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PARIS : Nous aurait-on trompé sur les buts originels de l…

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PARIS : Nous aurait-on trompé sur les buts originels de l’UE ?

Dans son livre J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, Philippe de Villiers nous montre que la création de l’Union Européenne présente un péché originel…

Alors qu’on nous l’a vendue comme une nécessité pour s’imposer face aux superpuissances, «l’Europe n’a pas cherché à être un corps politique, elle est un corpus juridique, une Europe sans tête. C’est l’Union post-moderne. Un marché ouvert et un espace en extension indéfinie aux domaines de compétence eux-mêmes illimités » constate Philippe de Villiers.

On nous a dit que pour faire face au monde et éviter les guerres il fallait regrouper toutes les nations européennes sous une même entité pour lutter et se positionner comme une grande puissance face aux Etats-Unis ou à la Chine. Nous aurait-on menti? Les créateurs de l’UE nous auraient-ils trompé en créant l’UE à leur façon soutenus par des puissances étrangères ? Le vers serait-il dans le fruit?

C’est ce que pense et démontre Philippe de Villiers dans son livre après une longue enquête étayée par les très nombreuses archives publiées dans son libre.
Il narre ainsi les propos de Michel Debré lors d’une conférence aux Herbiers (P140) : «l’Europe intégrée cela ne peut pas convenir à la France, aux français sauf à quelques malades supranationalistes comme Jean Monnet qui sont avant tout soucieux de servir les Etats-Unis…Vous savez ce que cela veut dire la supranationalité? La domination des américains. L’Europe supranationale c’est l’Europe sous commandement américain ».

Une Europe américaine?

Philippe de Villiers s’attache à montrer les liens très étroits entre Jean Monnet et les membres de l’administration américaine ainsi que les grands financiers américains.

Selon Philippe de Villiers même le projet de défense européen n’est pas européen. «Ce sont les experts américains qui rédigèrent le texte de la constitution de la Communauté Européenne de la Défense et de son article 38 instaurant une Communauté politique européenne». Philippe de Villiers pose ainsi la question de savoir si l’Europe était un projet européen ou américain et s’il était américain dans quel but? Une future gouvernance mondiale avec des blocs régionaux?

Le droit européen s’impose aux droits nationaux

L’histoire de l’UE commence bizarrement par une page blanche le 18 avril 1951 pour la signature du traité minier. « Les modifications à apporter étaient tellement nombreuses que les 6 ministres apportèrent leur signature sur une page blanche ». L’UE commençait sur des désaccords et un cadre nihiliste qui se poursuivra désormais sans fin. «Comme un pouvoir spirituel la Cour Européenne de Strasbourg s’invente un droit supérieur aux constitutions des Etats ».

Le droit européen s’impose désormais aux démocraties des nations. « L’Union est une broyeuse ouvrant au démantèlement progressif des lois et réglementations nationales et à la régulation au moyen d’abondant flux de normes introduites dans les systèmes juridiques nationaux ».

L’Europe avant-garde du mondialisme…

Avec pour but un futur gouvernement mondial dirigé par quelques uns? « Le plus grand danger pour l’Europe ce serait un patriotisme européen »  déclara Monnet. « L’Union Européenne ne serait que le laboratoire d’une future gouvernance mondiale ». C’est que semblaient penser les amis de Jean Monnet comme James Warburg qui déclare devant le Sénat américain : « que cela plaise ou non nous aurons un jour un gouvernement mondial. La seule question sera de savoir s’ils sera créé par conquête ou consentement ». L’objectif étant de créer de super-états fédératifs régionaux avant de créer un gouvernement mondial dont les prémices sont visibles dans quelques réunions sélect comme le club Bilderberg où Monnet participe à la réunion constitutive en mai 1954.

Philippe de Villiers pointe ainsi un échange avec François Fillon. Il lui demande pourquoi il a reçu le groupe Bilderberg à Matignon? « Parce que nous n’avons pas le choix : ce sont ces gens là qui nous gouvernent ». Il lui dit quelques années plus tard : «le Bilderberg malgré mon ami Castries a préféré Macron qui correspond mieux au profil mondialiste ».

Le livre décrit ainsi le circuit de financement de l’UE et des opérations d’influence américaines, les différents versements américains au budget de ceux qui ont construit l’UE. « Cet état de subordination aux hommes du renseignement d’une puissance étrangère a été complètement occulté » note Philippe de Villiers.

…a été créée par des personnages troubles

« Ainsi le premier projet de constitution européenne fut rédigé aux frais du mouvement européen par deux américains. L’argent du Comité Américain représente les deux tiers des ressources du mouvement européen de Schuman ». Scuman justement tout comme Hallstein deux grands acteurs de l’Union Européenne sont des personnages troubles.

Schuman a été exempté en France mais incorporé soldat allemand en 1914. Il vota les pleins pouvoirs à Pétain en tant que député et fut ministre de Vichy. Il fut frappé d’indignité nationale mais elle fut levée par de Gaulle en 1945 ce qui lui a permis de redevenir député et de s’engager dans la construction européenne avec Jean Monnet. Beaucoup auraient eu de meillerus curriculum pour construire l’Europe.

Quant à Walter Hallstein…

Comme le dit Henri Rochereau qui a été Commissaire européen : « c’est lui (Hallstein) le vrai père de l’Europe, lui qui a rédigé et conçu le dispositif…tous les traités sont de sa plume…Un professeur allemand de haute stature c’était mon président ». Fait prisonnier de guerre par les américains il fut intégré au « programme Sunflower qui visait à détourner les prisonniers de guerre du nazisme pour les former aux futurs emplois dans l’administration et le gouvernement militaires américains en Allemagne ».

Philippe de Villiers prouve qu’on a « minimisé ses relations avec le national-socialisme » alors qu’il était lié à « quatre organisations national-socialistes avec notamment sa carte de professeur 310212 membre du NSLB ».

« Comment ne pas être troublé par cette collection d’allégeances au régime national-socialiste par Walter Hallstein là où bien d’autres personnalités d’un niveau de responsabilités comparable fuyaient, résistaient ou se terraient en attendant des jours meilleurs? ». Devenu secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères il relativisait : « il n’y a que 65% d’anciens nazis dans mon ministère ». Hallstein a été le premier président de la Commission des Communautés européennes de 1958 à 1967. Jean Monnet a donc été financé par les américains, Schuman a été membre du régime de Vichy et Hallstein a flirté avec les nazis, l’aventure européenne commence mal…

L’UE : une idéologie nihiliste?

Quelle est donc l’idéologie sous-jacente de l’Union Européenne qui ressemble un peu à l’ex-URSS où l’on avait voulu rassembler des peuples sous une même idéologie?

Celle de l’UE pourrait-être le libre-échange et « la déconstruction des nations, de la civilisation européenne, apprendre aux peuples à vivre sans constitution, sans gouvernement, sans démocratie, sans limites, sans géographie… C’est à ce moment qu’on a inventé l’espace sans frontières ».

Alexandre Soljénistsyne répond alors à Philippe de Villiers: « oui mais les idéologies finissent toujours par mourir car il y a un jour un grain de sable…Qui s ‘appelle justement le réel…».

Le réel verra-t-il l’anéantissement de l’UE ou de son économie?

L’anéantissement du marché automobile avec l’interdiction de vente des voitures thermiques, le krach du marché immobilier avec les DPE et les interdictions de louer, la pauvreté généralisée avec le choix allemand de la sortie du nucléaire et du tout éolien/solaire, la guerre en Europe en attisant le conflit en Ukraine plutôt qu’en cherchant la paix via la diplomatie, un krach financier majeur?

Le réel risque bientôt de rappeler à l’UE ses origines basées sur un château de carte. Toutes ces décisions ont le fruit de l’éloignement du peuple : on le voit bien aujourd’hui en Allemagne où les décisions de la coalition vert-sociaux démocrates sont fortement critiquées au contraire des décisions de l’UE.

Car quel est le but de l’UE aujourd’hui?

Apporter la prospérité? Le PIB de la zone UE fait du surplace par rapport aux Etats-Unis.

Créer des sociétés européennes capables de surpasser les géants chinois ou américains? Depuis Airbus, l’UE n’a rien créé de signifiant et est un nain numérique. Au contraire de la Chine elle n’a pas su créer un moteur de recherche européen, des réseaux sociaux, des géants dans la téléphonie, dans les technologies.

Créer un marché financier unique? La bourse américaine caracole en tête des rendements loin devant ceux des bourses des pays européens grâce à des investissements bien plus importants dans l’innovation.

Faire profiter de l’Euro? La Suède qui a gardé sa monnaie s’en porte très bien et a pu dévaluer lors de la crise financière ce qui a sauvé en partie son industrie.

Apporter plus de liberté aux peuples? On voit bien que le manque de démocratie pousse les gens à voter pour les extrêmes et que nos libertés économiques et privées sont de plus en plus malmenées. La période du Covid a montré que des pays comme la Suède ont pris des décisions bien plus sages que celles dictées au niveau de l’UE.

Comme le dit si bien Philippe de Villiers, « l’Europe n’a pas cherché à être un corps politique, elle est un corpus juridique, une Europe sans tête. C’est l’Union post-moderne. Un marché ouvert et un espace en extension indéfinie aux domaines de compétence eux-mêmes illimités ».

Jürgen Habermas, un théoricien allemand en philosophie et sciences sociales, qualifie ce système de « parangon d’autocratie post-démocratique ».

Au parlement de l’UE les grandes collations droite-centre-gauche votent désormais les textes à 95%.

Et comme le note Philippe de Villiers, l’idée de vouloir tuer les nations pour une idéologie plus haute n’est pas nouvelle.

« Contrairement à ce qu’on raconte aujourd’hui, Hitler haïssait la nation et voulait lui substituer la race. A l’heure mondialiste relire ses propos tenus en 1935 est plutôt glaçant » note-t-il.

Il le cite : « l’idée de nation a été vidé de toute substance J’ai du m’en servir au début pour des raisons d’opportunité historique.. Laissez la nation aux démocrates et libéraux. Nous lui substituerons un principe plus neuf celui de la race…Ce qu’il y aura c’est une entente entre les homme forts, parlant des langues différentes mais tous issus de la même souche, tous membres de la confrérie universelle des maîtres et des seigneurs ».

Cela ressemble fortement aux visées mondialistes…

Comme le conclut Philippe de Villiers « l’idéologie c’est la guerre. Les idéologies mènent nécessairement à l’affrontement et à la radicalisation ».

On le voit aujourd’hui avec les politiques irréelles de l’UE comme le pacte vert qui dégradent la vie quotidienne des européens. Mais on ne peut comprendre le mal sans connaître ses racines.

Et l’enquête de Philippe de Villiers est extrêmement pertinente car elle pose de multiples questions sur l’utilité de l’UE et son but. Pour le moment tant en terme de démocratie que de paix, de libertés individuelles ou de développement économique, l’UE est loin d’être un succès…

On commence à comprendre aujourd’hui que plus un système politique est proche de son peuple, moins il est tyrannique.

La Suisse ou les pays scandinaves ont montré que des petits pays pouvaient très bien avoir les mêmes, voire de meilleures performances que les grands, tout en garantissant une bien meilleure qualité de vie et plus de libertés à leurs citoyens…

L’Europe puissance n’a jamais existé et n’existera sans doute jamais. Voilà sans doute le plus grand mensonge révélé par ce livre car il y a eu un vers dans le fruit dès sa fondation. On pourrait ajouter qu’aujourd’hui le plus grand défi que l’UE devra relever est de devenir aussi exemplaire que la Suède ou la Suisse en terme de Démocratie. Et on en est bien loin…

SOURCE : De la part de Business Travel.