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PARIS : Olga GIVERNET : « On ne sortira pas de cette crise en subventionnant le pétrole »
Face à la flambée des prix du carburant, la députée Olga Givernet écarte la baisse des taxes et plaide pour une accélération de l’électrification des usages.
Alors que le prix du litre de carburant a franchi le seuil symbolique des deux euros, suscitant la colère des automobilistes, des transporteurs et de nombreuses professions libérales, l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Énergie, Olga Givernet, appelle à une réponse structurelle plutôt qu’à des mesures palliatives. Dans un communiqué publié ce mercredi, la députée de l’Ain refuse la « solution de facilité » d’une baisse temporaire des taxes et prône une stratégie de long terme axée sur la sortie de la dépendance aux énergies fossiles.
Refuser la facilité fiscale, privilégier les aides ciblées
Si Olga Givernet concède la nécessité d’une remise à plat de la fiscalité énergétique, elle estime qu’une réforme d’une telle ampleur ne peut être menée dans l’urgence d’une crise dont la durée reste incertaine. Elle soutient ainsi la ligne adoptée par le gouvernement, qui consiste à déployer des aides ciblées, spécifiquement tournées vers les classes moyennes et les travailleurs indépendants, les plus durement touchés par cette hausse.
Selon la députée, cette approche est préférable à des chèques-carburant généralisés qui, en plus de creuser la dette publique, se révèlent souvent peu efficaces pour soutenir ceux qui en ont le plus besoin. La priorité doit être d’apporter un soutien direct et conséquent aux ménages et professionnels captifs de l’automobile pour leurs déplacements quotidiens.
Une crise géopolitique et une arme commerciale
L’ancienne ministre alerte également sur la nature profonde de cette crise énergétique. Pour elle, il ne s’agit pas d’une simple flambée conjoncturelle qui s’achèverait avec un cessez-le-feu, mais du symptôme d’une « guerre commerciale dans laquelle l’énergie est devenue une arme ».
Dans ce contexte, elle estime que la France, ayant fait le choix de la non-intervention militaire aux côtés des États-Unis, doit en assumer les conséquences et accélérer sa transition pour garantir sa souveraineté énergétique.
Cette accélération passe inévitablement par une sortie programmée mais rapide de la dépendance aux hydrocarbures, dont la volatilité des prix met en péril l’économie nationale et le pouvoir d’achat des Français.
Répercuter la baisse du baril à la pompe
Par ailleurs, Olga Givernet souligne une incohérence majeure du marché actuel. Alors que les cours du baril de pétrole enregistrent une baisse notable sur les marchés internationaux, cette diminution ne se répercute pas ou très peu sur les prix affichés à la pompe.
La députée juge « inacceptable que les baisses de cours profitent aux seuls intermédiaires sans jamais parvenir jusqu’au consommateur final » et appelle à une action pour que cette répercussion soit concrète et immédiate.
Une proposition concrète : des véhicules électriques pour les aides à domicile
Au-delà du constat, Olga Givernet avance des solutions pratiques. Elle propose notamment la mise en place d’un dispositif de prêt de véhicules électriques pour les personnels d’aide à la personne. Ces professionnels, qui parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres pour assister les plus fragiles, sont particulièrement vulnérables à la hausse des prix du carburant.
Ce système présenterait un double avantage : il soulagerait immédiatement leur budget en supprimant le coût de l’essence et leur permettrait de s’approprier cette nouvelle technologie au quotidien, levant ainsi les freins à l’adoption. La députée suggère de s’appuyer sur les flottes de véhicules en autopartage déjà existantes dans de nombreuses collectivités territoriales pour déployer cette mesure rapidement.
« On ne sortira pas de cette crise en subventionnant le pétrole. On en sortira en donnant à chaque Français les moyens de s’en passer. Le passage à l’électrique, pour les trajets du quotidien comme pour les professionnels, est une solution viable. C’est ce chemin-là qu’il faut ouvrir à tous, pas celui du chèque permanent », conclut Olga Givernet.
via Press Agence.


