HYERES : Accord UE-Australie – Max BAUER : « L’agricu…
Partager :

HYERES : Accord UE-Australie – Max BAUER : « L’agriculture ne peut être la variable d’ajustement des traités commerciaux »
Le projet d’accord UE-Australie est une menace mortelle pour l’élevage français.
Dans le cadre des négociations sur le futur accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie, la voix du monde agricole français s’élève avec force pour alerter sur les risques qui pèsent sur ses filières. Max Bauer, figure syndicale et ancien président de la Coordination Rurale du Var, exprime son opposition à l’inclusion d’un volet agricole dans ce traité, considérant qu’il met en péril la survie des éleveurs et la souveraineté alimentaire du pays.
ELEVAGE SACRIFIE
Pour le responsable syndical, les intérêts des agriculteurs français seraient relégués au second plan pour faciliter des accords commerciaux plus larges, bénéficiant à d’autres secteurs de l’économie.
« Une fois de plus, nos éleveurs servent de monnaie d’échange dans des négociations qui bafouent leur travail et fragilisent nos territoires ruraux. Je dénonce une vision où l’agriculture serait sacrifiée au profit d’une politique industrielle jugée déconnectée du réel, sans considération pour l’équilibre des campagnes et la pérennité des exploitations ».
Au cœur de cette opposition se trouve la question des normes de production. L’accord, tel qu’envisagé, ouvrirait le marché européen à des importations massives de viandes australiennes, produites dans des conditions réglementaires, sanitaires et environnementales bien moins contraignantes que celles imposées aux éleveurs de l’Union européenne.
« Derrière ces accords présentés comme stratégiques, se cache une réalité brutale : l’ouverture du marché européen à des viandes produites selon des normes bien inférieures aux nôtres. Cette asymétrie réglementaire créerait une distorsion de concurrence insoutenable pour les filières françaises qui sont soumises à un cahier des charges parmi les plus stricts au monde en matière de bien-être animal et de respect de l’environnement. C’est une concurrence déloyale qui condamne nos élevages à disparaître », alerte-t-il.
ENJEU STRATEGIQUE
Au-delà de l’aspect économique, Max Bauer refuse de réduire le débat à une simple négociation commerciale. Il replace l’agriculture au centre d’un enjeu bien plus vaste : celui de l’autonomie stratégique et de la sécurité sanitaire de la France.
« Je refuse que l’agriculture française devienne la variable d’ajustement d’une politique industrielle déconnectée du réel », martèle l’ancien président de la Coordination Rurale du Var.
Il rappelle la mission de l’agriculture, qui va bien au-delà de la production : « Produire une alimentation saine, tracée et de proximité, c’est un enjeu stratégique pour notre pays, pas un détail dans un traité commercial ».
Face à ce qu’il qualifie de danger imminent pour le modèle agricole français, son message aux pouvoirs publics appelle à une prise de position ferme de la part de la France pour bloquer cet accord en l’état et protéger ses filières d’élevage, garantes d’une alimentation de qualité et de la vitalité des territoires ruraux.
« J’exige que la France s’oppose à cet accord et défende enfin la souveraineté alimentaire, la santé des consommateurs et la survie de nos filières d’élevage », conclut-il.
Photo PRESSE AGENCE.

