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PARIS : Mikaël CORRE : « Léon XIV est un pape des mots pesé…

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PARIS : Mikaël CORRE : « Léon XIV est un pape des mots pesés »

À l’occasion de la sortie de son livre, le vaticaniste Mikaël Corre analyse l’élection d’un pape américain et sa confrontation avec Donald Trump.

Un an après l’élection du premier pape américain de l’Histoire, le journaliste et correspondant de La Croix au Vatican, Mikaël Corre, décrypte les enjeux d’un pontificat né sous haute tension géopolitique dans son nouvel ouvrage, « Géopolitique d’un conclave » (Bayard Récits). L’auteur sera présent à Paris du 12 au 15 mai pour une série de rencontres et d’interviews autour de ce récit qui mêle analyse politique, diplomatie et sciences humaines. Le livre part d’un postulat de politique-fiction : le pape François est décédé le 21 avril 2025, et après dix-huit jours de vacance du pouvoir, le 8 mai, le cardinal américain John Brand est élu sous le nom de Léon XIV.

Un conclave sous tension géopolitique

L’ouvrage de Mikaël Corre plonge le lecteur au cœur de la mécanique politique du Vatican, un moment crucial où se confrontent des visions du monde et des conceptions du pouvoir radicalement différentes. Le choix d’un pape originaire des États-Unis, à un moment où le trumpisme recompose la scène internationale, est tout sauf anodin. Le livre pose une question centrale : « Comment incarner l’autorité romaine à l’heure du retour des discours de puissance, des logiques impériales et de l’instrumentalisation du catholicisme par l’extrême droite ? ». À travers le récit détaillé de ce conclave fictif, l’auteur analyse la fabrique du pouvoir au sein de la Curie et ce que l’élection de ce nouveau souverain pontife révèle du monde contemporain et des fractures qui le traversent.

Le style Léon XIV : la diplomatie des mots pesés

Intervenant sur France Inter le 7 mai dernier, Mikaël Corre a esquissé le portrait de ce nouveau pape, un an après son accession au trône de Saint-Pierre. Le style de Léon XIV marque une rupture nette avec celui de son prédécesseur. « À partir de janvier, on a vraiment vu s’affirmer son style », a affirmé le vaticaniste. Il précise : « Il y a moins, chez Léon XIV, l’idée de prendre la parole tout le temps sur tous les sujets, ce qui donne aussi à sa parole un poids différent ».

Là où le pape François excellait dans une « diplomatie du geste fort, souvent flamboyante », Léon XIV s’affirme comme « un pape des mots pesés ». Sa parole se fait plus rare, mais plus tranchante. « Quand Léon XIV prend la parole sur des sujets internationaux, ça veut dire qu’à son sens, un principe évangélique est touché, en tout cas une ligne rouge est dépassée », analyse Mikaël Corre, en référence aux récentes prises de position du pontife face aux déclarations de Donald Trump sur l’Iran. Le nouveau pape privilégierait une diplomatie moins apparente, plus discrète mais tout aussi déterminée.

Un duel pour l’âme du christianisme

L’analyse de Mikaël Corre met en lumière la confrontation inévitable entre le pape Léon XIV et l’ancien président américain. Le journaliste décrit un pape qui « a clairement fait le choix de l’idéalisme » en parlant de paix, une vision aux antipodes de « la paix par la force et la domination de Donald Trump ». Plus qu’une simple opposition politique, ce face-à-face est un enjeu spirituel majeur. « Le combat symbolique entre Donald Trump et le pape Léon XIV aujourd’hui, ce n’est pas simplement un combat sur des valeurs, sur la question de la guerre, etc., c’est aussi un combat sur le contrôle du christianisme, puisque dans l’administration Trump, il y a la prétention à tenir un discours sur Dieu et sur le Christ », conclut le journaliste.

« Géopolitique d’un conclave » est paru le 15 avril 2026 aux éditions Bayard (256 pages, 20,50 €). Mikaël Corre est également l’auteur du « Central » (Bayard, 2023).