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PARIS : M’Hammed SAJIDI : « Les recommandations sur l’autisme doivent devenir des obligations légales »

L’association Vaincre l’Autisme dénonce l’inefficacité des recommandations de la HAS et exige des obligations légales contraignantes.

L’association VAINCRE L’AUTISME lance un cri d’alarme ce mercredi 11 février 2026, affirmant que les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la prise en charge de l’autisme ne suffisent plus à protéger les droits fondamentaux des personnes concernées. Après plus de vingt ans de mobilisation, l’organisation estime que le cadre actuel, non contraignant, laisse la porte ouverte à des pratiques non validées par la science et maintient des milliers d’enfants en dehors du système scolaire.

Un consensus scientifique neutralisé par la prudence

Les recommandations de la HAS, bien qu’ayant constitué une avancée, reposent sur un système à trois niveaux : les données scientifiques internationales, les études de cas cliniques et, en l’absence de preuves jugées suffisantes, le consensus d’experts. C’est ce dernier point qui, selon l’association, paralyse toute avancée significative. La posture institutionnelle consistant à affirmer qu’« il n’existe pas de méthode unique » est perçue comme un renoncement à trancher en faveur des approches scientifiquement éprouvées, entretenant ainsi une situation de flou préjudiciable aux familles.

La psychanalyse, une pratique toujours tolérée

Au cœur de cette problématique se trouve la question de la psychanalyse. Si la HAS a officiellement reconnu l’absence de preuves de son efficacité dans le traitement de l’autisme, elle n’a émis que de simples recommandations, dépourvues de sanctions et non opposables juridiquement. VAINCRE L’AUTISME déplore que cette approche n’ait pas conduit à une interdiction formelle, mais simplement à des conseils. En conséquence, l’approche psychanalytique reste largement pratiquée dans les structures médicales, les institutions médico-sociales et continue d’être enseignée dans les universités, en dépit des connaissances scientifiques actuelles. Pour l’association, il ne s’agit pas d’un débat idéologique mais d’un enjeu majeur de santé publique.

Un vide juridique aux lourdes conséquences

Ce manque de cadre contraignant crée un vide juridique qui paralyse l’action sur le terrain. Les recommandations, aussi pertinentes soient-elles, restent souvent lettre morte, faute de mécanismes pour en imposer l’application. « L’absence d’état droit, conséquence directe d’une méconnaissance persistante de l’autisme et de ses besoins spécifiques. Même lorsque des recommandations existent, elles restent trop souvent lettre morte. Faute de mécanismes contraignants, elles s’accumulent dans les tiroirs des administrations sans produire d’effets concrets sur le terrain », déplore M. M’Hammed Sajidi, président de VAINCRE L’AUTISME.

L’Éducation nationale, grande absente du dispositif

Un autre « angle mort » majeur des politiques publiques est l’absence totale de l’Éducation nationale dans le champ de compétence de la HAS. Cette dernière ne peut émettre aucune recommandation en matière de scolarisation, ce qui entraîne des conséquences dramatiques : des milliers d’enfants autistes sont privés de leur droit fondamental à l’éducation et à l’instruction. Ils se retrouvent enfermés dans un modèle exclusivement sanitaire qui décide de leur avenir sans garantir leur inclusion scolaire, pourtant essentielle à leur développement et à leur autonomie.

Les revendications pour un changement de cap

Face à ce constat, VAINCRE L’AUTISME formule des exigences claires. L’association demande la transformation des recommandations en obligations légales et l’instauration de mesures coercitives contre l’usage de la psychanalyse pour l’autisme. Elle appelle à ce que toute pratique soit fondée sur des preuves scientifiques et exige une implication effective de l’Éducation nationale pour mettre fin à l’exclusion scolaire. L’association critique également la dilution de la spécificité de l’autisme dans la catégorie plus large des troubles du neurodéveloppement (TND), une approche qui, selon elle, affaiblit la prise en compte des besoins réels des personnes autistes.

En conclusion, l’organisation martèle qu’il ne s’agit plus de produire de nouveaux textes, mais de garantir des droits effectifs. Tant que le cadre légal ne sera pas renforcé, les familles resteront victimes d’un système qui refuse d’appliquer les connaissances scientifiques. « Le temps n’est plus à la prudence institutionnelle. Il est à la responsabilité politique », conclut le communiqué.