PARIS : Photographie – Le duo MansAmo plonge les divi…
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PARIS : Photographie – Le duo MansAmo plonge les divinités oubliées dans les eaux de la Galerie Vallois
Du 5 au 28 mars 2026, la Galerie Vallois accueille l’exposition WOMANAKWA du duo MansAmo, une plongée photographique fascinante au cœur du sacré.
C’est une invitation à une immersion, tant physique que spirituelle, que propose la Galerie Vallois en ce début de printemps. Dès le jeudi 5 mars 2026, le duo artistique MansAmo, formé par Mansara et Amaury Voslion, investit le 35 rue de Seine avec « WOMANAKWA ». À travers un corpus d’œuvres mêlant photographie, vidéo, textile et écriture, les artistes dévoilent un panthéon contemporain où les figures mythologiques se réinventent sous la surface de l’eau.
L’apnée comme processus de création
Loin de la simple photographie esthétique, la démarche de MansAmo relève de la performance. Les clichés sont réalisés en apnée, transformant l’élément liquide en un « studio de tension » et de lutte. Privé de souffle, le corps ne pose pas ; il se négocie, se transforme et s’abandonne. C’est dans cette économie du geste, imposée par la privation d’oxygène, que surgissent les figures capturées par l’objectif. L’eau agit ici comme un révélateur. Elle ralentit le mouvement, suspend le temps et offre une matière active qui permet aux tissus et aux corps de dessiner de nouvelles formes. Le duo puise son inspiration dans un vaste réservoir mythologique, convoquant le culte Vodun, les traditions d’Afrique de l’Ouest, ainsi que les récits grecs et égyptiens.
Ces archétypes, que l’on croyait figés dans le passé, trouvent ici une nouvelle actualité, comme si, « privées de culte dans un monde désenchanté, les divinités trouvaient refuge dans le geste », selon les mots des artistes.
Une alchimie entre fragilité et puissance
Le titre de l’exposition, « WOMANAKWA », résonne comme un manifeste. Il contient les termes « man » et « woman », unis par « akwa », une graphie issue de la culture akan (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin) signifiant « tu peux ».
Cette terminologie incarne la fusion du féminin et du masculin, mais aussi la puissance des eaux matricielles. Cette exploration du sacré est intimement liée au parcours personnel de Mansara. Traversée par l’épreuve de la maladie, l’artiste a vécu une véritable renaissance dans l’élément aquatique. Pour elle, l’eau n’est pas un simple décor, mais un lieu de régénération et de reconquête de soi. À ses côtés, Amaury Voslion, réalisateur et photographe primé (notamment pour son travail sur le jazzman Charles Mingus ou le vidéaste Mehdi Meddaci), apporte un regard cinématographique qui transforme chaque immersion en un dialogue avec l’invisible. Ensemble, ils créent un espace où la fragilité des corps rencontre la force transmutatrice de l’océan.
Un dialogue multidisciplinaire
Si la photographie subaquatique constitue le cœur de l’exposition — avec des œuvres marquantes comme *Atomvolè* (2025) ou *Agapé-Fiandjogbé* (2025) —, le projet se déploie bien au-delà de l’image fixe. Vidéos, costumes suspendus et textes poétiques viennent prolonger l’expérience sensorielle, construisant une exposition pensée comme un espace de circulation des récits et des intensités. Les créatures qui émergent de ces eaux, qu’elles évoquent Mami Wata ou des entités sans nom, semblent demander à s’intégrer au devenir de l’être humain. Face à ce que le duo qualifie d’« érosion spirituelle » de notre époque, ces images agissent comme des « mises à jour » de nos mythologies intérieures, rappelant que l’émerveillement et le sacré demeurent tapies dans l’ombre, prêtes à resurgir.
La Galerie Vallois, terre de métissages
Accueillir ce projet s’inscrit dans la continuité logique de la Galerie Vallois (https://galerierobertvallois.fr/modernecontemporain).
Fondée en 1983 par Robert Vallois au cœur de Saint-Germain-des-Prés, l’institution est reconnue pour son engagement envers la création contemporaine et notamment les artistes plasticiens africains et béninois. Mécène actif, Robert Vallois a œuvré à la création du Centre d’Abomey-Calavi et du musée de la Récade au Bénin. Avec « WOMANAKWA », la galerie confirme son rôle de passerelle entre les cultures et les disciplines, offrant aux visiteurs parisiens une brèche temporelle où dialoguent l’art, le soin et le sacré.
L’exposition est visible jusqu’au 28 mars 2026, avec un vernissage en présence des artistes prévu le jeudi 5 mars à 18h.