PARIS : M’Hammed SAJIDI : « L’inaction législat…
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PARIS : M’Hammed SAJIDI : « L’inaction législative engage désormais la responsabilité politique de l’État »
Vaincre l’Autisme interpelle le gouvernement sur le financement de pratiques non validées et réclame une loi imposant les méthodes scientifiques.
Ce mercredi 25 février 2026, l’association Vaincre l’Autisme, présidée par M’Hammed Sajidi, hausse le ton face aux pouvoirs publics. Dans un communiqué incisif, l’organisation pointe du doigt une situation qu’elle juge intenable : la coexistence, financée par l’argent public, de méthodes éducatives validées scientifiquement et de pratiques controversées telles que la psychanalyse ou le packing. Pour l’association, la période de la pédagogie est terminée ; l’heure est à la mise en cause de la responsabilité de l’État.
Une zone grise juridique persistante
Le constat dressé par M’Hammed Sajidi est sans appel : l’État français est parfaitement informé de la situation. Il n’ignore pas que la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande des approches éducatives et comportementales basées sur des preuves scientifiques. Il sait également que d’autres pratiques ne reposent sur aucun niveau de preuve suffisant. Pourtant, selon l’association, les autorités refusent de trancher, laissant perdurer un « flou juridique » aux conséquences lourdes.
« Depuis plus de vingt ans, les gouvernements successifs annoncent des stratégies, des plans, des contrôles renforcés », déplore le communiqué. Cependant, l’absence d’obligation légale claire empêche toute véritable réforme du secteur. Faute de contrainte stricte, les établissements ne sont pas tenus de se conformer aux recommandations de la HAS, qui ne sont pas juridiquement opposables. En conséquence, « les sanctions restent rares et difficiles à imposer », permettant à des pratiques obsolètes de se maintenir à l’abri de toute inquiétude.
L’argent public au cœur des interrogations
Au-delà de l’aspect médical, Vaincre l’Autisme place le débat sur le terrain budgétaire et politique. L’association soulève une anomalie majeure dans la gestion des fonds publics : alors que des établissements appliquant des méthodes validées peinent à obtenir des financements pérennes, des structures proposant des approches non validées continuent d’être subventionnées par la collectivité.
« La question n’est plus médicale. Elle est budgétaire et politique », affirme M’Hammed Sajidi, qui interroge directement la transparence du système : « Existe-t-il un audit transparent des financements accordés ? Les subventions sont-elles réellement conditionnées au respect strict des recommandations scientifiques ? ». Pour l’organisation, il est incompréhensible que l’argent du contribuable serve encore à financer des méthodes que la science a écartées, au détriment des structures favorisant l’autonomie et l’inclusion.
Des exigences législatives immédiates
Face à ce qu’elle qualifie de « silence législatif », l’association formule des demandes précises et radicales. Elle exige l’inscription dans la loi de l’interdiction définitive de la psychanalyse et du packing dans la prise en charge de l’autisme. Parallèlement, elle réclame la transformation des recommandations de la HAS en obligations légales opposables.
Le levier financier est également invoqué : Vaincre l’Autisme demande une « conditionnalité stricte des financements publics au respect des approches fondées sur la science », assortie d’une transparence totale sur l’attribution des fonds. Enfin, pour garantir l’application de ces mesures, l’association appelle de ses vœux la création d’un mécanisme de contrôle indépendant, doté d’un réel pouvoir de sanction.
Un coût humain inacceptable
Pour le président de l’association, l’inaction n’est pas neutre : elle génère des « pertes de chances » pour les enfants et creuse les inégalités territoriales. « La protection des enfants autistes ne peut plus dépendre d’une zone grise juridique », insiste M’Hammed Sajidi. Il lance un appel direct aux parlementaires et aux médias d’investigation pour qu’ils examinent la cohérence entre les discours officiels et la réalité des pratiques financées.
« L’État français ne peut plus dire qu’il ne savait pas », conclut le président, soulignant que la science ne saurait être une option facultative dans la politique de santé publique.
À propos de l’association
Vaincre l’Autisme s’engage depuis plus de 25 ans pour impulser des solutions innovantes auprès des enfants autistes et des professionnels de santé. Son action couvre le dépistage, l’accompagnement des familles et la défense des droits, concernant près de 1,3 million de personnes en France. L’association œuvre pour garantir des traitements efficaces pour tous et faire progresser la recherche scientifique.


