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PARIS : Outre-mer – Les priorités de la reconstruction

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PARIS : Outre-mer – Les priorités de la reconstruction

Nomination du général Pascal Facon comme préfigurateur de l’établissement public chargé de coordonner la reconstruction de Mayotte.

Le 9 janvier 2025, le général Pascal Facon a été nommé préfigurateur de l’établissement public chargé de coordonner la reconstruction de Mayotte. Son rôle est d’élaborer une stratégie quinquennale qui viendra décliner les actions concrètes devant concourir à la reconstruction et à la refondation de Mayotte d’ici 2031.

Installation d’une mission chargée de la reconstruction et de la refondation de Mayotte

Une mission dirigée par le général Facon a été installée pour animer le travail interministériel et couvrir les principaux champs de politique publique concernés par la reconstruction. Le 23 mai, une ordonnance a créé l’établissement public pour coordonner les travaux de reconstruction. Elle prévoit notamment de confier sa présidence au président du conseil départemental. La phase de recrutement du directeur général est en cours, avec l’objectif d’une nomination au 15 juillet 2025. Le conseil d’administration du futur établissement public se réunira en septembre.

Pourquoi une stratégie?

Cette stratégie de reconstruction et de développement vise à définir une vision et un cap pour le 101e département français, dans un contexte qui reste fortement marqué par les épisodes climatiques sévères survenus fin 2024 et début 2025. Ce document, qui a vocation à être régulièrement nourri et amendé, doit permettre au territoire de faire face aux multiples défis auxquels il est confronté.

Quelle stratégie?

La stratégie quinquennale est une déclinaison de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte. Elle est le fruit d’un travail de planification conduit par l’administration centrale, la mission interministérielle en charge de la reconstruction et de la refondation de Mayotte (MIRRM) et l’ensemble des services et opérateurs placés sous l’autorité du préfet de Mayotte, en lien avec les élus du territoire.

Cinq grandes priorités ont été définies pour structurer l’ensemble de l’action publique.

1. La lutte contre l’immigration clandestine, levier de stabilisation
– Opération « Rideau de fer » annoncée par le président de la République : 35 000 personnes en situation irrégulière éloignées chaque année grâce à la montée en gamme du dispositif opérationnel de surveillance et d’interception, et la coordination renforcée des services de l’État.

2. Le foncier, levier de développement
– Titrement complet du territoire d’ici 2035, grâce à la création d’un guichet commun de régularisation foncière (GCRF).
– Sécuriser le foncier des Mahorais pour leur permettre d’accéder à la propriété, de transmettre un patrimoine, ou de souscrire à des assurances.
– Valoriser le foncier pour en faire un levier économique.
– Appuyer la planification territoriale grâce à un schéma d’aménagement régional (SAR) réaliste et applicable.

3. La préservation des milieux naturels, enjeu vital pour Mayotte
– Plan dédié à la restauration et préservation des milieux naturels dévastés, notamment de la forêt, de la mangrove et du récif corallien.
– Gestion des déchets : améliorer le tri, la collecte et le traitement des déchets en tenant compte des caractéristiques du territoire.

4. L’égalité des droits, atteindre la convergence sociale en privilégiant la valeur travail
– Garantie aux Mahorais une égalité de droits réelle avec l’ensemble des citoyens français, à l’horizon 2031 : santé, éducation, emploi, protection sociale.
– Développement par le travail : alignement rapide du SMIC net avec la réalisation d’un premier pas de convergence dès le 1er janvier 2026.

5. L’attractivité du territoire
– Axe de développement 1 : protéger les Mahorais
– Réduire les vulnérabilités des populations et accroître la résilience du territoire face aux aléas climatiques.
– Garantir la paix civile et la sécurité du quotidien.
– Assurer la souveraineté et la sécurité de Mayotte dans son espace régional.
– Axe de développement 2 : garantir aux Mahorais l’accès aux biens, ressources et droits essentiels
– L’eau : plan eau dédié à Mayotte pour disposer d’eau potable en quantité suffisante pour l’ensemble de la population et pour l’ensemble des usages (agriculture notamment), pour la mise en place d’un système d’assainissement performant.
– L’agriculture, la pêche et l’aquaculture : pour la souveraineté alimentaire (qualité, quantité, prix et proximité).
– L’accès aux soins : structurer une offre de soins hospitalière et de ville, y compris pour les personnes âgées ou vivant avec un handicap via de grands projets d’investissements immobiliers et en attirant des soignants.
– L’autonomie énergétique : pour disposer d’une énergie en quantité suffisante, assurer l’autonomie du territoire, assurer la résilience des réseaux, décarboner la production d’électricité.
– Les télécommunications : pour des moyens de communication fiables et accessibles, remettre en état les réseaux mobile et fixe, déployer des réseaux 5G et fibre optique.
– Le logement et les transports : pour reconstruire les logements post-Chido, pour construire de nouveaux logements, pour résorber l’habitat insalubre, provoquer un « choc de productivité » pour augmenter sensiblement la production de logements, soutenir les opérations de renouvellement urbain et la nouvelle opération d’intérêt national (OIN) de Mayotte, permettre le développement de moyens de transports.
– Axe de développement 3 : façonner l’avenir de Mayotte
– L’éducation et la jeunesse : pour assurer la prospérité du territoire, pour créer les conditions de sortie du sous-développement, pour mettre fin aux rotations scolaires, garantir à la jeunesse de Mayotte l’accès à une éducation de qualité en faisant de l’équité, de l’inclusion, de l’accrochage et de l’engagement les principes directeurs de l’action de l’État, créer les conditions d’une école sûre et protectrice pour chaque élève tout au long de son parcours dans un climat scolaire apaisé, lever les freins matériels aux bonnes conditions de scolarisation : fin des rotations, développement de la restauration scolaire et accès à l’eau, renforcer les dispositifs interinstitutionnels pour lutter plus efficacement contre la délinquance des mineurs, favoriser la continuité éducative en développant l’offre sportive et culturelle en soutenant le tissu associatif local.
– Les atouts maritimes du territoire : pour faire de la mer un élément crucial pour le développement économique et social de Mayotte, créer une instance de gouvernance dédiée aux questions maritimes afin d’assurer le développement d’une économie bleue à Mayotte et la préservation des milieux marins, développer les activités maritimes (pêche, transport, plaisance, loisirs nautiques, formation, etc.) dans le cadre de l’ensemble du bassin maritime du sud de l’océan Indien.
– Le développement de l’économie : si le PIB total progresse (près de 8 % en moyenne par an entre 2012 et 2022), celui-ci reste fortement dépendant du secteur public, pour accompagner le développement du tissu économique mahorais (composé en majorité de PME), pour réduire le taux de chômage et de créer de la valeur ajoutée, signer un « pacte d’avenir de la formation professionnelle », afin de mettre en synergie les formations existantes et de les compléter pour anticiper les besoins futurs en main-d’œuvre qualifiée, structurer le tissu économique à travers des « contrats de filière », appuyer la formalisation de l’activité et les projets innovants, implanter BPI France à Mayotte pour mieux accompagner les entrepreneurs.
– Insérer Mayotte dans son environnement régional et international : pour assurer une bonne intégration régionale et développer une véritable coopération sur les sujets de lutte contre l’immigration clandestine, mais aussi sur les sujets économiques, visant à terme à réduire la dépendance entre Mayotte et l’Hexagone.

Source : Comité Interministériel des Outre-mer (CIOM).