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PARIS : Olivier BEAUD : « La situation des libertés univers…

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PARIS : Olivier BEAUD : « La situation des libertés universitaires s’est détériorée en quinze ans »

L’universitaire Olivier Beaud publie une édition enrichie de son essai sur la liberté académique, un plaidoyer renouvelé face à sa dégradation.

Quinze ans après sa première parution, l’ouvrage de référence d’Olivier Beaud, « Les libertés universitaires à l’abandon ? », fait son retour en librairie ce lundi 16 mars 2026 dans une seconde édition largement enrichie. Publié par Lefebvre Dalloz, ce texte analyse la liberté académique comme une liberté publique fondamentale et dresse un constat sévère de son évolution récente en France, dans un contexte où les débats sur l’indépendance des enseignants-chercheurs et l’autonomie de l’université sont particulièrement vifs.

Une réédition pour une actualité brûlante

Cette nouvelle publication se justifie, selon l’éditeur, par « l’actualité devenue brûlante de la liberté académique ». L’ouvrage s’est en effet imposé comme un texte essentiel pour comprendre les enjeux juridiques et institutionnels qui encadrent le travail universitaire. Pour éclairer les transformations des quinze dernières années, cette édition s’augmente de plusieurs contributions inédites. Elle s’ouvre sur une préface de Bernard Toulemonde, agrégé des facultés de droit et ancien recteur d’académie, qui replace le débat dans l’histoire institutionnelle de l’université française. L’auteur, Olivier Beaud, propose également un nouvel avant-propos où il revient sur la réception de son livre et l’évolution du débat public depuis 2010. L’ajout le plus substantiel est une longue postface dans laquelle le professeur de droit public analyse, en s’appuyant sur la législation et le contentieux, « la dégradation progressive de la situation des libertés universitaires au cours des quinze dernières années ».

Un diagnostic sévère sur l’université française

L’essai d’Olivier Beaud avait été initialement conçu en réaction à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) de 2007 et à la contestation du décret de 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs. L’auteur y définissait la liberté académique non pas comme un privilège, mais comme une liberté publique et individuelle, condition indispensable à l’exercice du métier de professeur d’université. Il soulignait l’importance de ses garanties juridiques, au premier rang desquelles figure le principe d’indépendance des professeurs. Quinze ans plus tard, le diagnostic est plus alarmant. L’auteur démontre que les transformations institutionnelles, les évolutions du droit et certaines pratiques administratives ont contribué à fragiliser cet édifice. L’ouvrage dépeint une situation critique, qualifiant les universités françaises de « mal aimées de la République » qui « agonisent dans l’indifférence générale ».

Un appel à une meilleure protection

Plus qu’une simple analyse juridique, l’ouvrage se présente comme un « plaidoyer » en faveur des libertés universitaires et un « réquisitoire » contre la manière dont elles sont traitées par le pouvoir politique et les hautes juridictions. Cette réédition ambitionne de relancer un débat public jugé essentiel sur la place de l’université dans la société. L’objectif est d’alerter les élites politiques et administratives, souvent décrites comme « méprisantes à l’égard de l’université », sur l’urgence de mieux protéger la liberté académique en France. Une liberté présentée comme le socle de l’indépendance intellectuelle, de la recherche scientifique et de la transmission des savoirs. Olivier Beaud est professeur de droit public à l’Université Paris Panthéon-Assas et directeur adjoint de l’Institut Michel Villey.