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PARIS : Michel MENIGOZ : « La volatilité redevient une opportunité, et non une fatalité »
Face au retour de la volatilité en mars, Michel Menigoz (Sanso Longchamp AM) analyse comment une gestion active peut transformer ce risque en force.
PARIS – Le mois de mars 2026 a servi de rappel brutal aux investisseurs : les marchés financiers ne sont jamais un long fleuve tranquille. Entre l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz et un baril de pétrole franchissant le seuil des 100 dollars, le scénario d’un « atterrissage en douceur » de l’économie mondiale s’est subitement fissuré. Ce retour en force de l’inflation et de la volatilité a durement frappé de nombreux secteurs.
Dans ce contexte de forte incertitude, Michel Menigoz, Directeur Général Adjoint de la société de gestion Sanso Longchamp AM, prend le contre-pied du discours ambiant. Dans une tribune publiée ce jour, il soutient que ces phases de stress, loin d’être une fatalité, constituent un terrain de jeu idéal pour une gestion active et disciplinée, capable de transformer le risque en performance.
Résister n’est pas subir : le pari de la gestion active
Alors que les marchés européens enregistraient de forts reculs en mars, la clé, selon l’expert, n’est pas de subir passivement le choc mais d’agir de manière rationnelle. Il illustre son propos avec la stratégie appliquée au fonds Maxima, qui a démontré une résilience notable. « Cette résilience n’est ni le fruit du hasard ni celui d’un pari défensif opportuniste. Elle est la conséquence directe d’une discipline de gestion rigoureuse et d’un pilotage actif de l’exposition », explique Michel Menigoz.
Concrètement, l’accélération de la baisse a été perçue comme un point d’entrée stratégique. L’équipe de gestion a procédé au rachat des couvertures de portefeuille mises en place en amont et a augmenté l’exposition aux actions de 74 % à plus de 100 %. « Autrement dit, là où l’on pouvait ressentir un risque accru, nous avons identifié un déséquilibre d’opportunité », souligne-t-il.
La dispersion des performances, un terrain de jeu idéal
La crise de mars a également mis en lumière une dispersion extrême des performances entre les différents secteurs et valeurs. Tandis que des pans entiers de l’économie, comme le transport aérien, la technologie ou le luxe, s’effondraient sous le poids des coûts énergétiques ou de perspectives dégradées, d’autres secteurs en ont pleinement bénéficié. Les entreprises liées à l’énergie, aux matériaux ou aux services parapétroliers ont ainsi vu leurs cours s’envoler.
C’est précisément dans ce type d’environnement que la sélection de titres, au cœur de la gestion active, reprend tout son sens. Une approche de neutralité sectorielle permet de ne pas surreprésenter les segments fragilisés par la crise tout en captant le potentiel des secteurs favorisés, transformant la dispersion en une source de valeur.
La fin de l’illusion d’un risque maîtrisé
Pour Michel Menigoz, cette nouvelle ère de volatilité marque la fin d’un cycle. « Pendant plus d’une décennie, les marchés ont été portés par des politiques monétaires ultra-accommodantes et une volatilité artificiellement comprimée. Cette période a nourri l’illusion d’un risque maîtrisé, voire secondaire », analyse-t-il.
Depuis la pandémie de COVID, les marchés naviguent dans un régime différent, caractérisé par une succession de chocs exogènes (géopolitiques, énergétiques, inflationnistes) qui génèrent des turbulences aussi extrêmes que soudaines. La trajectoire des marchés s’annonce désormais « moins linéaire, plus heurtée, mais aussi plus riche en opportunités pour ceux qui savent les saisir ».
Anticiper, agir, saisir : le nouveau paradigme de l’investisseur
Le maître mot n’est plus de « prévoir » l’imprévisible, mais d’« anticiper » les déséquilibres pour être prêt à agir. La philosophie consiste à réduire l’exposition au risque avant que le marché ne décroche, pour être en position de force et l’augmenter franchement lorsque la peur domine.
En conclusion, Michel Menigoz invite à un changement de perspective : « Et si la véritable question n’était plus de savoir si la volatilité est un problème… mais si nous sommes capables d’en faire une force ? ».
Née de la fusion entre Sanso Investment Solutions et Longchamp Asset Management, officialisée en juin 2024, Sanso Longchamp AM (https://sanso-longchamp.com) gère plus de 3 milliards d’euros et se positionne parmi les 30 premiers gestionnaires indépendants français. La société développe des solutions d’investissement pour une clientèle d’institutionnels, de conseillers financiers et de family offices.

