique

Depuis plus de 20 ans, Séance Publique accompagne les entreprises et leurs décideurs dans leurs relations avec les pouvoirs publics. Le cabinet intervient sur un portefeuille de plus de 50 clients, des grandes entreprises aux ETI et fédérations.

Avec une quinzaine de collaborateurs, Séance Publique s’appuie sur une expertise institutionnelle reconnue et un réseau de haut niveau pour assurer un dialogue construit et pérenne entre les décisions publiques nationales et territoriales.

À propos de HEIP

Fondée en 1899, l’École des Hautes Études Internationales et Politiques (HEIP) est un établissement d’enseignement supérieur privé pionnier dans les domaines des sciences politiques et des relations internationales.

L’école accueille 1 500 étudiants sur 7 campus (Paris, Bordeaux, Lyon, Rennes, Londres, Toulouse, Genève) et forme de futurs professionnels capables de défendre et promouvoir les idéaux républicains.

À propos de Toluna Harris Interactive

Toluna Harris Interactive est un acteur majeur des études agiles. Toluna révolutionne les insights consommateurs et citoyens en combinant technologie innovante et accès en temps réel à la plus grande communauté mondiale dédiée aux études.

Harris Interactive regroupe des experts qui accompagnent les clients dans leurs prises de décision stratégiques.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).